Pour la deuxième fois en quatre ans, le concepteur britannique de puces ARM Holdings (ARM), basé à Cambridge, fait l'objet d'une transaction majeure. Les conceptions (ses plans) d'ARM, souvent vendues sous licence, sont connues pour leur très haut niveau d'efficacité énergétique et sont particulièrement populaires sur le marché des smartphones. Mais des sous-segments du secteur des semi-conducteurs recourent également à la technologie du groupe (processeurs pour serveurs des centres de données, etc.). Selon une estimation faite en début d'année, 160 milliards de puces équipées de la technologie d'ARM ont été produites à ce jour dans le monde. ARM est on ne peut mieux positionné sur l'échiquier mondial. Il fournit pratiquement tous les grands fabricants ...

Pour la deuxième fois en quatre ans, le concepteur britannique de puces ARM Holdings (ARM), basé à Cambridge, fait l'objet d'une transaction majeure. Les conceptions (ses plans) d'ARM, souvent vendues sous licence, sont connues pour leur très haut niveau d'efficacité énergétique et sont particulièrement populaires sur le marché des smartphones. Mais des sous-segments du secteur des semi-conducteurs recourent également à la technologie du groupe (processeurs pour serveurs des centres de données, etc.). Selon une estimation faite en début d'année, 160 milliards de puces équipées de la technologie d'ARM ont été produites à ce jour dans le monde. ARM est on ne peut mieux positionné sur l'échiquier mondial. Il fournit pratiquement tous les grands fabricants de semi-conducteurs (Apple, Qualcomm, Samsung, AMD, IBM), mais aussi les fabricants chinois de smartphones (Huawei, Xiaomi, Oppo, etc.). ARM a été coté en Bourse jusqu'en 2016, année où le conglomérat technologique japonais SoftBank l'a racheté pour 32 milliards de dollars. Mais SoftBank est aujourd'hui endetté à hauteur de plus de 90 milliards de dollars et l'américain Nvidia, qui a déjà acquis Mellanox pour sept milliards de dollars l'année dernière, y a vu une opportunité : il a proposé à SoftBank -- qui a accepté l'offre -- de racheter le spécialiste des microprocesseurs pour un montant susceptible d'atteindre 40 milliards de dollars. Un peu plus de la moitié (21,5 milliards) sera payée en actions Nvidia. Il en résultera une dilution d'environ 8 % pour les actionnaires existants. Douze milliards de dollars en espèces seront en outre payés au japonais -- Nvidia produit d'abondants cash-flows. Il disposait d'environ 11 milliards de dollars de liquidités à l'issue du 2e trimestre de son exercice fiscal 2021.Aux termes de l'accord conclu avec Softbank, les employés d'ARM recevront 1,5 milliard d'actions Nvidia. Il est possible que Nvidia paie cinq autres milliards de dollars en numéraire, mais le versement de cette tranche sera fonction de l'atteinte par ARM d'objectifs spécifiques de performance financière. Nvidia a connu une croissance spectaculaire ces dernières années, dans le sillage de l'explosion des marchés des jeux, des produits de réalité virtuelle et du cloud computing, et des cryptomonnaies. Il tire un peu plus de la moitié de son chiffre d'affaires de l'industrie du jeu, et un quart des centres de données. Les autres acteurs de son secteur ne voient pas d'un bon oeil cette reprise: d'une part, ARM n'était jusqu'ici pas un de leurs concurrents. Nvidia a en tout cas affirmé que le modèle de licence ouverte d'ARM serait maintenu. D'autre part, doté des technologies d'ARM, Nvidia va se concentrer sur l'intelligence artificielle, segment qu'il entend dominer. Reste à voir si les régulateurs mondiaux ne s'opposeront pas à cet achat. Et à Nvidia de convaincre les clients actuels d'ARM, car si l'entreprise californienne les rassure aujourd'hui, rien ne leur garantit que demain, elle n'augmentera pas les prix que pratiquait ARM ou ne se réservera pas exclusivement certaines technologies. La perspective que Nvidia devienne l'un des grands acteurs de l'intelligence artificielle ne déplaît pas aux investisseurs. La manoeuvre est judicieuse, non seulement sur le plan technologique, mais également financier, car plus de la moitié de l'acquisition est payable en actions. Néanmoins, de nombreuses incertitudes subsistent quant à l'intégration d'ARM. En outre, Nvidia est très chère selon tous les critères de valorisation traditionnels. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 519,64 dollarsTicker: NVDA USCode ISIN: US67066G1040Marché: NasdaqCapit. boursière: 320,6 milliards USDC/B 2019: 84C/B attendu 2020: 58Perf. cours sur 12 mois: +186%Perf. cours depuis le 01/01: +120%Rendement du dividende: 0,1%