Les résultats trimestriels d'Oracle ont été éclipsés par la nouvelle du départ du directeur (CEO) Larry Ellison. Les tâches d'Ellison seront reprises par 2 co-CEO, l'ancien directeur de HP, Mark Hurd, et l'actuel directeur financier Safra Catz. Dans la pratique, ce tandem assurait déjà la gestion opérationnelle d'Oracle depuis 2010. Ellison devient cependant président du conseil d'administration, poste qu'il combinera à celui de Chief Technology Officer. Il ne faut pas attendre de grands bouleversements dans les faits. Ces dernières années n'ont guère été brillantes pour Oracle. L'entreprise éprouve des difficultés à passer d'un modèle opérationnel basé sur les...

Les résultats trimestriels d'Oracle ont été éclipsés par la nouvelle du départ du directeur (CEO) Larry Ellison. Les tâches d'Ellison seront reprises par 2 co-CEO, l'ancien directeur de HP, Mark Hurd, et l'actuel directeur financier Safra Catz. Dans la pratique, ce tandem assurait déjà la gestion opérationnelle d'Oracle depuis 2010. Ellison devient cependant président du conseil d'administration, poste qu'il combinera à celui de Chief Technology Officer. Il ne faut pas attendre de grands bouleversements dans les faits. Ces dernières années n'ont guère été brillantes pour Oracle. L'entreprise éprouve des difficultés à passer d'un modèle opérationnel basé sur les ventes à un modèle dans le cadre duquel les utilisateurs prennent des abonnements sur certains produits, services ou infrastructures (hardware). Ceux-ci sont de plus en plus proposés par le cloud, et ce type d'adaptation structurelle est beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre dans une grande entreprise comme Oracle que dans de petites start-ups. Oracle a tenté de prendre le pouvoir dans le segment cloud à grands coups d'acquisitions, notamment de RightNow Technologies, Taleo, Responsys, Corente, BlueKai et LiveLOOK. Mais la rentabilité est une autre paire de manches. Des concurrents comme Amazon, IBM, Salesforce et Google - pour ne citer que les principaux - exercent une énorme pression sur les marges. L'année 2014 a été décevante avec une croissance d'à peine 3% du chiffre d'affaires (CA), alors que la hausse du bénéfice opérationnel n'a pas dépassé 1%. Le premier trimestre du nouvel exercice fiscal (période de 3 mois jusque fin août) n'a pas apporté d'amélioration. Sur les 8 derniers trimestres, cela fait désormais six fois qu'Oracle n'est pas parvenu à respecter les prévisions moyennes des analystes en matière de CA. Les ventes sont restées scotchées à un peu moins de 8,6 milliards USD, 2,7% de plus qu'il y a un an, mais moins que les 8,78 milliards USD escomptés. Le bénéfice net est resté à peu près inchangé sur base annuelle, à 2,18 milliards USD ou 0,48 USD par action. Le bénéfice net ajusté est cependant inférieur de 2 centimes par action aux prévisions des analystes. Les ventes de nouvelles licences de logiciels, une indication du CA futur provenant des mises à jour et des activités de support, ont reculé de 2% sur base annuelle, à 1,37 milliard USD, et représentent aujourd'hui environ un sixième du CA du groupe. Cette baisse est en partie compensée par une croissance de 30% du CA provenant des services cloud. Mais avec 475 millions USD, ceux-ci ne prennent toujours que 5% du CA du groupe à leur compte. La division Hardware a également déçu avec une baisse du CA de 8% à 1,17 milliard USD. Oracle a racheté pour 2 milliards USD d'actions propres au dernier trimestre et dispose encore d'un budget de 13 milliards USD supplémentaires. Le groupe a versé pour 537 millions USD de dividendes.ConclusionLa transition vers un nouveau modèle opérationnel continue à poser des problèmes à Oracle et aucune amélioration n'est à prévoir à court terme. Certes, le groupe de logiciels reste financièrement sain, et continue à racheter des actions propres ou à verser des dividendes. Mais en l'absence de reprise de la croissance, il n'y a guère de marge en matière de valorisation (C/B attendu de 13).Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B