Après un rapport trimestriel décevant, Oracle a été sanctionné sévèrement par les investisseurs, ce qui explique qu'actuellement, l'action affiche un rendement négatif sur 2015 (-8%). Oracle enregistre une évolution fluctuante depuis quelque temps, imputable au changement de son modèle d'affaires, où les revenus directs sur la vente classique de produits et services sont sous pression. Ceux-ci sont remplacés par une formule d'abonnement, où les revenus ne sont comptabilisés que sur la durée du contrat. Oracle est devenu un leader de marché grâce aux ventes de banques de données et de logiciels d'entreprise spécifiques. Ces dernières années, les logiciels sont de plus en plus souvent proposés dans ...

Après un rapport trimestriel décevant, Oracle a été sanctionné sévèrement par les investisseurs, ce qui explique qu'actuellement, l'action affiche un rendement négatif sur 2015 (-8%). Oracle enregistre une évolution fluctuante depuis quelque temps, imputable au changement de son modèle d'affaires, où les revenus directs sur la vente classique de produits et services sont sous pression. Ceux-ci sont remplacés par une formule d'abonnement, où les revenus ne sont comptabilisés que sur la durée du contrat. Oracle est devenu un leader de marché grâce aux ventes de banques de données et de logiciels d'entreprise spécifiques. Ces dernières années, les logiciels sont de plus en plus souvent proposés dans le nouveau modèle de cloud par Internet. Sur les trois mois jusqu'au 31 mai, Oracle a enregistré un chiffre d'affaires (CA) de 10,71 milliards USD, ce qui représente 5,4% de moins qu'un an plus tôt et près de 200 millions USD de moins que le consensus. La direction pointe du doigt l'évolution défavorable du dollar (USD). La société réalise l'essentiel de ses revenus sur le marché international et les devises locales valent moins après conversion en USD. A taux de change constants, le CA aurait augmenté, en rythme annuel, de 3%. Le bénéfice net a reculé de près d'un quart, à 2,76 milliards USD ou 0,78 USD par action. Ce chiffre aussi est inférieur au consensus de 0,86 USD par action. Compte tenu des dépenses plus lourdes, la marge opérationnelle s'est effritée de 5%, à 46%. Le repli est le plus marqué dans les activités classiques du groupe. Les ventes de nouvelles licences logicielles se sont repliées en effet de 17%, à 3,14 milliards USD. Ce chiffre est de 275 millions USD inférieur aux prévisions. La part des nouvelles licences dans le CA total a reculé à 29%, contre encore 34% un an plus tôt. Cette tendance est appelée à se poursuivre, même si l'on attend beaucoup du produit Oracle 12c qui, outre des possibilités de traitement de données plus rapide, offre également des fonctionnalités cloud améliorées. Le CA du Matériel (1,4 milliard USD) a également reculé de 4% sur base annuelle. Bien qu'Oracle ait déclaré avoir gagné des parts de marché dans le segment des serveurs, l'environnement du cloud réduit également le besoin de matériel supplémentaire chez les clients. Les actualisations de logiciels et le support représentent toujours 44% du CA. La performance la plus notable est celle des services liés au cloud. Les revenus totaux de ce segment se sont accrus de 29%, à 416 millions USD. Pour l'exercice fiscal à peine entamé, Oracle table sur une croissance moyenne annuelle de 60%, entre 1,5 et 2 milliards USD. Au 4etrimestre, le groupe a écoulé pour 426 millions USD de nouveaux abonnements logiciels, contre 300 millions USD attendus. Il enregistre dès lors une croissance plus rapide que celle de la concurrence. Au trimestre en cours, il voit CA enregistrer une progression d'encore 5 à 8%. Au terme de l'exercice, ses liquidités se montent à 54,4 milliards USD. Oracle verse par ailleurs un dividende trimestriel de 0,15 USD par action (rendement brut de 1,4%).ConclusionLa solide croissance du segment cloud est encourageante mais la croissance du CA ainsi que les marges sont sous pression. La donne ne devrait du reste pas changer au cours des prochains trimestres et le dollar vigoureux représente (temporairement) un contre-courant supplémentaire. A près de 16 fois le bénéfice attendu, son potentiel d'appréciation est, à nos yeux, limité.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B