L'industrie du software a traversé plusieurs (r)évolutions importantes ces dernières années, dont la principale a sans doute été l'arrivée des modèles basés sur le cloud. Pendant des décennies, les entreprises ont possédé leur propre infrastructure hardware et y installaient leurs logiciels. Ces logiciels étaient achetés, le fournisseur n'étant ensuite rémunéré que pour les mises à jour et le support réguliers. Dans le système cloud, les logiciels ne sont plus achetés mais loués. Le fournisseur stocke les programmes et les données dans ses propres centres de données, et plus chez le client. Ce dernier peut donc réaliser des économies sur le hardware, ce qui rend le modèle ...

L'industrie du software a traversé plusieurs (r)évolutions importantes ces dernières années, dont la principale a sans doute été l'arrivée des modèles basés sur le cloud. Pendant des décennies, les entreprises ont possédé leur propre infrastructure hardware et y installaient leurs logiciels. Ces logiciels étaient achetés, le fournisseur n'étant ensuite rémunéré que pour les mises à jour et le support réguliers. Dans le système cloud, les logiciels ne sont plus achetés mais loués. Le fournisseur stocke les programmes et les données dans ses propres centres de données, et plus chez le client. Ce dernier peut donc réaliser des économies sur le hardware, ce qui rend le modèle de location moins coûteux dans de nombreux cas. De nombreux constructeurs de logiciels traditionnels ont éprouvé des difficultés à suivre cette évolution et ont été débordés par de plus petites entreprises spécialisées dans le cloud. Oracle est dans ce cas. Avant le dernier rapport, le chiffre d'affaires (CA) était resté en deçà des attentes lors de six des huit derniers trimestres, et cela avait également été le cas du bénéfice dans cinq cas sur huit. Mais une fois n'est pas coutume, Oracle a surpassé les prévisions au cours des trois mois qui se sont terminés le 30 novembre, le deuxième trimestre de l'exercice fiscal du groupe. Le CA du groupe a progressé de 3,5% à 9,6 milliards USD, un montant supérieur de près de 100 millions USD aux prévisions moyennes des analystes. Le bénéfice net (2,5 milliards USD) a certes encore baissé de 2%, mais le bénéfice ajusté par action (0,69 USD) a dépassé les prévisions des analystes d'un centime. Le trimestre écoulé était d'ailleurs le premier depuis 1977 où Oracle n'était pas dirigé par Larry Ellison. Bien entendu, les résultats des activités liées au cloud étaient particulièrement attendus. Des activités qui se sont nettement étendues à la suite de plusieurs acquisitions ces dernières années, ce qui complique considérablement les comparaisons sur base trimestrielle. Le CA provenant des activités purement cloud a ainsi progressé de 45% à 516 millions USD, contre une croissance de 31% au 1er trimestre. Cependant, ces 516 millions USD ne représentent toujours que 5,4% du CA. Le nombre de nouveaux contrats cloud signés a bondi de 140% à 170 millions USD. Oracle se fait fort de franchir le cap du milliard durant l'exercice fiscal 2016. Pour cela, l'entreprise mise en premier lieu sur les clients existants qui délaissent - en totalité ou en partie - le modèle classique au profit du cloud. Entre-temps, les activités classiques du groupe continuent à se tailler la part du lion dans le CA. Les ventes de nouvelles licences logicielles ont baissé de 4% à un peu plus de 2 milliards USD. Les revenus provenant des mises à jour et du support ont progressé de 6%, à 4,77 milliards USD. Ensemble, ces activités pèsent 75% du CA. Le chiffre d'affaires de la division Hardware a progressé de 1%, à 1,3 milliard USD. A cours de change constants, le CA aurait gagné 7%. Le dividende trimestriel reste inchangé à 0,12 USD par action. ConclusionL'action Oracle s'est montrée plus performante que les grands indices de l'an dernier, malgré une croissance particulièrement médiocre. A 15 fois les bénéfices attendus, l'action intègre déjà une poursuite de la croissance des activités liées au cloud. Ce n'est pas le moment d'acheter. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B