Avec 40 % du marché, Oracle est depuis longtemps le leader incontesté des logiciels de bases de données, mais peine à s'imposer dans le cloud. Les clients des banques de données prennent plus de temps que prévu à migrer vers une plateforme cloud. Par ailleurs, ils préfèrent les acteurs proposant une offre intégrée infrastructure et logiciels cloud. Le groupe technologique américain perd donc des parts de marché. Autre contretemps, le patron de l'éditeur de logiciels, Mark Hurd, qui en a dirigé précédemment le département des ventes et a joué un rôle important dans la transformation du modèle d'affaires d'Oracle - lequel repose de plus en plus sur le cloud -, est absent pour une période indéterminée en raison de problèmes de santé. Safra Catz, la co...

Avec 40 % du marché, Oracle est depuis longtemps le leader incontesté des logiciels de bases de données, mais peine à s'imposer dans le cloud. Les clients des banques de données prennent plus de temps que prévu à migrer vers une plateforme cloud. Par ailleurs, ils préfèrent les acteurs proposant une offre intégrée infrastructure et logiciels cloud. Le groupe technologique américain perd donc des parts de marché. Autre contretemps, le patron de l'éditeur de logiciels, Mark Hurd, qui en a dirigé précédemment le département des ventes et a joué un rôle important dans la transformation du modèle d'affaires d'Oracle - lequel repose de plus en plus sur le cloud -, est absent pour une période indéterminée en raison de problèmes de santé. Safra Catz, la co-CEO, va donc reprendre toutes ses responsabilités.L'exercice 2020 a commencé en demi-teinte. Au premier trimestre (juin-août), le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice sont restés légèrement inférieurs aux prévisions. Le cash-flow a aussi baissé. Le CA du groupe a atteint 9,22 milliards de dollars (+0,2% en un an); le consensus tablait sur 9,29 milliards de dollars. Comme toutes les entreprises américaines qui réalisent une grande partie de leurs ventes à l'étranger, Oracle a été affecté par la vigueur du dollar. A cours de change constants, le CA aurait progressé de 2%. Au 4e trimestre, les ventes de licences de logiciels ont encore augmenté de 15%, grâce à l'introduction d'une nouvelle norme comptable qui induit un nouveau mode de calcul du CA. Au premier trimestre écoulé, le CA de la division Cloud et On-Premise Software a reculé de 6%. Cloud Services and License Support, qui comprend, outre certaines activités cloud, toutes les mises à jour des licences actuelles et le support associé, a signé une croissance de 2,9%. Le CA de la division Hardware (-10%) et du pôle Services (-3%) est à nouveau en retrait. Le bénéfice net ajusté a reculé de près de 3%, à 2,76 milliards de dollars, mais le bénéfice par action a augmenté de 14%, à 0,81 dollar, uniquement grâce à la réduction du nombre d'actions en circulation. L'an dernier, la hausse des ventes ressortait à 2,7% en glissement annuel à cours de change constants. Il y a quelques mois, Oracle avait annoncé une croissance similaire en 2020, mais la direction n'a pas réitéré ses prévisions après la publication des résultats trimestriels.Au premier trimestre, Oracle a encore racheté pour 5 milliards de dollars d'actions propres: c'est toujours beaucoup, mais moitié moins qu'un an plus tôt. Le nombre de titres en circulation a reculé d'environ 15% sur les quatre derniers trimestres, de 4 milliards à 3,41 milliards. Sur l'exercice 2019, Oracle a consacré 36,3 milliards de dollars au rachat d'actions. Le cash-flow disponible étant nettement inférieur, la position de trésorerie a été largement entamée. L'an dernier, le groupe a affiché une dette nette pour la première fois depuis 2008. Et pourtant, 15 millions supplémentaires ont été affectés au rachat d'actions. Au terme du premier trimestre, Oracle avait encore 35,7 milliards de dollars en caisse. A 54,4 milliards de dollars, son endettement recule légèrement. Oracle est bien meilleur marché que Microsoft et SAP, mais c'est justifié. Le rapport trimestriel et les perspectives imposent un maintien du conseil. La croissance du CA et le bénéfice par action ne sont soutenus que par le rachat d'actions propres, ce qui ne saurait être une stratégie de long terme. Nous recommandons donc d'attendre. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 54,53 dollarsTicker: ORCL USCode ISIN: US68389X1054Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 179 milliards USDC/B 2018: 17,5C/B attendu 2019: 14Perf. cours sur 12 mois: +17%Perf. cours depuis le 01/01: +20%Rendement du dividende: 1,8%