Il y a des années qu'on aimerait vite oublier. Pour l'armateur de pétroliers anversois Euronav, 2021 en est une. Même le 4e trimestre, qui d'ordinaire compense l'éventuelle faiblesse des trois précédents, la demande de pétrole croissant l'hiver dans l'hémisphère Nord, n'a pas été terrible.
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Il y a des années qu'on aimerait vite oublier. Pour l'armateur de pétroliers anversois Euronav, 2021 en est une. Même le 4e trimestre, qui d'ordinaire compense l'éventuelle faiblesse des trois précédents, la demande de pétrole croissant l'hiver dans l'hémisphère Nord, n'a pas été terrible. Le tarif de location moyen des VLCC, navires d'une capacité de 320.000 tonnes, s'est établi à 12.500 dollars par jour durant le 4e trimestre, un niveau qui ne dépasse que de trop peu le tarif moyen du 3e trimestre (9.000 dollars). Une amélioration s'était fait sentir à compter d'octobre mais elle a été de courte durée: le variant Omicron est arrivé mi-novembre. Au 4e trimestre de 2020, alors que le contexte n'était pas beaucoup plus favorable, le tarif journalier moyen s'était tout de même établi à 20.500 dollars. Les Suezmax, de plus petits pétroliers, d'une capacité de 150.000 à 165.000 tonnes, se sont loués à un tarif journalier moyen de 11.300 dollars au dernier trimestre de 2021 (10.250 dollars au trimestre précédent et 12.300 dollars au 4e trimestre de 2020). A 117,4 millions de dollars, le chiffre d'affaires (CA) s'est inscrit en repli de 12,5% en glissement annuel. Sur l'exercice intégral, il s'est élevé à 419,8 millions de dollars, soit une contraction de pas moins de 65,3% par rapport à 2020 (1,21 milliard)! Euronav a fait état d'une perte nette de 72,6 millions de dollars au 4e trimestre et de 339,2 millions sur l'ensemble de l'année. En 2020, le bénéfice net avait été historiquement élevé, à 473,2 millions. Omicron a donc joué les trouble-fête, mais le redressement des tarifs n'est que différé. Premier élément qui le laisse penser: la demande de pétrole devrait croître de 4,6 millions de barils par jour, à plus de 100 millions d'unités, soit le niveau d'avant la pandémie. Or, pour transporter un million de tonnes de pétrole supplémentaire par jour, la capacité de 30 VLCC est requise. En outre, les réserves mondiales d'or noir sont revenues à leur faible niveau de 2014 en août dernier. Mais l'évolution attendue de la flotte mondiale de VLCC convainc encore plus que la reprise est pour bientôt. Fin 2021, on recensait 847 VLCC en service, et cette année, 45 nouveaux pétroliers seront livrés. La flotte est cependant vieillissante (âge moyen de 10,5 ans, le plus élevé depuis 2001) et surtout, les commandes de VLCC et de Suezmax sont à un niveau historiquement bas, alors que les chantiers navals sont presque entièrement réservés jusque fin 2024 en raison de l'essor de segments tels les conteneurs ou le vrac sec. La conjonction de ces éléments devrait entraîner un redressement durable des tarifs à compter du 2e semestre de 2022. Le 1er trimestre ne s'annonce pas exceptionnel: 43% et 45% de la capacité des VLCC et des Suezmax respectivement devraient être réservés à un tarif journalier de 12.500 dollars. L'armateur a par ailleurs annoncé qu'il modifierait prochainement le mode de calcul de l'amortissement de ses pétroliers. La nouvelle méthode aura pour avantages de réduire les charges d'amortissement de 100 millions de dollars cette année (344,9 millions, en 2021) et de lisser les futures plus-values sur les ventes de pétroliers très anciens. Après la baisse du cours de ces derniers mois, nous avons récemment relevé notre conseil à "acheter". En dépit de la faiblesse des chiffres annuels, l'action s'est très modestement appréciée; elle intègre quelque peu les jours meilleurs, attendus dans la deuxième partie de l'année. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 7,63 eurosTicker: EURN BBCode ISIN: BE0003816338 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,68 milliard EURC/B 2021: -C/B attendu 2022: 76Perf. cours sur 12 mois: +14%Perf. cours depuis le 01/01: -5%Rendement du dividende: 1,4%