Charles Bouaziz n'aura pas survécu à l'échec qu'a constitué jusqu'ici le retour d'Ontex en Bourse. L'offre opportuniste du fonds de private equity français PAI Partners avait été jugée trop chiche, or le cours n'a cessé de reculer depuis. En cause: le fonds spéculatif ENA (deuxième actionnaire d'Ontex, derrière GBL), qui réclame depuis le début de l'année des mesures destinées à soutenir croissance et rentabilité et à qui le gestionnaire d'actifs français CIAM fait désormais chorus. Compte tenu de la grogne croissante des autres actionnaires, GBL a admis que maintenir Charles Bouaziz dans ses fonctions était impossible. La réflexion aura ceci dit pris du temps car le cour...

Charles Bouaziz n'aura pas survécu à l'échec qu'a constitué jusqu'ici le retour d'Ontex en Bourse. L'offre opportuniste du fonds de private equity français PAI Partners avait été jugée trop chiche, or le cours n'a cessé de reculer depuis. En cause: le fonds spéculatif ENA (deuxième actionnaire d'Ontex, derrière GBL), qui réclame depuis le début de l'année des mesures destinées à soutenir croissance et rentabilité et à qui le gestionnaire d'actifs français CIAM fait désormais chorus. Compte tenu de la grogne croissante des autres actionnaires, GBL a admis que maintenir Charles Bouaziz dans ses fonctions était impossible. La réflexion aura ceci dit pris du temps car le cours avait chuté en mai 2019 déjà, après la présentation du plan T2G (Transform to Grow), censé offrir une solution au malaise régnant et permettre au producteur de solutions d'hygiène personnelle de rebondir après l'offre de PAI Partners. Si l'on ne tient compte que des résultats des trois derniers trimestres, pourtant, le changement de CEO paraît incompréhensible. Les résultats opérationnels sont orientés à la hausse pour la troisième fois d'affilée et la marge bénéficiaire remonte depuis le 4e trimestre de 2019. Certes, le chiffre d'affaires (CA) à périmètre comparable s'est tassé de 10,5% au 2e trimestre (+6,8%, au premier), à 508,5 millions d'euros; le CA publié cède même 15,6%, à 479,2 millions d'euros (consensus: 478,3 millions). Mais au 1er semestre, la perte de CA à périmètre comparable n'a pas dépassé 2%, celle de CA publié, 5,5% (de 1,114 à 1,053 milliard d'euros). Et tout comme au trimestre précédent, l'amélioration de la rentabilité, surtout, surprend. A cours de change constants, le cash-flow d'exploitation courant (Rebitda) s'est envolé de 36,4%, de 58,1 à 79,2 millions d'euros, au 2e trimestre, portant de 10,2% à 15,6% la marge de Rebitda. Si nous tenons compte des fluctuations de change, nous obtenons un gain de 3,1% (de 58,1 à 59,9 millions d'euros; consensus: 49,9 millions), soit un passage de 10,2% à 12,5% de la marge de Rebitda (consensus: 10,4%). Pour le 1er semestre, le Rebitda s'établit à 125,9 millions d'euros (111 millions, un an plus tôt), et la marge de Rebitda passe de 10% à 12%. La baisse des prix des matières premières conjuguée à la mise en oeuvre de T2G commence à porter ses fruits. L'amélioration de la rentabilité a également permis de faire reculer de 898,7 millions d'euros fin juin 2019 à 853,4 millions fin juin 2020 l'endettement net, et de 3,71 à 3,28 le taux d'endettement. Malgré la crise sanitaire, cela fait trois trimestres déjà que la marge opérationnelle s'améliore. Les actionnaires peuvent légitimement espérer que le pire est passé. ENA continue à réclamer un resserrement de la stratégie et à exiger un plan T2G plus ambitieux. L'arrivée d'un nouveau CEO rend réelles les chances de succès. A 0,8 fois la valeur comptable et 10 fois le bénéfice escompté en cette année plus que chahutée, l'action est (très) faiblement valorisée et compte au nombre des titres les plus prometteurs sur Euronext Bruxelles. Nous envisageons de l'intégrer dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 11,66 eurosTicker: ONTEX BBCode ISIN: BE0974276082Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 960 millions EURC/B 2019: 13,5C/B attendu 2020: 9,5Perf. cours sur 12 mois: -14%Perf. cours depuis le 01/01: -38%Rendement du dividende: -