L'éditeur américain de logiciels a terminé l'exercice 2019 sur une note positive. Le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice du dernier trimestre (du 1er mars au 31 mai) ont légèrement dépassé les attentes. Par rapport à l'exercice annuel précédent, le CA du groupe a augmenté de 1,2%, à 11,14 milliards de dollars; le consensus visait 10,93 milliards de dollars. A cours de change constants, la hausse aurait même été de 3,9%, mais la vigueur du dollar a pesé sur les résultats. Le bénéfice net a gagné 14%, à 3,74 milliards de dollars, en un an. Le programme de rachats d'actions a dopé le bénéfice par action (BPA), à 1,07 dollar (0,79 dollar un an auparavant); le consensus tablait sur 0,89 dollar. La moitié environ de la différence s'explique par un taux d'impositi...

L'éditeur américain de logiciels a terminé l'exercice 2019 sur une note positive. Le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice du dernier trimestre (du 1er mars au 31 mai) ont légèrement dépassé les attentes. Par rapport à l'exercice annuel précédent, le CA du groupe a augmenté de 1,2%, à 11,14 milliards de dollars; le consensus visait 10,93 milliards de dollars. A cours de change constants, la hausse aurait même été de 3,9%, mais la vigueur du dollar a pesé sur les résultats. Le bénéfice net a gagné 14%, à 3,74 milliards de dollars, en un an. Le programme de rachats d'actions a dopé le bénéfice par action (BPA), à 1,07 dollar (0,79 dollar un an auparavant); le consensus tablait sur 0,89 dollar. La moitié environ de la différence s'explique par un taux d'imposition plus faible que prévu. Oracle a aussi profité de l'introduction d'une nouvelle norme comptable (ASC 606). La marge bénéficiaire s'est hissée de 46,1 à 47,2% en l'espace d'un an. Les ventes de licences logicielles ont progressé plus rapidement que prévu. Oracle mise certes désormais sur l'activité cloud pour les entreprises, source de revenus récurrents, mais la vente de licences classiques, dans la division Cloud & On-Premise Software, reste pour l'instant essentielle. Cette division a vu progresser son CA de 12% (de 15%, à cours de change constants), à 2,52 milliards de dollars, soit une part de 23% dans le CA consolidé. Cloud Services & License Support (qui regroupe les activités cloud, toutes les mises à niveau de licences existantes et le support y afférent) demeure le plus gros contributeur au CA (61 % des ventes du groupe). Le CA consolidé est resté stable, mais à cours de change constants, il aurait progressé de 3%, en un an. Les recettes des divisions matériel et services ont reculé, respectivement de 11% et de 7%. Sur l'ensemble de l'exercice, la croissance organique atteint 2,7% à cours de change constants. Oracle table sur une accélération de celle-ci au cours du nouvel exercice entamé, mais la hausse ne dépassera pas 1-3% au premier trimestre. Entre mars et mai, l'éditeur a racheté 112 millions de ses actions, pour un total de 6,25 milliards de dollars. C'est moins qu'au cours des neuf mois précédents (10 milliards de dollars par trimestre). Le montant total racheté (36,3 milliards de dollars) durant l'exercice n'en reste pas moins impressionnant. Au cours des 12 derniers mois, le nombre d'actions en circulation a diminué de 16%, ce qui a eu un effet favorable sur le BPA; les rachats massifs ont toutefois altéré la santé financière du groupe, qui affiche une dette nette (de près de 18,4 milliards de dollars) pour la première fois depuis 2008. Cette situation n'est néanmoins pas inquiétante en soi, dans la mesure où Oracle produit plus de 10 milliards de dollars de cash-flow disponible. La dette nette restreint toutefois la force de frappe de l'éditeur pour de nouveaux rachats et pose également les limites de l'ingénierie financière pratiquée par le groupe. Le dividende, qui avait été relevé après le troisième trimestre, est maintenu à 0,24 dollar par action.Sur le plan opérationnel, Oracle affiche des résultats conformes aux attentes. Toutefois, au vu de la valorisation du titre, les prévisions de croissance nous semblent trop faibles pour justifier un investissement. La croissance du BPA est gonflée artificiellement par les rachats massifs d'actions, qui ont certes soutenu le cours du titre à brève échéance mais ne sauraient durer en raison de la dégradation de la trésorerie. Nous conseillons donc de conserver le titre. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 59,6 dollarsTicker: ORCL USCode ISIN: US68389X1054Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 198,8 milliards USDC/B 2018: 19,8C/B attendu 2019: 15,3Perf. cours sur 12 mois: +28,9%Perf. cours depuis le 01/01: +32%Rendement du dividende: 1,6%