Le fabricant de produits en délivrance libre (ou OTC, pour over the counter) et génériques sur prescription peine non seulement à renouer avec la rentabilité, mais aussi à définir une nouvelle stratégie.
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Le fabricant de produits en délivrance libre (ou OTC, pour over the counter) et génériques sur prescription peine non seulement à renouer avec la rentabilité, mais aussi à définir une nouvelle stratégie.En janvier, Uwe Roehrhoff a remplacé John Hendrickson à la tête de l'entreprise. Mais le nouveau CEO n'est pas parvenu à réinventer Perrigo. Il a été contraint d'annoncer, en août dernier, à l'occasion de la publication des résultats du deuxième trimestre, la scission de la division Rx Pharmaceuticals, laquelle interviendra d'ici à la fin de 2018. Rx Pharmaceuticals est un acteur de niche (il fabrique des produits génériques délivrés sur prescription) qui enregistre un chiffre d'affaires (CA) annuel d'environ 900 millions de dollars, mais des marges deux fois plus élevées que la division OTC. Mais U. Roehrhoff n'a pas assuré la fonction longtemps. Compte tenu de résultats décevants, il a dû passer le relais à Murray Kessler. L'homme âgé aujourd'hui de 59 ans a occupé précédemment des fonctions dirigeantes dans l'industrie du tabac. A lui, à présent, de remettre l'entreprise sur la voie de la croissance. Sous la direction de Joseph C. Papa (CEO de 2006 à 2016), grâce à une kyrielle d'acquisitions, notamment, l'entreprise avait enregistré une forte croissance et l'évolution de son action avait impressionné. Alors qu'elle ne valait pas plus de 20 dollars au printemps 2009, elle se traitait à un peu plus de 200 dollars au printemps 2015. Sur la période, la capitalisation boursière s'était hissée de moins de 3 milliards à près de 30 milliards de dollars. C'est d'ailleurs à l'automne 2014 que Perrigo a mis sur la table non moins de 3,6 milliards d'euros, en ce compris 1,1 milliard d'euros de dettes, pour acquérir Omega Pharma, l'entreprise de Marc Coucke. A ce moment, Perrigo sentait dans sa nuque le souffle chaud de repreneurs potentiels. Le géant de l'industrie pharmaceutique Mylan avait soumis à Perrigo trois offres d'acquisition "royales", toutes rejetées. Or ce dernier aurait peut-être dû accepter. Car Perrigo a dû acter sur Omega Pharma une réduction de valeur correspondant à environ la moitié de son prix d'achat. L'entreprise a également déposé plainte à l'encontre des anciens propriétaires (Marc Coucke et le fonds Waterland), qu'elle accusait d'avoir gonflé le CA en y comptabilisant comme vendus des produits encore en stock. Marc Coucke a introduit une plainte en réponse, car il avait été payé pour moitié en actions Perrigo, dont le cours avait cédé environ deux tiers depuis le sommet. Après quelques ratés, la machine Perrigo tourne à nouveau bien. Mais pas à plein régime comme en 2015, exercice au terme duquel le CA avait atteint un record de 5,4 milliards de dollars. Pour cette année, le groupe anticipe un CA de 4,9 milliards de dollars (contre 5,2 milliards en 2016), similaire à celui de l'an dernier. Malgré les programmes d'amélioration, la rentabilité s'essouffle depuis quelques années. Pour 2018, les analystes prévoient un bénéfice de 4,88 dollars par action - lui aussi en stagnation (4,93 dollars en 2017; 7,59 dollars en 2015) - et un CA de 5 milliards de dollars; pour 2019, un bénéfice par action de 5,26 dollars. La croissance n'est pas encore au rendez-vous. Cependant, l'action présente une valorisation attrayante, à un cours/bénéfice de 15 pour 2018 et de 14 pour 2019 (contre 27, en moyenne, sur les cinq dernières années), et à un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel escompté pour 2018 de 13 (contre 17,5 sur les cinq dernières années). Conseil : acheterRisque : élevéRating : 1CCours : 71,29 dollarsTicker : PRGO USCode ISIN : IE00BGH1M568Marché : NYSECapit. boursière : 9,75 milliards USDC/B 2017 : 25C/B attendu 2018 : 15Perf. cours sur 12 mois : -18 %Perf. cours depuis le 01/01 : -18 %Rendement du dividende : 1,1 %