Avec la pandémie et le confinement qu'elle a provoqué, les principaux atouts d'Engie - un rendement en dividende attrayant, une valorisation correcte et la perspective d'une légère augmentation des bénéfices - font place à une annulation du dividende, une chute des bénéfices et beaucoup d'incertitudes. Le groupe industriel énergétique a perdu jusqu'à 40% de sa capitalisation boursière. La reprise sera lente, du fait en particulier de la disparition des arguments du dividende et du caractère prévisible des bénéfices.
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Avec la pandémie et le confinement qu'elle a provoqué, les principaux atouts d'Engie - un rendement en dividende attrayant, une valorisation correcte et la perspective d'une légère augmentation des bénéfices - font place à une annulation du dividende, une chute des bénéfices et beaucoup d'incertitudes. Le groupe industriel énergétique a perdu jusqu'à 40% de sa capitalisation boursière. La reprise sera lente, du fait en particulier de la disparition des arguments du dividende et du caractère prévisible des bénéfices.Au premier trimestre, marqué par la crise sanitaire pendant un mois "seulement", le bénéfice opérationnel récurrent a fléchi de 6,6%. Ce tassement est certes en partie dû à la vente, l'an dernier, de plusieurs actifs de charbon qui ne contribuaient plus au bénéfice, mais le bénéfice opérationnel organique a pour sa part reculé de 2,2%. Bien sûr, l'hiver exceptionnellement doux a ralenti la vente et la distribution de gaz naturel sur le marché français, l'une des principales activités de la société: sans cela, le bénéfice opérationnel aurait augmenté de 2%, calcule la direction. Le bénéfice opérationnel des services aux entreprises a chuté de 45%, en partie parce que le confinement a suspendu l'exécution de projets. Le fléchissement de la demande d'électricité et la baisse des prix qui en découle ont également pesé sur le bénéfice opérationnel de plusieurs divisions. Ainsi le bénéfice de la vente de l'électricité produite par les centrales thermiques a-t-il dégringolé de 33%. Le prix de l'électricité a même été à plusieurs reprises négatif. Ceci dit, au premier trimestre toujours, la croissance continue des bénéfices dans le secteur des énergies renouvelables, qu'explique principalement la mise en service de nouveaux actifs, a atténué le choc. En réduisant les pertes de 87 millions d'euros, les centrales nucléaires belges ont apporté leur pierre à l'édifice. Le deuxième trimestre sera plus compliqué, puisque la crise aura sévi du premier au dernier jour; les services, tels que l'installation de solutions énergétiques dans les entreprises et la vente d'électricité aux particuliers, seront les plus touchés.La direction ne se hasarde pas à commenter les répercussions qu'aura la crise sur les résultats à long terme. "D'ici l'été, les services aux entreprises et aux particuliers pourraient renouer avec la normale, mais la reprise pourrait également prendre une année, voire davantage", a déclaré à la mi-mai Jean-Pierre Clamadieu, le président du conseil d'administration. Les prévisions relatives à l'exercice ont été annulées et les bénéfices vont immanquablement décroître cette année. La réserve financière est toutefois rassurante: le groupe dispose de 19,2 milliards d'euros de liquidités et de lignes de crédit non utilisées. L'annulation du dividende lui évitera de dépenser 1,9 milliard d'euros. En revanche, sa dette financière nette avait atteint fin mars 28 milliards d'euros, ce qui correspond à 2,7 fois le cash-flow opérationnel. Engie traîne également derrière lui un passif nucléaire important et des engagements de pension élevés, à telle enseigne que son ratio d'endettement réel est de 4,3 fois le cash-flow opérationnel.Le caractère prévisible des résultats et le dividende sont frappés par la crise du Covid-19, mais le redressement ne devrait être qu'une question de temps. La forte correction du cours permet à la valorisation de demeurer attrayante - l'investisseur paie 12 fois le bénéfice revu à la baisse. Nous conseillons toujours d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 11,1 eurosTicker: ENGICode ISIN: FR0010208488Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 26,1 milliards EURC/B 2019: 14C/B attendu 2019: 12Perf. cours sur 12 mois: -13%Perf. cours depuis le 01/01: -24%Rendement du dividende: -