Après une année 2014 extrêmement mouvementée, les choses se sont quelque peu calmées autour du groupe minier et multimétaux belge Nyrstar. L'énorme opération de financement de 600 millions EUR en septembre 2014 et le départ du directeur Roland Junck lui ont permis de regagner la confiance des marchés. Nous avions assorti Nyrstar d'un conseil d'achat après l'opération de recapitalisation. Nous l'avions cependant ramenée à " conserver " au début de l'année parce que nous estimions que le marché avait excessivement anticipé l'amélioration des perspectives. Outre le bilan consolidé et le programme d'économies réalisé avec succès (75 millions EUR), l'optimisme repose sur plusieurs éléments. Tout d'abord, Nyrstar est ...

Après une année 2014 extrêmement mouvementée, les choses se sont quelque peu calmées autour du groupe minier et multimétaux belge Nyrstar. L'énorme opération de financement de 600 millions EUR en septembre 2014 et le départ du directeur Roland Junck lui ont permis de regagner la confiance des marchés. Nous avions assorti Nyrstar d'un conseil d'achat après l'opération de recapitalisation. Nous l'avions cependant ramenée à " conserver " au début de l'année parce que nous estimions que le marché avait excessivement anticipé l'amélioration des perspectives. Outre le bilan consolidé et le programme d'économies réalisé avec succès (75 millions EUR), l'optimisme repose sur plusieurs éléments. Tout d'abord, Nyrstar est en train de mettre en oeuvre un total de 25 projets d'amélioration dans la division Transformation des métaux (budget total : 265 millions EUR, dont 200 millions EUR financés). Dans un rapport intermédiaire sur le premier trimestre, Nyrstar a annoncé un étalement des investissements sur une plus longue période, ce qui entraînera une réduction du budget d'entre 70 et 90 millions EUR à entre 35 et 45 millions EUR pour 2015. Le budget lié à la transformation de l'usine de traitement du zinc de Port Pirie en Australie en une unité de transformation multimétaux de haute technologie reste inchangé à 338 millions EUR, dont 200 à 220 millions EUR en 2015. Les travaux avancent conformément au calendrier établi et la réception reste fixée à 2016. Un autre élément très positif pour Nyrstar est l'appréciation du dollar américain (USD). Toute hausse de 10% de l'USD accroît les cash-flows opérationnels (EBITDA) de 130 millions EUR. Enfin, il y a les fondamentaux positifs pour le prix du zinc, la plupart des observateurs du marché tablant sur un déficit en 2016 et en 2017. D'une part, plusieurs mines vont fermer, en particulier la mine de zinc de Century en Australie. D'autre part, le cours actuel de 2000 USD la tonne est trop bas pour développer suffisamment de nouvelles capacités de production, alors que la demande, sous l'impulsion de la Chine, reste en croissance structurelle (+27% sur la période 2014 à 2020). La situation reste très difficile dans la division minière. La production de zinc en concentré a baissé de 8% à 67.000 tonnes au 1er trimestre, une conséquence de l'arrêt temporaire de Campo Morado (Mexique; troubles sociaux) et de Myra Falls (Canada; réparation après des problèmes opérationnels). Les prévisions en matière de production annuelle ont été abaissées d'une fourchette de 280.000 à 300.000 tonnes, à une fourchette de 240.000 à 260.000 tonnes. La nouvelle direction veut s'attaquer au fond du problème et ne conserver à terme que les mines rentables. Une première option de vente a déjà été signée pour la mine de Coricancha au Pérou. L'appréciation de l'USD, l'augmentation des primes sur la transformation du zinc et une production stable de zinc métallique (278.000 tonnes) ont donné lieu au 1er trimestre à un chiffre d'affaires de 791 millions EUR (+25%) et un cash-flow opérationnel (EBITDA) de 68 millions EUR (+113%). Nyrstar a aisément refinancé une facilité de crédit structuré de 400 millions EUR, avec possibilité d'extension à 750 millions EUR au maximum.ConclusionL'action Nyrstar a perdu près de 20% depuis le pic d'avril. A nos yeux, cette correction est suffisante pour relever l'avis. L'action n'est pas chère avec une valeur d'entreprise (EV) correspondant à 3,7 fois l'EBITDA, à 1,15 fois la valeur comptable et à un rapport cours/bénéfice attendu de 20 pour 2015 et 6,3 pour 2016. Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C