On attendait avec impatience le trading update du premier trimestre d'Ontex après les prévisions très prudentes pour cette année annoncées en marge de la publication des chiffres annuels 2015. Finalement ces résultats étaient honorables, avec une hausse du chiffre d'affaires (CA) de 6,4%, supérieure au consensus des analystes de +4,9% et à la hausse de 4,5% du CA pour l'exercice 2015. La croissance organique s'est cependant limitée à 1%, mais ce chiffre aussi est légèrement supérieur à l'estimation moyenne des analystes, de +0,7%. Les taux de change ont eu un impact négatif de 3,1%. Le groupe mexicain racheté l'an dernier, Grupo Mabe, a contribué au CA à hauteur de 33,8millions EUR. Pour le numé...

On attendait avec impatience le trading update du premier trimestre d'Ontex après les prévisions très prudentes pour cette année annoncées en marge de la publication des chiffres annuels 2015. Finalement ces résultats étaient honorables, avec une hausse du chiffre d'affaires (CA) de 6,4%, supérieure au consensus des analystes de +4,9% et à la hausse de 4,5% du CA pour l'exercice 2015. La croissance organique s'est cependant limitée à 1%, mais ce chiffre aussi est légèrement supérieur à l'estimation moyenne des analystes, de +0,7%. Les taux de change ont eu un impact négatif de 3,1%. Le groupe mexicain racheté l'an dernier, Grupo Mabe, a contribué au CA à hauteur de 33,8millions EUR. Pour le numéro deux de son secteur au Mexique, Ontex a déboursé 314millions EUR, essentiellement en espèces (187millions EUR), mais aussi en actions Ontex (76millions), et repris 52millions EUR de dettes. Grupo Mabe vend 60% des produits au Mexique, le cinquième marché mondial des articles hygiéniques jetables. Le reste est principalement réparti sur le continent américain, y compris aux États-Unis, où il occupe une position enviable. Cette acquisition permettra au groupe de réduire son accent sur l'Europe occidentale. Le REBITDA (cash-flow opérationnel sur les activités ordinaires) a totalisé 57millions EUR sur les trois premiers mois. Ce chiffre aussi est supérieur au consensus de 54,1millions EUR et suggère une amélioration de la rentabilité, à une marge de REBITDA de 12,6% (12,4% en 2015). Le groupe flamand Ontex, fondé par la famille Van Malderen, est revenu en Bourse en juin 2014. Jusqu'à récemment, il pouvait se targuer d'un parcours sans fautes, avec une hausse de cours portant sa capitalisation à plus de 2milliards EUR, qui lui a valu une intégration à l'indice Bel20. Des résultats 2015 décevants et des perspectives 2016 en demi-teinte ont cependant ramené le cours quelque 20% sous son sommet historique de 2015. Ontex est un grand producteur de produits d'hygiène personnelle pour les bébés (langes), les femmes (tampons) et les séniors (produits de protection contre l'incontinence). Sa réintroduction en Bourse _ Ontex avait déjà été cotée entre 1998 et 2003 _ a aidé le groupe à alléger sa lourde charge de dette et à repartir sur la voie de la croissance externe (position d'endettement nette de 701millions EUR au 31mars). Un premier pôle de croissance important repose sur l'utilisation accrue de produits hygiéniques jetables dans les pays émergents, outre le potentiel de croissance lié à l'incontinence, compte tenu de l'espérance de vie croissante de la population en Europe occidentale et de la pénétration de ce type de produits. Récemment, le marché a appris qu'Ontex s'était vu infliger une amende de 5,15millions EUR en Espagne pour avoir violé les législations espagnole et européenne sur la concurrence. L'amende a été contestée et une procédure d'appel sera probablement entamée. À 16,5fois le bénéfice escompté pour cette année et sur la base d'un rapport attendu entre la valeur d'entreprise (EV) et le cash-flow opérationnel (EBITDA) de 10 pour 2016, l'action n'est pas vraiment bon marché.ConclusionDepuis sa réintroduction en Bourse, Ontex a confirmé son statut de valeur de croissance et réalisé une acquisition stratégiquement importante dans les pays émergents. Le premier trimestre est globalement satisfaisant, vu les prévisions prudentes de l'entreprise même. Ainsi GBL a-t-il récemment renforcé sa participation à 15%.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B