Après un quart de siècle environ, la carrière boursière de Resilux pourrait bien toucher à sa fin. Fort d'une part de marché proche de 8% en Europe, le producteur de bouteilles et de préformes en PET talonne le leader absolu du secteur. Il s'était offert, à l'automne 2017, un pôle de croissance dans le recyclage de PET en acquérant, à de bonnes conditions, le suisse Signode Industrial Group, mieux connu sous le nom de Poly Recycling. Une excellente intuition, puisqu'une authentique bataille pour les déchets de bouteilles fait désormais rage - le PET est le plastique qui s...

Après un quart de siècle environ, la carrière boursière de Resilux pourrait bien toucher à sa fin. Fort d'une part de marché proche de 8% en Europe, le producteur de bouteilles et de préformes en PET talonne le leader absolu du secteur. Il s'était offert, à l'automne 2017, un pôle de croissance dans le recyclage de PET en acquérant, à de bonnes conditions, le suisse Signode Industrial Group, mieux connu sous le nom de Poly Recycling. Une excellente intuition, puisqu'une authentique bataille pour les déchets de bouteilles fait désormais rage - le PET est le plastique qui se recycle le mieux.Tout cela n'a pas échappé au Ouest-flandrien Patrick Vanhalst, dont la société Quva va lancer, avec l'aval de la famille De Cuyper, une offre amicale de 471 millions d'euros, soit 235 euros par action, soit encore une prime de 39% par rapport au cours qui a précédé l'annonce. L'offre correspond à un ratio valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (Ebitda) escompté de 9, ce qui est parfaitement conforme aux valorisations constatées lors des (rares) transactions dans le secteur. Resilux s'est toujours échangée moyennant une décote significative (7 à 7,5 fois le rapport EV/Ebitda) par rapport à ses concurrentes, en raison des 57% de participation détenus par la famille De Cuyper et de la liquidité limitée de l'action que cela entraîne, tuant dans l'oeuf tout intérêt international. En 2017, l'investisseur en capital-risque Bain Capital avait fait offre conditionnelle à 195 euros par action, avant de renoncer.Resilux avait achevé la période janvier-juin sur un Ebitda record de 28,3 millions d'euros, soit 10,4% de plus que les 25,6 millions enregistrés un an plus tôt. D'une manière générale, ses résultats sont soutenus par la demande croissante de matériaux de recyclage, dans le contexte de l'économie circulaire. Sa propre production de PET recyclé a aidé l'entreprise à améliorer son intégration verticale. La stabilité des amortissements explique l'augmentation, de 15,7 millions à 18,3 millions d'euros (+16,1%), du bénéfice opérationnel (Ebit). Le résultat net est passé de 10,9 à 13,8 millions d'euros, soit un bond de 26,2%, et le bénéfice, de 5,45 à 6,88 euros par action.Resilux s'échange traditionnellement à 7-7,5 fois le rapport EV/Ebitda et 13-14 fois le rapport cours/bénéfice escomptés. L'offre soutenue par la famille De Cuyper, qui prendrait une participation de 15% dans l'acquéreur et resterait 12 à 24 mois encore à bord, nous paraît honnête. Nous abaissons la note et n'excluons pas de vendre d'une manière anticipée si d'autres opportunités se présentaient. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2A Cours: 227 eurosTicker: RES BBCode ISIN: BE0003707214Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 459,7 millions EURC/B 2020: 22C/B attendu 2021: 19Perf. cours sur 12 mois: +58%Perf. cours depuis le 01/01: +56%Rendement du dividende: 1,7%