Les résultats semestriels du groupe belge minier et multimétaux offrent un tableau mitigé. D'une part le résultat de la transformation des métaux est supérieur aux prévisions : la production de zinc a totalisé 560.000 tonnes, soit 1% de mieux que l'an dernier et un chiffre dans le haut de la fourchette des prévisions 2015 de 1 à 1,1 million de tonnes. Du reste, le cash-flow opérationnel (EBITDA) s'est accru de 69%, à 183 millions EUR, conséquence de l'accroissement de la production, de l'augmentation de 4% du prix du zinc (2134 USD la tonne, récemment retombé en dessous de 2000 USD la tonne), de la progression de 10% des prix du traitement du zinc et de la hausse de 18% du dollar américain face à l'euro. La conversion de l'us...

Les résultats semestriels du groupe belge minier et multimétaux offrent un tableau mitigé. D'une part le résultat de la transformation des métaux est supérieur aux prévisions : la production de zinc a totalisé 560.000 tonnes, soit 1% de mieux que l'an dernier et un chiffre dans le haut de la fourchette des prévisions 2015 de 1 à 1,1 million de tonnes. Du reste, le cash-flow opérationnel (EBITDA) s'est accru de 69%, à 183 millions EUR, conséquence de l'accroissement de la production, de l'augmentation de 4% du prix du zinc (2134 USD la tonne, récemment retombé en dessous de 2000 USD la tonne), de la progression de 10% des prix du traitement du zinc et de la hausse de 18% du dollar américain face à l'euro. La conversion de l'usine de transformation de zinc à Port Pirie, en Australie, en unité de transformation multimétaux de haute technologie - budget total de 338 millions EUR, dont 200 à 220 millions EUR en 2015 et 69 millions EUR au 1er semestre - évolue comme prévu : elle sera terminée en 2016. Dans le cadre des 25 projets d'amélioration de la transformation de métaux (budget total de 265 millions EUR, dont 35 à 45 millions EUR en 2015, contre initialement 70 à 90 millions EUR), Nyrstar s'est assuré récemment un financement de 20 millions EUR pour l'exécution de travaux d'amélioration dans la fonderie d'Hobart (Australie). D'autre part, les faibles résultats de la division Construction minière sont à nouveau une déception. La production de concentré de zinc a reculé au 1er semestre de 140.000 tonnes à 127.000 tonnes (-9%), conséquence de l'arrêt de la production depuis janvier de la mine de Campo Morado (Mexique) en raison de perturbations de nature sociale, et depuis mai de la mine Myra Falls (Canada), pour des problèmes d'ordre opérationnel, qui doivent être résolus de manière structurelle. Le bénéfice brut a quant à lui reculé de 5%, à 197 millions EUR, et l'EBITDA de 77%, à un maigre 6 millions EUR. Au niveau du groupe, l'EBITDA s'est accru de 53%, à 168 millions EUR. Les problèmes de sécurité rencontrés au niveau de Campo Morado sont à ce point sérieux que Nyrstar a décidé d'amortir la totalité de la valeur comptable de la mine - 376 millions EUR avant impôts. La société met cependant tout en oeuvre pour la relancer, au plus tôt en 2016. Les problèmes de nature opérationnelle de Myra Falls sont traités en profondeur (dont coût : 25 millions EUR en 2015), et le redémarrage est attendu au plus tôt à partir du 4etrimestre 2016. Ces facteurs combinés à quelques autres amortissements plus réduits au niveau d'autres mines ont donné lieu à l'érosion de pas moins de 40% ou 418 millions EUR de la valeur comptable de la division minière au niveau du bilan. Nyrstar fait donc place neuve avec l'héritage du précédent directeur Roland Junck, qui sera remplacé à partir du mois d'août par Bill Scotting, spécialiste du secteur minier provenant de chez Arcelor Mittal. Les amortissements dans la division minière ont contraint Nyrstar à accuser une perte nette de 250 millions EUR ou 0,76 EUR par action. Pour cette raison notamment, la dette nette s'est alourdie fin décembre, de 438 millions EUR ou 1,6 fois l'EBITDA, à 667 millions EUR ou 2 fois l'EBITDA fin juin. ConclusionL'action Nyrstar a réagi négativement aux résultats semestriels. La désignation de Scotting démontre que Nyrstar n'abandonne pas sa division minière. Dans un contexte de faibles prix des matières premières, le défi est majeur, mais la pénurie proche du marché du zinc, le dollar américain vigoureux, l'accent opérationnel plus prononcé et la valorisation acceptable nous incitent à conseiller la valeur à l'achat.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C