Le spécialiste français des spiritueux vient de clôturer l'exercice 2013-2014 (clos le 30/6). Ce ne fut donc pas un "grand cru" (publication des chiffres annuels le 28/8). Des difficultés ont notamment été rencontrées sur son principal marché, la Chine. Les campagnes publiques dénonçant les fêtes et les cadeaux extravagants pèsent sur la demande de whisky et cognac chers. Sur les neuf premiers mois (période du 1/7 au 31/3) de l'exercice, son chiffre d'affaires (CA) a dès lors reculé de 7%, à 6,19 milliards EUR, ce qui est comparable à la situation au bilan du 1er semestre. Les ventes de cognac Martell et de whisky Royal Salute ont particulièrement baissé en Chine (-9%). Si nous consi...

Le spécialiste français des spiritueux vient de clôturer l'exercice 2013-2014 (clos le 30/6). Ce ne fut donc pas un "grand cru" (publication des chiffres annuels le 28/8). Des difficultés ont notamment été rencontrées sur son principal marché, la Chine. Les campagnes publiques dénonçant les fêtes et les cadeaux extravagants pèsent sur la demande de whisky et cognac chers. Sur les neuf premiers mois (période du 1/7 au 31/3) de l'exercice, son chiffre d'affaires (CA) a dès lors reculé de 7%, à 6,19 milliards EUR, ce qui est comparable à la situation au bilan du 1er semestre. Les ventes de cognac Martell et de whisky Royal Salute ont particulièrement baissé en Chine (-9%). Si nous considérons la situation selon les régions, on constate une baisse de 12% en Asie (dont 8% d'impact de taux de change négatif). Sans considérer la Chine, la croissance ressort à 5% à taux de change constants, au lieu d'un repli de 3%. La croissance organique (hors acquisitions ou désinvestissements) à taux de change constants en Europe (+2%) et aux Etats-Unis (+3%) a donc été compensée par la sensible baisse en Chine. Compte tenu de la perte de CA en Chine, la direction a maintenu les attentes de croissance de cash-flow opérationnel (EBITDA) pour l'exercice 2013-2014 de 1 à 3%, ce qui représente une augmentation du plus faible pourcentage depuis l'exercice 2009/2010. Pernod Ricard est née en 1975 de la fusion de deux spécialistes français des boissons anisées (Pernod et Ricard). Une foule d'acquisitions a suivi. Nous retiendrons notamment l'achat de la division Vins et spiritueux de Seagram en 2001. En 2005, le rachat de Fortune Brands Allied Domecq a permis au groupe de doubler de taille et de devenir le numéro deux dans le secteur des vins et spiritueux. Trois ans plus tard, Pernod Ricard est devenue le co-leader mondial sur le marché des spiritueux et surtout leader mondial dans les marques premium et de prestige avec l'acquisition de Wines&Spirits, le propriétaire de la vodka ABSOLUT. Grâce à cette série d'acquisitions, le groupe dispose aujourd'hui de 75 entreprises sur quatre continents, dont 36 marques "stratégiques". La moitié d'entre elles (18) sont des marques locales fortes. Il faut y ajouter quatre marques de vins dont l'Australienne Jacob's Creek, et un "top 14" de (grandes) marques internationales. Deux d'entre elles sont même des icônes mondiales : la vodka ABSOLUT et le whisky scotch Chivas Regal. A cela s'ajoutent 7 marques premium : le pastis Ricard, le whisky Ballantine's, l'Irish whisky Jameson, le rhum Havana Club, le gin Beefeater et les liqueurs Malibu et Kahlua. Enfin, il y a cinq marques prestige : le cognac Martell, les whiskies The Glenlivet et Royal Salute, et les champagnes Mumm et Perrier-Jouët. Les deux principaux accents stratégiques afin de créer de la valeur sont l'innovation permanente et la revalorisation des marques, le premier permettant d'augmenter le CA et le deuxième, d'améliorer les marges. Selon l'entreprise elle-même, trois quarts du CA proviennent aujourd'hui de ses marques premiumConclusionPernod Ricard a été intégré quelque temps en portefeuille pour sa position idéale et sa stratégie claire dans les marchés émergents, l'Asie en tête. Cela dit, les problèmes spécifiques en Chine et la valorisation tendue du titre (près de 20 fois le bénéfice escompté et un rapport EV/EBITDA de 14) nous empêchent pour l'heure de le conseiller à l'achat. Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A