Les performances boursières du géant de la technologie Oracle ont largement surpassé celles du Nasdaq l'an dernier, mais la situation s'est inversée en 2015. Il faut dire qu'Oracle n'a pas répondu aux attentes au cours du trimestre qui s'est terminé fin février. En cause : une combinaison de plusieurs facteurs, dont l'un des principaux est l'appréciation du dollar (USD). Oracle avait en effet réalisé 56% de son chiffre d'affaires (CA) en dehors des Etats-Unis au cours de l'exercice précédent. Le CA (9,33 milliards USD) est resté à peu près inchangé sur base annuelle (+0,2%) au cours du dernier trimestre. Ce résultat est inférieur aux prévisions des analystes, mais Oracle a également calculé que le CA aurait progressé de 6% à ...

Les performances boursières du géant de la technologie Oracle ont largement surpassé celles du Nasdaq l'an dernier, mais la situation s'est inversée en 2015. Il faut dire qu'Oracle n'a pas répondu aux attentes au cours du trimestre qui s'est terminé fin février. En cause : une combinaison de plusieurs facteurs, dont l'un des principaux est l'appréciation du dollar (USD). Oracle avait en effet réalisé 56% de son chiffre d'affaires (CA) en dehors des Etats-Unis au cours de l'exercice précédent. Le CA (9,33 milliards USD) est resté à peu près inchangé sur base annuelle (+0,2%) au cours du dernier trimestre. Ce résultat est inférieur aux prévisions des analystes, mais Oracle a également calculé que le CA aurait progressé de 6% à taux de change constant. Une performance pas si mauvaise finalement pour le constructeur de logiciels. Oracle doit son succès à la vente de bases de données et de logiciels spécifiques pour entreprises. Mais les évolutions technologiques récentes obligent aujourd'hui l'entreprise à changer de cap, ce n'est pas aussi aisé pour un tel paquebot que pour de petites start-ups. Dans le secteur des logiciels, le modèle d'affaires classique - des entreprises achètent des solutions, et paient ensuite pour des mises à jour et du support technique - est en nette perte de vitesse. Le nouveau modèle cloud permet de proposer les logiciels par l'Internet. Cela signifie notamment que les entreprises louent leurs programmes et que les revenus des fabricants de logiciels comme Oracle sont davantage étalés dans le temps. Oracle est arrivé assez tardivement dans le segment du cloud, mais a rattrapé une grande partie de son retard grâce à des acquisitions. Le groupe en a d'ailleurs été capable grâce à ses cash-flows élevés (cash-flows libres de 13,6 milliards USD au cours du dernier trimestre) et son énorme trésor de guerre : fin février, il détenait 43,8 milliards USD sous la forme de liquidités. Les revenus de licences ont augmenté de 2% à 4,66 milliards USD au cours du trimestre écoulé, soit près de la moitié du CA. Les ventes de nouvelles licences de logiciels ont cependant reculé de 7%. Les performances des départements cloud sont en revanche prometteuses, avec une hausse du CA de 29% sur base annuelle, à 527 millions USD. Ce montant ne représente certes que 6% du CA du groupe, mais aussi plus de 2 milliards USD sur base annuelle, soit deux fois plus qu'en 2014. La marge opérationnelle a baissé d'un peu plus de 2% sur base annuelle, à 42,6%. Oracle est également un fabricant de hardware. Le groupe s'est lancé avec un succès mitigé dans cette activité après l'acquisition de Sun Microsystems en 2010. Le CA provenant du hardware a baissé de 2%, à 1,3 milliard USD, soit près de 14% du CA du groupe. Cependant, le groupe affirme avoir gagné des parts de marché vis-à-vis des concurrents comme Hewlett-Packard et IBM. Oracle a développé du hardware à utiliser en combinaison avec ses propres systèmes de bases de données. En outre, un système spécifique a été introduit pour le marché du stockage. Le dividende trimestriel a été relevé d'un quart, à 15 centimes de dollar par action. Au cours actuel, cela représente un rendement (brut) d'environ 1,4%. Oracle table sur une hausse du CA de 1 à 6% pour le trimestre en cours. ConclusionLe changement de modèle opérationnel ne se déroule pas sans heurts. La croissance du CA et du bénéfice reste pour l'instant limitée, même si certains indices laissent à penser que les choses évoluent favorablement. Les cash-flows élevés et le bilan robuste sont d'autres atouts d'Oracle. A près de 16 fois le bénéfice, la valorisation est correcte. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B