Pour les exploitants de salles et de complexes cinématographiques, le confinement a évidemment tout chamboulé, ce que la direction de Kinepolis a tenu à rappeler très clairement dans la présentation des résultats semestriels. En trois jours (entre le 13 et le 16 mars), le groupe a, comme tant d'autres, été contraint de fermer toutes ses salles.
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Pour les exploitants de salles et de complexes cinématographiques, le confinement a évidemment tout chamboulé, ce que la direction de Kinepolis a tenu à rappeler très clairement dans la présentation des résultats semestriels. En trois jours (entre le 13 et le 16 mars), le groupe a, comme tant d'autres, été contraint de fermer toutes ses salles.Jusqu'au 12 mars, pourtant, la fréquentation avait augmenté de 12% encore, aidée en cela par l'acquisition, au quatrième trimestre de 2019, de l'américain MJR Digital Cinemas (10 complexes et 164 écrans, dont 7 complexes et 114 écrans détenus par MJR même, dans l'Etat du Michigan). Mais ensuite est arrivé ce que l'on sait et ce n'est que le 1er juin, aux Pays-Bas, que la première réouverture a été autorisée. En Belgique, les guichets ne se sont relevés que le 1er juillet, c'est-à-dire au deuxième semestre. Aux Etats-Unis, les salles ne fonctionnaient toujours pas mi-août. Sans surprise, le confinement planétaire a laminé les résultats du semestre. La fréquentation a chuté de 54,1%, passant de 17,71 millions à 8,14 millions de visiteurs, malgré les 980.000 entrées supplémentaires à mettre au crédit de l'acquisition de MJR Digital. Les recettes ont un peu mieux résisté mais à -52,7% (de 238,1 millions à 112,6 millions d'euros), leur chute reste inédite. C'est aux Pays-Bas qu'avec 43,1% de visiteurs en moins "seulement", la casse est la plus limitée - outre qu'ils ont rouvert les premiers, nos voisins du nord comptent un complexe de plus (l'Arcaplex Spijkernisse). Avec une baisse de 53,6% (de 3,47 millions à 1,61 million de visiteurs), la Belgique se situe approximativement dans la moyenne. Malgré le travail fantastique réalisé en matière de contrôle des coûts, qui s'est traduit par une réduction de près de moitié des dépenses opérationnelles, dès l'annonce de l'épidémie, le tassement de la fréquentation s'est avéré désastreux pour l'évolution du cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté, qui s'est effondré de 76,6% (de 70,1 millions à 16,4 millions d'euros), colorant les tableaux de rouge: le bénéfice net est tombé de 18,8 millions d'euros au cours des six premiers mois de 2019 à -29,7 millions fin juin 2020, soit un passage de +0,70 à -1,10 euro par action. La direction a décidé de ne pas abandonner les projets de construction en cours, ce qui contribue à expliquer la réduction, de 195,6 millions d'euros fin février à 143,4 millions fin juin, de la trésorerie. La dette financière nette (à l'exclusion de la norme IFRS 16 applicable aux contrats de location) a grimpé de 417 millions d'euros fin de l'année dernière à 462,8 millions à la mi-2020, soit une augmentation, de 2,89 à 5,04 fois l'Ebitda (hors contrats de location toujours), du ratio d'endettement. Le taux d'occupation des complexes plafonne actuellement à 20-25% de la fréquentation habituelle; c'est mieux qu'une fermeture pure et dure, mais pas suffisant pour arrêter la combustion de liquidités.L'exercice sera dramatique pour le groupe belge, pour qui 2021 ne marquera peut-être même pas encore un retour à la normale. Le redémarrage est lent, puisque les complexes ne peuvent toujours pas fonctionner à pleine capacité, mais aussi parce que l'offre de superproductions n'a pas suivi pendant l'été. Reste qu'au vu des atouts dont est pourvu Kinepolis - sa trésorerie fournie, le fait que la première échéance importante pour le remboursement d'engagements ne tombera qu'en 2022 et le fait que nombre de ses complexes lui appartiennent en propre -, il n'y a pas lieu de céder à la panique. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 31,75 eurosTicker: KIN BBCode ISIN: BE0974274061Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 870,2 millions EURC/B 2019: 18C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: -38%Perf. cours depuis le 01/01: -46%Rendement du dividende: -