Le pessimisme des investisseurs à l'égard du charbon n'a jamais été aussi grand. Au cours des douze derniers mois, l'action du producteur américain de charbon Peabody Energy a dévissé de 60%, pour revenir à son plus faible niveau en près de 12 ans ! Côté offre, on note une surproduction, qui s'intensifie en raison de la baisse des importations de charbon par la Chine. L'an dernier, le pays a importé 290 millions de tonnes, soit 35 millions de tonnes de moins qu'un an plus tôt. Ce qui est à nouveau la conséquence d'une plus faible production d'acier, qui à son tour se traduit par une baisse de la demande de charbon métallurgique. Le thermal coal, qui sert de combustible au...

Le pessimisme des investisseurs à l'égard du charbon n'a jamais été aussi grand. Au cours des douze derniers mois, l'action du producteur américain de charbon Peabody Energy a dévissé de 60%, pour revenir à son plus faible niveau en près de 12 ans ! Côté offre, on note une surproduction, qui s'intensifie en raison de la baisse des importations de charbon par la Chine. L'an dernier, le pays a importé 290 millions de tonnes, soit 35 millions de tonnes de moins qu'un an plus tôt. Ce qui est à nouveau la conséquence d'une plus faible production d'acier, qui à son tour se traduit par une baisse de la demande de charbon métallurgique. Le thermal coal, qui sert de combustible aux centrales électriques, souffre de la faiblesse du prix du gaz naturel et des réglementations environnementales plus strictes. Aux Etats-Unis, les centrales électriques doivent réduire leurs émissions de 30%. Actuellement, le charbon représente encore 40% de la production américaine d'électricité, mais ce pourcentage diminue en faveur du gaz naturel, des combustibles renouvelables et même de l'énergie nucléaire. Peabody produit essentiellement le thermal coal aux Etats-Unis et le metallurgical coal en Australie. La semaine dernière, le groupe a publié une cinquième perte trimestrielle consécutive, qui était du reste nettement plus lourde qu'attendu. En outre, la direction a dû annoncer des perspectives décevantes pour le trimestre en cours et, comble d'infortune, son dividende trimestriel a été réduit de 8,5 centimes de dollar par action à un montant symbolique de 0,25 USD par action. Cette mesure doit permettre à Peabody de conserver un maximum de liquidités au sein de l'entreprise. L'acquisition de MacArthur Coal en 2011 s'est traduite par une lourde charge de dettes, de près de 6 milliards USD. En soi, celle-ci n'est pas problématique car les premiers remboursements n'interviendront qu'en 2016 et 2018, et il est très improbable que la crise du secteur perdure jusque-là. Le dividende réduit lui permet d'économiser quelque 100 millions USD. Au 4etrimestre, Peabody a plongé dans le rouge à hauteur de 514,6 millions USD, soit 1,92 USD par action. Hors amortissements et dépréciations de valeur, la perte totalise 1,21 USD par action, contre un consensus à seulement 0,35 USD. Le trimestre courant sera le sixième consécutif de perte, marqué par un déficit net ajusté situé entre 0,32 et 0,39 USD par action. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe a reflué de 3,3%, à 1,68 milliard USD ; de 2,2% aux Etats-Unis et 5,6% en Australie. Le groupe minier Anglo American envisage la vente des actifs australiens de charbon et Glencore fermera provisoirement ses mines de charbon sud-africaines. Epinglons néanmoins plusieurs éléments positifs. Des réductions de capacité annoncées de 25 millions de tonnes aux Etats-Unis, quelque 10 millions de tonnes ont déjà été réalisées. Le dollar australien meilleur marché (AUD) constitue également un élément favorable pour Peabody. ConclusionBien que plusieurs éléments soient porteurs d'espoir, 2015 sera indubitablement encore une année difficile pour Peabody. La décision de quasiment supprimer le dividende est compréhensible. Nous ne pensons pas que le groupe rencontrera des problèmes financiers. A à peine 0,25 fois le CA et 0,6 fois la valeur comptable, le cours tient déjà compte de ce scénario catastrophe.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C