L'industrie du charbon traverse une période trouble, particulièrement en Occident. Le charbon est sous le feu des critiques en raison des quantités élevées de gaz à effet de serre qu'il émet et les producteurs sont confrontés à des réglementations environnementales de plus en plus strictes. La part du charbon dans la production américaine d'électricité s'élevait encore à près de 50% en 2005 ; l'an dernier, elle était retombée à 39% à peine. Sur la même période, la part du gaz naturel est passée de 18% à 27%. Le charbon devrait même passer sous la barre des 30% d'ici à 2030. Du moins ce sont les prévisions. L'avantage du charbon est qu'il est très bon marché et abondant. C'est pourquoi ...

L'industrie du charbon traverse une période trouble, particulièrement en Occident. Le charbon est sous le feu des critiques en raison des quantités élevées de gaz à effet de serre qu'il émet et les producteurs sont confrontés à des réglementations environnementales de plus en plus strictes. La part du charbon dans la production américaine d'électricité s'élevait encore à près de 50% en 2005 ; l'an dernier, elle était retombée à 39% à peine. Sur la même période, la part du gaz naturel est passée de 18% à 27%. Le charbon devrait même passer sous la barre des 30% d'ici à 2030. Du moins ce sont les prévisions. L'avantage du charbon est qu'il est très bon marché et abondant. C'est pourquoi l'Allemagne et le Japon, par exemple, l'ont choisi pour compenser en partie l'abandon de l'énergie nucléaire. La Chine est le plus grand consommateur de charbon au monde avec une part de 80% dans l'approvisionnement en énergie du pays. Le cours du producteur américain de charbon Peabody Energy a baissé de 75% depuis 2011 et atteint son plus bas niveau en neuf ans l'été dernier. Outre l'opposition du lobby environnemental, Peabody est confrontée à la baisse du cours du gaz naturel. Après un hiver rude aux Etats-Unis, l'action a nettement rebondi ces derniers mois. Peabody produit à la fois du "charbon thermique" destiné à la production d'électricité et du "charbon métallurgique" pour la production d'acier. Les sites de production du groupe se trouvent aux Etats-Unis (principalement du charbon thermique) et en Australie (charbon métallurgique). Peabody a essuyé une perte nette de 48,5 millions USD au 1er trimestre, soit 0,18 USD par action, plus du double de celle de l'an dernier. Malgré la hausse des volumes vendus de 7,2% à 61,3 millions de tonnes, le chiffre d'affaires (CA) a reculé de 6,9% sur base annuelle, à 1,62 milliard USD. En cause, bien entendu : la baisse des cours. Le CA par tonne vendue a baissé de 6,7% aux Etats-Unis et même de 16,6% en Australie. La marge brute en Australie ne dépassait pas 0,22 USD la tonne contre 5,3 USD la tonne aux Etats-Unis. Une surproduction associée à la baisse de la demande d'acier maintient les cours du charbon métallurgique à un niveau très bas. La production chinoise d'acier, qui représente plus de la moitié de la production mondiale, n'augmentera que de 3% cette année, contre 7% il y a un an. Peabody envisage dès lors de mettre temporairement à l'arrêt un certain nombre d'activités en Australie. La situation est un peu plus favorable du côté du charbon thermique. Les réserves américaines de charbon ont beaucoup baissé après un hiver rude et la hausse du gaz naturel favorise une reprise de la demande du charbon thermique. Mais cela n'empêchera pas Peabody d'enregistrer une perte sur l'ensemble de l'année 2014. Pour le 2e trimestre, la direction table sur une perte comprise entre 14 et 39 centimes de dollar par action. La situation de suroffre de charbon métallurgique devrait durer toute l'année. En 2014, Peabody réduira ses dépenses d'investissement à leur plus bas niveau en 10 ans. ConclusionLes nouvelles mesures publiques étaient prévues depuis longtemps et ont été largement anticipées. Le cours se trouve dès lors à proximité de son plancher de l'été dernier. Il ne faut pas attendre d'amélioration à très court terme, mais le charbon comme source d'énergie est loin d'être mort. A 1,1 fois la valeur comptable, le risque de baisse est limité.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B