Pour l'industrie du charbon, 2015 fut une année catastrophique et cette année ne devrait pas être meilleure. Le numéro deux du secteur, Arch Coal, est toujours menacé de faillite. Cette information a de nouveau mis le cours de Peabody Energy sous forte pression, l'amputant de moitié. Le secteur souffre toujours d'une énorme surcapacité et la demande ne suit pas, d'une part en raison du recul de la demande d'acier (charbon métallurgique) et d'autre part en raison de la baisse du prix du gaz naturel et du durcissement des règles environnementales (charbon thermique). Les producteurs de charbon se sont lourdement endettés pour accroître leur capacité de production. À présent...

Pour l'industrie du charbon, 2015 fut une année catastrophique et cette année ne devrait pas être meilleure. Le numéro deux du secteur, Arch Coal, est toujours menacé de faillite. Cette information a de nouveau mis le cours de Peabody Energy sous forte pression, l'amputant de moitié. Le secteur souffre toujours d'une énorme surcapacité et la demande ne suit pas, d'une part en raison du recul de la demande d'acier (charbon métallurgique) et d'autre part en raison de la baisse du prix du gaz naturel et du durcissement des règles environnementales (charbon thermique). Les producteurs de charbon se sont lourdement endettés pour accroître leur capacité de production. À présent que le cours du charbon thermique a baissé de trois quarts depuis son sommet de 2011, les cash-flows ne suffisent souvent pas pour rembourser ces dettes, et la faillite est inévitable. La valeur boursière totale de l'industrie du charbon a reculé de quelque 95 % ces cinq années, et on spécule beaucoup sur le nom de la prochaine victime. Celui de Peabody Energy est parfois cité. Théoriquement, Peabody possède un grand avantage par rapport à ses pairs du secteur : il est également actif en Australie (environ 15% de la production) et le fort recul du dollar australien (AUD) face à son pendant américain (USD) a eu un impact favorable sur les charges. Cet avantage a cependant été annihilé par les pertes enregistrées sur des placements en produits dérivés en AUD. Peabody dispose de 26 actifs opérationnels aux États-Unis et en Australie (charbon thermique et charbon métallurgique) et les réserves de charbon du groupe sont estimées à 7,6 millions de tonnes. En outre, Peabody possède 200.000 hectares de terres et est copropriétaire de ports et de plusieurs centrales électriques. La publication des résultats trimestriels et annuels a été différée au 11 février. Le 3e trimestre avait été marqué par une perte de 305 millions USD, la huitième consécutive. Peabody a 6,3 milliards USD de dettes, alors que les liquidités de 1,4 milliard USD se composent en grande partie d'une ligne de crédit. Le cash disponible et les cash-flows des activités ne suffisent pas pour continuer à payer les charges d'intérêts sur la dette qui arrive à échéance en 2018 (1,5 milliard USD). Une demande de protection contre les créanciers, voire une faillite de Peabody n'est dès lors pas totalement inimaginable. Mais nous n'en sommes pas encore là, car l'entreprise a encore plusieurs cartes en main. Du côté des charges, elles sont plutôt limitées, car tant les dépenses d'investissement que les dépenses opérationnelles ont déjà beaucoup baissé. Peabody a déjà réalisé pour 1,2 milliard USD d'économies ces trois dernières années. Du côté des revenus, il ne faut pas tabler sur une hausse du cours du charbon en 2016. Restent la vente d'actifs et le rééchelonnement de la dette, sur lesquels Peabody travaille actuellement. Conclusion2016 sera une année clé pour Peabody Energy. Pour résister à la crise actuelle, d'une ampleur inédite, une intervention rapide est indispensable : la situation du marché du charbon ne s'améliorera pas à court terme. Le groupe travaille à un rééchelonnement de la dette, sur lequel on espère davantage d'informations lors de la publication des résultats. Nous y reviendrons à ce moment. Note abaissée, l'action étant extrêmement spéculative.Conseil : conserver/attendreRisque : élevéRating : 2C