L'année dernière a été mouvementée pour l'entreprise minière et multimétal belge Nyrstar. Bien que la direction ait longtemps nié l'évidence, une lourde opération de financement s'est finalement avérée inévitable. Nyrstar a donc profité du rebond intervenu l'été dernier - dans le sillage de la hausse du cours du zinc - pour récolter un total de 600 millions EUR en septembre. Le nombre d'actions en circulation a ainsi doublé, passant de 170 à 340 millions : un coup dur pour les actionnaires, qui avaient déjà subi d'énormes pertes ces dernières années. Mais c'est surtout le taux très élevé - 8,9% - consenti sur l'émission d'une obligation à cinq ans pour 350 millions EUR qui a fait froncer les so...

L'année dernière a été mouvementée pour l'entreprise minière et multimétal belge Nyrstar. Bien que la direction ait longtemps nié l'évidence, une lourde opération de financement s'est finalement avérée inévitable. Nyrstar a donc profité du rebond intervenu l'été dernier - dans le sillage de la hausse du cours du zinc - pour récolter un total de 600 millions EUR en septembre. Le nombre d'actions en circulation a ainsi doublé, passant de 170 à 340 millions : un coup dur pour les actionnaires, qui avaient déjà subi d'énormes pertes ces dernières années. Mais c'est surtout le taux très élevé - 8,9% - consenti sur l'émission d'une obligation à cinq ans pour 350 millions EUR qui a fait froncer les sourcils. Et lorsque le groupe minier finlandais Talvivaara - avec lequel Nyrstar avait conclu un contrat d'achat de zinc d'une valeur de 335 millions USD en 2010 - a demandé la faillite début novembre, la position du directeur (CEO) Roland Junck était devenue intenable. Roland Junck était le grand architecte de la transformation stratégique opérée depuis 2010 et des investissements massifs dans l'intégration verticale par le rachat de mines. Or ces mines ont été acquises au prix fort, et Nyrstar a déjà acté pour plus de 200 millions EUR de dépréciations sur ces investissements depuis. Après l'opération de financement, Nyrstar, désormais sous l'égide du directeur ad intérim Heinz Eigner (directeur financier depuis des années), doit se concentrer sur l'amélioration des opérations minières et la mise en oeuvre de l'évaluation stratégique du département Transformation des métaux (coût total : 250 millions EUR). L'objectif final est d'accroître la valeur extraite des matériaux provenant des mines de zinc et des résidus des fonderies de zinc à partir de 2017. Le troisième volet - le plus important : 291 millions AUD, par le biais d'investisseurs institutionnels et avec des garanties de l'Etat australien - du financement doit être finalisé dans le courant du premier semestre. Il concerne la transformation du site australien de Port Pirie en une unité de transformation multimétal à la pointe de la technologie (coût total : 338 millions EUR). La semaine dernière, Nyrstar a annoncé le rachat du contrat de streaming d'argent conclu avec Silver Wheaton (SLW) pour la mine de Campo Morado au Mexique, le tout pour un montant de 25 millions USD. Ce contrat imposait à Nyrstar de livrer 75% de l'argent produit à SLW à 4,02 USD l'once (alors que le prix de marché s'élève actuellement à 16 USD l'once). Un joli coup pour Nyrstar, d'autant que l'opération efface du bilan une obligation de livraison d'une valeur de 80 millions USD. De manière générale, le cours du zinc devrait être soutenu par la fermeture de plusieurs grandes mines au cours des années à avenir. De plus, l'appréciation du dollar américain profite au groupe. Une opinion que semble d'ailleurs partager le trader matières premières Trafigura, comme en témoigne le rachat de 15% des actions en circulation ces derniers mois. ConclusionNous abaissons le conseil sur l'action après son bond de plus de 35% depuis l'augmentation de capital - qui nous avait d'ailleurs incité à relever immédiatement ce conseil. Nous ne prévoyons cependant pas de forte correction. Notre opinion reste positive à plus long terme, notamment en raison des fondamentaux favorables du zinc, de la hausse du dollar et des prémices d'un regain de confiance parmi les investisseurs depuis l'arrivée du nouveau directeur.Conseil: conserverRisque: élevéRating: 2C