Vestas Wind Systems (Vestas) a été élue en janvier entreprise la plus durable du monde, ce qui n'émeut guère les actionnaires. Son cours a cédé 50% environ depuis le début de 2021, à cause, principalement, de la chute de la rentabilité du groupe. Soutenu par l'engouement des fonds pour une poignée de sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables, le cours avait longtemps ignoré cette rentabilité érodée; la correction a légèrement dégonflé la bulle, mais la valorisation reste élevée. L'investisseur paie notamment 35 fois le bénéfice revu à la baisse, ce qui est beaucoup pour une entreprise dont les résultats à brève échéance demeurent médiocres et incertains. Il n'y a donc pas d'urgence à se positionner.
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Vestas Wind Systems (Vestas) a été élue en janvier entreprise la plus durable du monde, ce qui n'émeut guère les actionnaires. Son cours a cédé 50% environ depuis le début de 2021, à cause, principalement, de la chute de la rentabilité du groupe. Soutenu par l'engouement des fonds pour une poignée de sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables, le cours avait longtemps ignoré cette rentabilité érodée; la correction a légèrement dégonflé la bulle, mais la valorisation reste élevée. L'investisseur paie notamment 35 fois le bénéfice revu à la baisse, ce qui est beaucoup pour une entreprise dont les résultats à brève échéance demeurent médiocres et incertains. Il n'y a donc pas d'urgence à se positionner.La rentabilité ne devrait pas s'améliorer de sitôt. Comme ses concurrentes, Vestas souffre du blocage des chaînes d'approvisionnement. Les prix de l'énergie, des matières premières, des transports et des composants des éoliennes sont élevés. Cette situation coûte cher à l'entreprise et retarde la mise en oeuvre de nouveaux projets. La direction avertit que l'inflation pèsera lourdement sur la prévisibilité des résultats et sur la rentabilité cette année. Elle a du reste émis la semaine dernière, deux semaines seulement avant la publication des résultats annuels, un nouvel avertissement sur bénéfices. La marge bénéficiaire devrait plafonner en 2022 à 0-4%; avec un peu de malchance, le bénéfice net sera donc négatif. En 2019, la marge était de plus de 10% encore.Les résultats du quatrième trimestre sont le reflet de ces difficultés. Le bénéfice opérationnel s'est établi à un très décevant 106 millions d'euros, la marge bénéficiaire, à 2,3% à peine. Sur l'exercice, la marge bénéficiaire est de 3%, ce qui correspond à un bénéfice opérationnel de 462 millions d'euros, bien en deçà des projections. Ces chiffres ne s'expliquent pas seulement par la hausse des coûts de production et d'installation: Vestas a également dû augmenter les provisions pour pouvoir assurer sa garantie de maintenance, dont le coût atteint désormais 4,4% du chiffre d'affaires. L'entreprise planche sur une offre moins complexe, dont le coût serait maîtrisable.A ce stade, elle n'a d'autre choix que d'augmenter ses prix, un processus qu'elle a d'ailleurs d'ores et déjà entamé. Ainsi a-t-elle facturé au troisième trimestre de 2021 0,81 million d'euros par mégawatt installé sur terre, contre 0,71 million un an plus tôt. Les négociations avec les clients sont tellement âpres que les nouveaux projets en sont retardés. Le carnet de commandes et l'afflux de commandes restent toutefois suffisants, et l'envolée des prix des combustibles fossiles pourrait donner un coup de fouet à l'éolien. Si l'entreprise parvient à rétablir sa rentabilité, plusieurs belles années l'attendent. Henrik Andersen, son CEO, rappelle que l'activité de Vestas est volatile à brève échéance, mais prospère sur le long terme. Financièrement, l'entreprise a de quoi traverser aisément cette période houleuse; son cash-flow disponible reste positif et elle n'est pas endettée.La capitalisation boursière a beau avoir été divisée par deux depuis le début de 2021, l'action reste onéreuse. Compte tenu des problèmes de rentabilité, le rapport cours/bénéfice demeure élevé (35). La valeur de l'entreprise (EV) correspond à 15 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda), ce qui est beaucoup également. Le titre ne se redressera que lorsque le problème des coûts sera résolu, ce qui ne sera peut-être pas pour cette année. Nous recommandons toujours de conserver. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B Cours: 21,45 eurosTicker: VWSCode ISIN: DK0061539921 Marché: XetraCapit. boursière: 21,8 milliards EURC/B 2021: 50C/B attendu 2022: 35Perf. cours sur 12 mois: - 40%Perf. cours depuis le 01/01: -19%Rendement du dividende: 0,3%