L'année 2015 n'a pas été bonne pour l'entreprise technologique américaine. Alors que le Nasdaq Composite a légèrement progressé l'an dernier, l'action Oracle a abandonné 20%. Il faut surtout y voir l'effet de la modification du modèle économique, qui pèse sur les revenus directs provenant de la vente classique de logiciels et de services complémentaires. Avec la percée du " cloud computing ", ceux-ci sont désormais proposés sur Internet via des formules d'abonnement. Les revenus sont donc étalés sur toute la durée du contrat. Le modèle cloud entraîne de fortes fluctuations trimestrielles. Il faudra encore quelque temps avant de trouver un nouvel équilibre. On aurait également tort de sous-estimer...

L'année 2015 n'a pas été bonne pour l'entreprise technologique américaine. Alors que le Nasdaq Composite a légèrement progressé l'an dernier, l'action Oracle a abandonné 20%. Il faut surtout y voir l'effet de la modification du modèle économique, qui pèse sur les revenus directs provenant de la vente classique de logiciels et de services complémentaires. Avec la percée du " cloud computing ", ceux-ci sont désormais proposés sur Internet via des formules d'abonnement. Les revenus sont donc étalés sur toute la durée du contrat. Le modèle cloud entraîne de fortes fluctuations trimestrielles. Il faudra encore quelque temps avant de trouver un nouvel équilibre. On aurait également tort de sous-estimer l'évolution défavorable de l'USD. Oracle a enregistré des résultats légèrement supérieurs aux attentes au cours de la période de trois mois qui s'est achevée fin novembre, le deuxième trimestre de l'exercice fiscal 2015-2016, mais il faut rappeler que les prévisions avaient déçu, surtout en ce qui concerne le segment du cloud computing. Oracle réalise une marge brute de 92% sur la vente de produits classiques. Dans le segment cloud, elle n'excède pas 44%. Ceci est notamment dû aux nombreuses promotions lancées par Oracle dans la phase de démarrage afin de convaincre les clients d'adopter les solutions cloud. Les marges devraient se redresser une fois ces promotions passées. Oracle affirme ainsi que les marges sur les activités cloud pourraient déjà atteindre 55 à 60% au 4e trimestre (mars à fin mai). Certes, les marges dans le cloud computing n'atteindront jamais le niveau des licences de logiciels, mais Oracle espère compenser ce manque à gagner par une hausse du chiffre d'affaires (CA). Au niveau du groupe, la marge opérationnelle a baissé de 4% sur base annuelle, à 41% au 2e trimestre. Le CA trimestriel a reculé de 6% sur base annuelle à 9 milliards USD. Hors effets de change, le CA reste inchangé. Dans les licences de logiciels, le recul a été limité à 4%. Les ventes de logiciels dans le cloud ont progressé de 26%. La contribution de la division cloud au CA total atteindra au moins 1,5 milliard USD au cours de cet exercice. C'est encore beaucoup moins que chez Amazon et même Microsoft. Oracle doit sa croissance à des acquisitions et utilise la même recette pour s'imposer dans le segment cloud. Il n'en ira sans doute pas autrement en 2016. Le groupe technologique dispose en tout cas de la force de frappe financière nécessaire, avec 52,3 milliards USD de liquidités et placements à court terme, soit 2,4 USD nets par action. Et avec des cash-flows libres de 11,3 milliards USD, le trésor de guerre grossit d'un trimestre à l'autre. De plus, les dépenses d'investissement sont en baisse parce que les gros investissements dans des centres de données sont presque terminés. Oracle a dépensé 3,25 milliards USD en rachats d'actions propres au cours de la période de 12 mois qui s'est achevée fin décembre. Le groupe a également distribué pour 2,5 milliards USD de dividendes. Au cours actuel, cela correspond à un rendement (brut) d'environ 1,6%. L'évolution de l'action en 2015 montre que la transition vers un nouveau modèle d'affaires ne se déroule pas sans accroc pour Oracle. La croissance promise dans le segment cloud est là, mais elle pèse sur les marges. Les résultats sont également affectés par le dollar fort. Oracle est une entreprise financièrement saine, mais à 4 fois le bénéfice attendu, nous trouvons la valorisation correcte.Conseil : conserver Risque : moyenRating: 2B