Le troisième opérateur télécom belge se porte bien, sur le plan opérationnel, depuis tout un temps déjà. Les incertitudes qui entourent les tarifs de gros et, désormais, les retombées de la crise sanitaire, exercent néanmoins une pression sur l'action.
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Le troisième opérateur télécom belge se porte bien, sur le plan opérationnel, depuis tout un temps déjà. Les incertitudes qui entourent les tarifs de gros et, désormais, les retombées de la crise sanitaire, exercent néanmoins une pression sur l'action. Les opérateurs qui n'ont pas de réseau câblé et qui veulent offrir des services à large bande (internet et télévision) doivent louer de la capacité à d'autres - à Telenet, dans le cas d'Orange Belgique. Or une procédure de révision des tarifs de gros correspondants est en cours; les différentes autorités de régulation belges avaient présenté l'été dernier un projet très favorable à Orange, qu'a remplacé, après consultation d'autres opérateurs, un plan qui l'est nettement moins. D'après le texte soumis en avril à la Commission européenne, presque tous les tarifs seraient relevés; ce qui nuirait à la compétitivité d'Orange, tout particulièrement sur le marché de la large bande, où les prix seraient multipliés par deux ou presque. Orange voulait lancer une offre internet autonome, une intention que les relèvements de prix pourraient geler, au détriment de la concurrence sur le marché belge. Il est probable que la proposition soit effectivement adoptée et que les nouveaux tarifs entrent rapidement en vigueur. Le coût de 15 euros par mois sur lequel Orange misait se rapprocherait alors des 17 à 18 euros. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe a grimpé au 1er trimestre de 1,9%, à 333,9 millions d'euros, sur une base annuelle. L'allègement de 5% des dépenses, notamment, a permis au bénéfice opérationnel ajusté après engagements de location (Ebitda) d'augmenter de 7,6%, à 62,2 millions d'euros. Le nombre de clients de la large bande s'est étoffé de 21.000 unités, à 280.000 contrats (+ 40% en un an). Avec un Ebitda de 2,5 millions d'euros, l'offre câblée est rentable sur le plan opérationnel pour le 4e trimestre consécutif. Chaque abonné à la large bande génère un Ebitda de trois euros par mois en moyenne. La croissance du nombre de contrats en téléphonie mobile (9.000) est inférieure aux attentes; il faut dire que la fermeture des boutiques a suivi de quelques jours à peine le lancement d'une vaste campagne publicitaire. Orange Belgique annule l'augmentation du dividende (de 0,5 à 0,6 euro par action) annoncée lors de la présentation des chiffres annuels. La société mère, française, et actionnaire majoritaire Orange réduit, elle, carrément le sien. Le CA (croissance pouvant aller jusqu'à 5%) et l'Ebitda (310-330 millions d'euros; 300 millions en 2019) prévisionnels seront réévalués lors de la présentation des chiffres semestriels. Orange a d'ores et déjà indiqué que les répercussions de la crise sur son CA seraient relativement limitées, et celles sur la rentabilité, plus faibles encore. Le relèvement des tarifs de gros sera compensé au 2e semestre par un allégement des investissements. Le maintien du dividende permettra à Orange Belgique de conserver six millions d'euros de plus en caisse. Au terme du 1er trimestre, l'endettement net avait reculé à 229 millions d'euros (234 millions trois mois plus tôt), soit 0,7 fois l'Ebitda escompté. Même s'ils contribuent moins que prévu à la rentabilité, les nouveaux tarifs seront favorables à Orange, sur les bénéfices de qui la crise sanitaire devrait par ailleurs peu peser. A 5,7 fois l'Ebitda escompté et vu la faiblesse de son endettement, la valorisation d'Orange Belgique est plus attractive que la moyenne européenne (7,3). Le dividende n'augmentera pas, mais le rendement reste intéressant. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 14,72 eurosTicker: OBEL BBCode ISIN: BE0003735496Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 880 millions EURC/B 2019: 26C/B attendu 2020: 18Perf. cours sur 12 mois: -13%Perf. cours depuis le 01/01: -29%Rendement du dividende: 3,4%