Bekaert n'est pas restée les bras croisés. Les premières mesures prises commencent à porter leurs fruits. Ainsi l'augmentation du bénéfice opérationnel (Ebit) sous-jacent de 14% au premier semestre de cette année est-elle presque intégralement attribuable à la réorganisation de l'entreprise et au meilleur contrôle de ses coûts. Mais la direction a encore du pain sur la planche. Le rapport semestriel publié n'est pas terrible. La conjoncture demeure difficile. Ce n'est d'ailleurs ni grâce à une hausse des volumes de vente ni grâce à une hausse des prix de vente que l'Ebit a progressé. Bekaert est toutefois parvenue à répercuter davantage la hausse des prix des matières premières sur la clientèle, malgré la surcapacité dont souffrent certains segments du marché.
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Bekaert n'est pas restée les bras croisés. Les premières mesures prises commencent à porter leurs fruits. Ainsi l'augmentation du bénéfice opérationnel (Ebit) sous-jacent de 14% au premier semestre de cette année est-elle presque intégralement attribuable à la réorganisation de l'entreprise et au meilleur contrôle de ses coûts. Mais la direction a encore du pain sur la planche. Le rapport semestriel publié n'est pas terrible. La conjoncture demeure difficile. Ce n'est d'ailleurs ni grâce à une hausse des volumes de vente ni grâce à une hausse des prix de vente que l'Ebit a progressé. Bekaert est toutefois parvenue à répercuter davantage la hausse des prix des matières premières sur la clientèle, malgré la surcapacité dont souffrent certains segments du marché.L'industrie ne trouvera pas un second souffle tant que le conflit commercial sino-américain n'aura pas trouvé d'issue. C'est pourquoi la direction de Bekaert ne s'attend pas à court terme à une reprise de la demande sur ses marchés de débouchés. Si initialement le cours de l'action avait mal accueilli ces sombres perspectives, il s'est ensuite repris. Matthew Taylor, le CEO, a en effet précisé que les prévisions formulées étaient plus prudentes que pessimistes. "La politique d'investissement de nombre d'entreprises demeure prudente, a-t-il ajouté. L'industrie évolue au gré des tweets (postés par Donald Trump, ndlr)." Or il faudra au moins une légère amélioration du contexte pour que Bekaert atteigne la marge bénéficiaire sous-jacente de 7% espérée à moyen terme; elle reste coincée à 5,7%.Cette année, Bekaert ne rapporte plus ses résultats par zone géographique mais par segment d'activité. Le renforcement de caoutchouc (pneumatiques) est son activité la plus importante (plus de 40% du chiffre d'affaires (CA) consolidé) et la plus rentable. L'augmentation du CA de 7% en glissement annuel s'est traduite par une hausse de l'Ebit de 12%, au premier semestre, porté surtout par la rentabilité, en nette progression, en Asie. Bekaert a cependant constaté un ralentissement sur le marché des pneumatiques à la fin du deuxième trimestre et souffre du repli du marché automobile.On ne peut en dire autant des applications de fil d'acier. Les marchés industriel et agricole américains et européens ont tiré vers le bas le segment, qui a fait état d'un CA en légère perte de vitesse et d'un Ebit en recul de 28%. Pour l'heure, Bekaert ne s'attend à aucune reprise sur ces marchés.Le segment des produits spéciaux a lui aussi rapporté une légère baisse de son CA, mais l'Ebit a pour sa part augmenté de plus d'un tiers, grâce à une forte demande de produits de construction et une perte moins lourde dans l'activité fil à scier. Bekaert ne perd plus d'argent en Chine, ce qui est plutôt encourageant. Reste à l'entreprise à renouer avec les bénéfices dans cette dernière activité en accroissant les volumes. Quant au dernier segment, celui des câbles, Bridon-Bekaert Ropes Group (BBRG), il s'attelle à renouer avec la rentabilité et à adopter une politique de prix plus raisonnable. Un repli du CA s'ensuivra, mais l'Ebit augmentera. La direction a en tout cas indiqué que BBRG commençait à aller mieux. Si la demande reprend, BBRG pourrait devenir un nouveau vecteur de bénéfices.Alors que l'entreprise met tout en oeuvre pour se remettre sur les rails, le ralentissement mondial de l'industrie affecte ses résultats, et pèsera encore longtemps sur ceux-ci. Cette dualité se reflète dans la valorisation de Bekaert: à un rapport cours/bénéfice de 13 et une valeur d'entreprise qui correspond à six fois le cash-flow opérationnel (Ebitda), elle n'est pas excessive. A conserver. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2bCours: 25,5 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,44 milliard EURC/B 2018: 14C/B attendu 2019:13Perf. cours sur 12 mois: +6%Perf. cours depuis le 01/01: +25%Rendement de dividende: 2,6%