La capitalisation boursière de Louis Vuitton Moët Hennessy - en abrégé LVMH - a dépassé désormais les 100 milliards d'euros, ce qui rend le roi des produits de luxe trois fois plus grand que les autres groupes de luxe connus. Le cours de LVMH a atteint un nouveau record grâce à un rapport intermédiaire largement satisfaisant jusqu'au premier trimestre. Car même le chiffre d'affaires (CA) de LVMH est plus élevé que celui de la majorité des acteurs de son secteur. La demande accrue en Chine et même en Europe étaye notre conviction que le secteur du luxe connaît un redressement durable. Les attentats de Paris avaient eu un effet important sur les ventes du groupe au premier trimestre 2016. La croissance du CA au premier trimestre de cette année 2017 est ressortie à...

La capitalisation boursière de Louis Vuitton Moët Hennessy - en abrégé LVMH - a dépassé désormais les 100 milliards d'euros, ce qui rend le roi des produits de luxe trois fois plus grand que les autres groupes de luxe connus. Le cours de LVMH a atteint un nouveau record grâce à un rapport intermédiaire largement satisfaisant jusqu'au premier trimestre. Car même le chiffre d'affaires (CA) de LVMH est plus élevé que celui de la majorité des acteurs de son secteur. La demande accrue en Chine et même en Europe étaye notre conviction que le secteur du luxe connaît un redressement durable. Les attentats de Paris avaient eu un effet important sur les ventes du groupe au premier trimestre 2016. La croissance du CA au premier trimestre de cette année 2017 est ressortie à pas moins de 15%, à 9,88 milliards d'euros, dont 13% de croissance organique (sans tenir compte des acquisitions ou désinvestissements). Ce chiffre, nettement plus élevé que le consensus des analystes de +9,5%, est attribuable à l'Asie (hors Japon) et l'Europe, où la hausse s'est établie à respectivement 20% et 14%. Dans à peu près toutes les divisions du groupe, la croissance du CA est supérieure à la moyenne sectorielle. La plus grande division, qui est aussi la plus plus rentable, Mode & Maroquinerie, regroupe des marques de premier ordre comme Louis Vuitton, Fendi, Donna Karan, Givenchy ou encore Kenzo. Elle a agréablement surpris avec une hausse du CA de 15%, croissance organique comprise. Au premier trimestre, elle s'est adjugé 34,5% du CA. L'autre division dégageant toujours une marge bénéficiaire élevée est Vins & Spiritueux, qui regroupe notamment les marques Moët & Chandon, Dom Perignon, Veuve Cliquot, Château d'Yquem, Hennessy. Son CA a progressé au premier trimestre de 16%, dont 13% de croissance organique. Les ventes de champagne se sont accrues de 7%, mais la marque de cognac Hennessy s'est distinguée avec une hausse des volumes de pas moins de 21% grâce à des ventes bien meilleures en Chine. La division Distribution sélective comprend, outre les magasins Sephora, DFS Group (avec plus de 1100 boutiques, c'est la plus grande chaîne de magasins de luxe à destination des voyageurs). Cette dernière division est déjà l'une de celles qui enregistrent depuis un certain temps la croissance la plus forte du groupe, mais au premier trimestre, la croissance du CA, de 15% (dont 11% en termes organiques) est restée en ligne avec celle des autres divisions du groupe. Le CA de la division n'égale pas encore celui de Mode & Maroquinerie (sur les trois premiers mois, 3,15 milliards d'euros pour la Distribution sélective contre 3,4 milliards d'euros pour la Mode). Les chiffres des autres divisions, Montres & Bijoux (avec les marques de luxe TAG Heuer, Zenith, Hublot, etc. ) et Parfums & cosmétiques (Parfum Christian Dior, Guerlain, Parfums Givenchy, etc.), étaient conformes à la moyenne du groupe, avec une hausse respective de 14% et 15% au premier trimestre. Leur poids dans le CA total du groupe est cependant plutôt limité. Le CEO Bernard Arnault, qui est l'actionnaire principal de LVMH, a précisé ne pas s'attendre à ce que le rythme de croissance du premier trimestre demeure aussi élevé au cours des autres trimestres 2017. LVMH est un groupe de produits de luxe de grande qualité, comme il le prouve une fois encore. À 22,5 fois son bénéfice attendu pour 2017 et plus de 11 fois le rapport entre la valeur d'entreprise et le cash-flow opérationnel, le géant français n'est plus bon marché, mais pas plus cher que la moyenne du secteur, malgré des prestations de premier ordre. Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2ADevise : euro (EUR)Marché : Euronext ParisCapit. boursière : 105,7 milliards EURC/B 2016 : 27C/B attendu 2017 : 22,5Perf. cours sur 12 mois : +39 %Perf. cours depuis le 01/01 : + 15 %Rendement du dividende : 1,9 %