Cela fait près de sept ans que l'ex-ThromboGenics, rebaptisée Oxurion en 2018, a opéré un revirement stratégique. Celle qui a commercialisé le produit ophtalmique Jetrea, lequel n'a hélas pas eu le succès escompté, a en effet décidé en 2016 de développer un pipeline de molécules destinées au traitement de maladies oculaires liées au diabète. Il en comptait quatre à l'origine mais, après avoir abandonné le développement du THR-409 et du THR-317, l'entreprise ne se concentre plus que sur l'inhibiteur de la kallikréine plasmatique THR-149 et sur l'inhibiteur de l'intégrine pan-RGD THR-687. Tous deux pourraient se révéler efficaces plus rapidement et plus longtemps que le traitement standard actuel - les agents anti-VEGF (Lucentis ou Eylea). Ils font l'obj...

Cela fait près de sept ans que l'ex-ThromboGenics, rebaptisée Oxurion en 2018, a opéré un revirement stratégique. Celle qui a commercialisé le produit ophtalmique Jetrea, lequel n'a hélas pas eu le succès escompté, a en effet décidé en 2016 de développer un pipeline de molécules destinées au traitement de maladies oculaires liées au diabète. Il en comptait quatre à l'origine mais, après avoir abandonné le développement du THR-409 et du THR-317, l'entreprise ne se concentre plus que sur l'inhibiteur de la kallikréine plasmatique THR-149 et sur l'inhibiteur de l'intégrine pan-RGD THR-687. Tous deux pourraient se révéler efficaces plus rapidement et plus longtemps que le traitement standard actuel - les agents anti-VEGF (Lucentis ou Eylea). Ils font l'objet d'une étude de phase II en deux volets.Le THR-149 est testé sur des patients souffrant d'oedème maculaire diabétique (OMD) qui ne répondent pas ou pas de manière optimale à un anti-VEGF. Pour les 40 à 50% de patients atteints d'OMD pour lesquels c'est le cas, il n'existe pour l'heure aucun médicament efficace. Le marché de l'OMD valait 4 milliards de dollars (USD) en 2020. Les résultats du 1er volet de l'étude, dévoilés l'automne dernier, étaient concluants. Mais il est ressorti d'une analyse approfondie des données que deux des huit patients ayant reçu la dose la plus élevée du produit n'auraient pas dû être inclus dans l'étude. Le protocole a été modifié dans l'intervalle, et ces patients ne participeront pas au 2e volet de l'étude, qui comparera la molécule avec l'Eylea et dont les premières données sont attendues pour la mi-2023. Au cours de ce trimestre tomberont les résultats du 1er volet de l'étude consacrée au THR-687. La molécule est administrée à des patients atteints d'OMD qui n'ont jamais été traités. Si les résultats sont bons, le 2e volet, au cours duquel la molécule sera aussi comparée avec l'Eylea, sera lancé immédiatement. Les conclusions seront publiées au 2e semestre de 2023. Cette molécule étant susceptible d'agir sur d'autres affections encore, elle sera également testée cette année, du moins si les données du 1er volet de l'étude sont encourageantes et que les finances de l'entreprise le permettent, sur la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), un marché estimé à 6,5 milliards de dollars. Oxurion a renfloué ses caisses. C'était plus que nécessaire - l'entreprise ne disposait plus que de 10 millions d'euros de liquidités, fin 2021. En juin 2021, elle a conclu avec le groupe français Negma un accord de financement; il investira jusqu'à 30 millions d'euros en échange d'obligations impérativement convertibles en actions. En novembre, elle a emprunté 10 millions d'euros par l'émission d'une obligation convertible à laquelle ont souscrit Kreos Capital et Pontifax Ventures. Mais le meilleur est arrivé début mars, quand Oxurion a levé des fonds par placement privé: elle a émis 7,2 millions d'actions à 1,44 euro l'unité, soit moyennant une prime de 4% par rapport au dernier cours. A cette occasion, elle a séduit un investisseur en biotechnologie américain de renom, Fidelity Management. C'est un premier pas de franchi en vue d'une cotation en Bourse américaine. Il faudra, pour que Tom Graney, le CEO, puisse convaincre de nouveaux investisseurs américains, que les prochains résultats soient encourageants, à commencer par ceux relatifs au THR-687, qui tomberont bientôt. Quels qu'ils soient, ils donneront lieu à une forte réaction de l'action; pour l'investisseur conscient du risque, donc. Conseil: acheter Risque: élevéRating: 1CCours: 1,18 euroTicker: THR BBCode ISIN: BE0974281132 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 55,6 millions EURC/B 2021: -C/B attendu 2022: -Perf. cours sur 12 mois: -55%Perf. cours depuis le 01/01: -34%Rendement du dividende: -