Ne voyant aucune complémentarité dans la fusion, les analystes et investisseurs avaient froncé les sourcils en 2014, quand Picanol était devenu actionnaire de référence du groupe Tessenderlo. Or, Luc Tack, CEO et actionnaire de référence de Picanol, cherchait avant tout à diversifier ses activités pour atténuer la cyclicité du groupe et du secteur des métiers à tisser. Et les semestriels de 2020 lui donnent raison. Les résultats du groupe Tessenderlo sont en effet entièrement consolidés dans ceux de Picanol depuis 2019; sans eux, Picanol aurait signé un très mauvais semestre.
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Ne voyant aucune complémentarité dans la fusion, les analystes et investisseurs avaient froncé les sourcils en 2014, quand Picanol était devenu actionnaire de référence du groupe Tessenderlo. Or, Luc Tack, CEO et actionnaire de référence de Picanol, cherchait avant tout à diversifier ses activités pour atténuer la cyclicité du groupe et du secteur des métiers à tisser. Et les semestriels de 2020 lui donnent raison. Les résultats du groupe Tessenderlo sont en effet entièrement consolidés dans ceux de Picanol depuis 2019; sans eux, Picanol aurait signé un très mauvais semestre. Manifestement plombé par le Covid-19, le chiffre d'affaires (CA) de la division Machines & Technologies est en repli de 24% (de 262,8 à 200,6 millions d'euros), le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté a plongé de 52% (de 28,3 à 13,5 millions d'euros) et le bénéfice opérationnel (Ebit) ajusté a même perdu 66% (de 22,8 à 7,8 millions d'euros). Car Picanol a continué à investir pour consolider son leadership à long terme. Les métiers à tisser avaient déjà connu une mauvaise année 2019 du fait de la guerre commerciale sino-américaine. Si nous tablons sur des résultats comparables pour le semestre, l'"ancienne" Picanol verra baisser son CA de 40% et son bénéfice d'environ 70% par rapport au sommet. Même pour le numéro un mondial de la technologie à jet d'air et à lance (le 100.000e métier à tisser à lance OptiMax-i a été produit à Ypres au premier semestre), l'activité reste (très) cyclique. Heureusement, le groupe a diversifié ses activités: au premier semestre, le groupe Tessenderlo, entre les divisions Agro, Biovalorisation, Solutions industrielles et la centrale au gaz T-Power, a assuré 82% du CA. Agro, la division la plus importante, inclut principalement Tessenderlo Kerley, qui produit des engrais spécialisés provenant de flux de déchets de raffineries; son CA a progressé de 3%, à 362,2 millions d'euros, entre janvier et juin. Sans tenir compte de la réduction de valeur unique sur stocks lors de la consolidation initiale de Tessenderlo, l'Ebit ajusté a gagné 20%, à 84,5 millions d'euros. Le redressement spectaculaire de la division Biovalorisation (transformation de déchets d'abattage et gélatine) témoigne des efforts de la direction. Les conditions de marché favorables, mais surtout la rénovation des usines et l'accent mis sur les produits à plus haute valeur ajoutée et les clients plus fidèles, ont permis une hausse de 8% du CA et un bond de 80% de l'Ebitda ajusté, à 45,3 millions d'euros, au premier semestre. La division Solutions industrielles (systèmes de canalisations en plastique et traitement de l'eau) signe un premier semestre beaucoup plus mitigé en raison de la crise sanitaire: repli de 8% du CA, mais Ebitda ajusté stable à 24,8 millions d'euros. T-Power, enfin, rapporte un CA stable à 34,6 millions d'euros, mais grâce à des gains d'efficacité, l'Ebitda ajusté a progressé de 12%, à 27,4 millions d'euros. Au total, le CA du groupe recule de 4%, à 1,13 milliard d'euros, mais l'Ebitda ajusté progresse de 13%, à 195,5 millions d'euros, et le bénéfice atteint 36,6 millions d'euros (2,07 euros par action). La trésorerie a augmenté de 320 millions d'euros, soit 18 euros par action - assez pour poursuivre l'achat d'actions Tessenderlo (à bas prix).Après plusieurs très bonnes années, le marché des métiers à tisser traverse une période difficile, sans perspective d'amélioration à court terme. Heureusement, Tessenderlo compense. Pour 2020, la direction table, sauf nouvelle vague de Covid-19, sur un Ebitda ajusté en hausse par rapport à 2019. Nous maintenons le conseil positif, car les métiers à tisser se remettront à briller un jour. Nous sommes prêts à renforcer notre position à des cours très attrayants. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 53,80 eurosTicker: PIC BBCode ISIN: BE0003807246Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 952,3 millions EURC/B 2019: 22C/B attendu 2020: 17Perf. cours sur 12 mois: -14%Perf. cours depuis le 01/01: -22%Rendement du dividende: 0,4%