Cela commence à devenir une mauvaise habitude : le groupe pétrolier brésilien Petrobras a publié des résultats inférieurs aux attentes pour le 2e trimestre. Durant ces trois mois, la production a atteint une moyenne de 2,6 millions de barils par jour, en hausse de 1,8% par rapport à l'an dernier. Elle a ainsi augmenté chaque mois depuis février, et après sept mois, la progression par rapport à l'an dernier ressort à 1,6%. Petrobras maintient pourtant son objectif pour 2014 : une croissance de 7,5% de la production intérieure. Les analystes tablent toujours sur 5%. La division upstream (exploration et production) s'est montrée performante, avec un bénéfice net de 18,8 milliards de réals brésiliens (BRL), en hausse de 21% sur base annuell...

Cela commence à devenir une mauvaise habitude : le groupe pétrolier brésilien Petrobras a publié des résultats inférieurs aux attentes pour le 2e trimestre. Durant ces trois mois, la production a atteint une moyenne de 2,6 millions de barils par jour, en hausse de 1,8% par rapport à l'an dernier. Elle a ainsi augmenté chaque mois depuis février, et après sept mois, la progression par rapport à l'an dernier ressort à 1,6%. Petrobras maintient pourtant son objectif pour 2014 : une croissance de 7,5% de la production intérieure. Les analystes tablent toujours sur 5%. La division upstream (exploration et production) s'est montrée performante, avec un bénéfice net de 18,8 milliards de réals brésiliens (BRL), en hausse de 21% sur base annuelle et de 1,3% par rapport au premier trimestre. Les problèmes concernent cependant les activités downstream (raffinage, transport et ventes), qui ont accusé une perte nette supérieure aux attentes de 3,9 milliards BRL (contre 2,5 milliards BRL de pertes l'an dernier ; encore 4,8 milliards BRL de pertes au premier trimestre.). Les exportations ont reculé de 14%, passant de 359.000 à 308.000 barils par jour, alors que les importations déficitaires de produits pétroliers ont progressé de 56%, passant de 261.000 à 417.000 barils par jour, en raison de la hausse de la demande intérieure. Petrobras escompte une amélioration au 2e semestre, notamment grâce à la mise en service d'une nouvelle raffinerie. Entretemps, on sera attentif aux résultats des élections présidentielles du 5 octobre. Comme en témoigne la forte hausse de cours de ces derniers mois, les investisseurs tablent sur une politique de tarification plus flexible après le scrutin. Mais rien n'est moins sûr, puisque la présidente Dilma Roussef est toujours en tête dans les sondages. Les mauvais résultats des activités downstream ont entraîné une baisse inattendue du bénéfice net, à 5 milliards BRL, soit 0,18 USD par action, contre 0,24 USD par action l'an dernier. Les analystes tablaient eux sur 0,27 USD par action. En juin dernier, Petrobras a annoncé un accord avec le gouvernement - mal accueilli par le marché - concernant l'attribution de droits de production supplémentaires pour le champ de Buzios, dans la couche pré-sel. Petrobras détient les droits sur les cinq premiers milliards de barils de production de Buzios (début de la production en 2016) depuis 2010. Les réserves sont estimées entre 15 et 20 milliards de barils. Mais l'absence de détails concernant le mécanisme de répartition des bénéfices inquiète, tout comme les importants paiements d'avance - 18 milliards BRL (6,7 milliards USD) au total entre 2014 et 2018 - pour une production qui commencera au plus tôt en 2021. Petrobras est confrontée au défi gigantesque de porter son niveau de production (2,6 millions de barils par jour actuellement) à 4,2 millions de barils d'ici à 2020. Pour y parvenir, le groupe investira en moyenne 45,6 milliards USD par an jusqu'en 2022. Ce chiffre retomberait ensuite à une moyenne annuelle de 26,6 milliards USD au cours de la décennie suivante. Entretemps, la position d'endettement atteint 4 fois les cash-flows opérationnels (EBITDA) attendus, un niveau largement supérieur à l'objectif propre de 2,5. En raison de la hausse de production, ce ratio devrait retomber à 2,8 d'ici à la fin 2015.ConclusionL'espoir d'un changement de cap au Brésil à la suite des élections présidentielles a entraîné une hausse de l'action Petrobras de 70% depuis le plancher de la mi-mars. L'action est aujourd'hui 30% plus chère que la moyenne du secteur. Vu le profil de croissance et dans une perspective de long terme, une telle valorisation est cependant justifiée.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C