Esther Berrozpe, qui dirige Ontex depuis janvier, a dû ajuster le plan censé remettre le producteur de solutions d'hygiène personnelle pour bébés (langes), femmes (tampons) et séniors (produits pour incontinents) sur les rails. Car pour atteindre les objectifs fixés pour 2023, parmi lesquels une marge d'Ebitda (cash-flow opérationnel/chiffre d'affaires) comprise entre 12,5 et 13,5, les mesures initialement arrêtées ne suffiront pas. Baptisée New Ontex, la version présentée le 15 décembre revient en définitive à prôner un retour à la situation qui prévalait avant que l'ex-direction ne prenne les initiatives (développement de marques propres et installation en Amérique latine) qui avaient endetté davantage le groupe et nui à sa rentabilité.
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Esther Berrozpe, qui dirige Ontex depuis janvier, a dû ajuster le plan censé remettre le producteur de solutions d'hygiène personnelle pour bébés (langes), femmes (tampons) et séniors (produits pour incontinents) sur les rails. Car pour atteindre les objectifs fixés pour 2023, parmi lesquels une marge d'Ebitda (cash-flow opérationnel/chiffre d'affaires) comprise entre 12,5 et 13,5, les mesures initialement arrêtées ne suffiront pas. Baptisée New Ontex, la version présentée le 15 décembre revient en définitive à prôner un retour à la situation qui prévalait avant que l'ex-direction ne prenne les initiatives (développement de marques propres et installation en Amérique latine) qui avaient endetté davantage le groupe et nui à sa rentabilité. On peut reprocher à New Ontex son manque d'ambition (repli sur les marques de distributeur ainsi que sur l'Europe et l'Amérique du Nord), mais nous y voyons surtout le retour très attendu à une politique pragmatique et réaliste, qui énonce clairement de quoi devraient être faites les prochaines années. Certes, la chute du cours est sans doute due au nouvel avertissement sur les résultats. Le groupe souffre du ralentissement des chaînes d'approvisionnement et de l'explosion des prix des matières premières, que la faiblesse de sa structure et de sa position concurrentielle ne lui permet pas, ou pas assez, de répercuter sur les acheteurs. A l'issue du 3e trimestre, la direction avait annoncé pour l'exercice un recul de 1% du chiffre d'affaires (CA) à périmètre comparable, et une marge d'Ebitda ajusté de 9% environ (9,4% après neuf mois): malgré les économies de coûts de 75 millions d'euros brut (60 millions net) escomptées, ces chiffres ne dépassent désormais plus -1,5% et 8,5% respectivement. Ontex avait achevé le 3e trimestre sur une augmentation de 0,9%, à 512,3 millions d'euros, de son CA à périmètre comparable (507,9 millions au 3e trimestre de 2020). La légère contraction des volumes (-0,9 %) avait été compensée par l'effet prix/assortiment (+0,9%) et par l'effet de change (+0,9%). Malgré les retards d'approvisionnement, le CA avait augmenté de 2% entre le 2e et le 3e trimestre, mais il était demeuré de 0,9% inférieur au consensus, arrêté à 516,9 millions d'euros. L'Ebitda ajusté avait chuté à 40 millions d'euros (-29,9%) au 3e trimestre (57,1 millions un an plus tôt). Cette diminution plus marquée de l'Ebitda que du CA s'est traduite par un passage de 11,3% à 7,8 % de la marge d'Ebitda (-350 points de base), alors que le consensus misait sur un Ebitda de 44,3 millions et une marge de 8,6%. Les prix des matières premières ont pesé à raison de 28 millions d'euros sur l'Ebitda au 3e trimestre, balayant les 12 millions d'euros d'économies de coûts supplémentaires réalisées sur cette même période (42 millions d'euros après neuf mois, en bonne voie pour atteindre les 60 millions prévus pour l'exercice). La dette financière nette a beau s'être allégée de 11 millions d'euros (-1,3%), à 837 millions d'euros, par rapport à fin 2020, la dégringolade de l'Ebitda récurrent a fait passer le taux d'endettement (dette financière nette/Rebitda) de 3,6 à l'époque à 4,3 fin septembre. Le ratio redeviendra inférieur à 3 d'ici à 2023, pour autant, naturellement, que le plan fonctionne; les 81 millions d'euros payés le 1er octobre par les anciens propriétaires de la chaîne brésilienne Hypermarcas lui ont heureusement permis de repasser sous la barre de 4 (3,9). Les résultats ont été accueillis par ce qui nous semble être une ultime vague de ventes en réaction à la mauvaise nouvelle de trop. Mais, comme nous le disions hier, les perspectives désormais plus claires nous font dire que contrairement à ce que pense le marché, Ontex est loin d'être un cas désespéré. Nous voyons dans l'action une excellente opportunité, une candidate parfaite, voire la meilleure, au redressement d'ici à 2023. Nous augmentons donc notre position dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 7,02 eurosTicker: ONTEX BBCode ISIN: BE0974276082Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 578,1 millions EURC/B 2020: 10C/B attendu 2021: 12Perf. cours sur 12 mois: -34%Perf. cours depuis le 01/01: -36%Rendement du dividende: -