Le secteur du logiciel a subi une véritable révolution ces dernières années. Le modèle traditionnel fondé sur les ventes de produits, complétées de mises à jour et de services, est peu à peu remplacé par le modèle cloud. Cette tendance est une bénédiction pour les entreprises débutantes qui peuvent développer toutes leurs applications directement pour le cloud. Pour les fabricants traditionnels, la donne est différente. Ils doivent transférer le plus vite possible leur assortiment de produits vers le cloud pour ne pas perdre de clients. Dans le cas d'Oracle, il s'agit des logiciels de bases de données et des programmes applicatifs dans lesquels le groupe est spécialisé. Jusqu'il y a peu, le nombre...

Le secteur du logiciel a subi une véritable révolution ces dernières années. Le modèle traditionnel fondé sur les ventes de produits, complétées de mises à jour et de services, est peu à peu remplacé par le modèle cloud. Cette tendance est une bénédiction pour les entreprises débutantes qui peuvent développer toutes leurs applications directement pour le cloud. Pour les fabricants traditionnels, la donne est différente. Ils doivent transférer le plus vite possible leur assortiment de produits vers le cloud pour ne pas perdre de clients. Dans le cas d'Oracle, il s'agit des logiciels de bases de données et des programmes applicatifs dans lesquels le groupe est spécialisé. Jusqu'il y a peu, le nombre de ventes de nouvelles licences était le principal paramètre abordé dans les rapports trimestriels. Il est à présent remplacé par les revenus liés au cloud. Oracle est resté légèrement en deçà des attentes en matière de bénéfices et de chiffre d'affaires (CA) au premier trimestre du nouvel exercice (période de mai à août). Le CA du groupe s'est établi à 8,61milliards USD, en hausse de 2% sur une base annuelle, mais près de 100millions USD sous les prévisions. Il en va de même pour les bénéfices de 0,55USD par action (on attendait 0,58USD). Il serait cependant excessif de parler d'un mauvais trimestre puisque Oracle a été confronté à une évolution défavorable du dollar, des dépenses juridiques, une hausse des charges d'intérêts et une facture fiscale plus élevée. Le recul du CA est quant à lui imputable à des divisions moins importantes. La baisse la plus notable est enregistrée dans la division Hardware: -11,8%, à 996millions USD. Les revenus des services ont reculé de 6,3%, à 808millions USD. Les logiciels (y compris mises à jour et support) restent la pierre angulaire du groupe avec un CA de 5,82milliards USD, en baisse de 0,4% par rapport à l'an dernier. Les ventes de nouvelles licences de logiciels se sont cependant contractées de 11%. Mais relevons surtout que le CA du cloud computing a progressé de 61% sur une base annuelle, à 986millions USD, soit 11,4% du CA du groupe. La rentabilité de la division cloud s'est également améliorée avec une marge brute de 62%, contre à peine 40% il y a un an. Oracle veut encore se développer dans le cloud et la récente acquisition de NetSuite s'inscrit pleinement dans cette stratégie. Oracle a déboursé 9,3milliards USD, soit 11fois le CA, pour cette entreprise spécialisée dans les logiciels ERP qu'elle propose via le cloud. C'est la plus importante acquisition d'Oracle depuis celle de PeopleSoft en 2003 (10,3milliards USD). NetSuite devrait en principe contribuer au bénéfice du groupe dès cette année. Les free cash-flows annuels se sont élevés à 12,5milliards USD. Oracle a clos le premier trimestre de l'exercice 2017 avec 68,4milliards USD de liquidités. La dette totale s'élève à 54,1milliards USD, ce qui porte la trésorerie à 14,3milliards USD. Au cours actuel, le dividende de 0,6USD représente un rendement d'environ 1,5%. Oracle a racheté 49millions d'actions propres au 1ertrimestre, pour une valeur totale de 2milliards USD. ConclusionSes nombreuses acquisitions masquent la très faible croissance organique d'Oracle. L'essor des activités dans le cloud ne compensera le recul des ventes de logiciels classiques qu'à partir de l'exercice qui vient de commencer, mais on ne s'attend pas à mieux qu'une compensation. À 14fois le bénéfice attendu, nous trouvons la valorisation correcte.Conseil : conserver/attendre Risque : moyenRating : 2B