Depuis quelques années, l'offre télévisée classique est complétée par les services d'entreprises de streaming proposant du contenu à la carte: séries, films ou encore émissions centrées sur certains thèmes (sport...). Netflix, l'un des pionniers, se trouve désormais en concurrence avec notamment Amazon Prime, HBO, ESPN ou Hulu, et des services gratuits comme YouTube. Cette liste pourrait s'allonger rapidement, car l'entrée sur ce marché est très aisée pour les entreprises de médias disposant déjà de contenu. Après le rachat de 21st Century Fox, Disney lancera son service de streaming Disney+ en novembre; Warner Media (AT&T), NBC Universal (Comcast) et Apple sont également intéressés. La taille est cruciale: le contenu exige de lourds investissement...

Depuis quelques années, l'offre télévisée classique est complétée par les services d'entreprises de streaming proposant du contenu à la carte: séries, films ou encore émissions centrées sur certains thèmes (sport...). Netflix, l'un des pionniers, se trouve désormais en concurrence avec notamment Amazon Prime, HBO, ESPN ou Hulu, et des services gratuits comme YouTube. Cette liste pourrait s'allonger rapidement, car l'entrée sur ce marché est très aisée pour les entreprises de médias disposant déjà de contenu. Après le rachat de 21st Century Fox, Disney lancera son service de streaming Disney+ en novembre; Warner Media (AT&T), NBC Universal (Comcast) et Apple sont également intéressés. La taille est cruciale: le contenu exige de lourds investissements qu'il faut répartir sur une large base d'utilisateurs car la concurrence fige les prix. Netflix a accueilli 2,7 millions d'abonnés supplémentaires entre fin mars et fin juin, alors que la direction en attendait 5 millions. Ce retard s'explique peut-être par la hausse plus forte que prévu du nombre d'abonnés au premier trimestre, en prévision des hausses tarifaires. Netflix y voit la conséquence temporaire d'une offre moindre de nouveaux contenus. Si le nombre d'utilisateurs a légèrement baissé aux Etats-Unis (-130.000), 2,83 millions d'abonnés sont venus s'ajouter dans le reste du monde. Fin juin, Netflix comptait 151,56 millions d'abonnés au total (40% aux Etats-Unis, 60% ailleurs), une hausse de près de 22% sur base annuelle. Le chiffre d'affaires (CA) était conforme aux attentes, à 4,92 milliards de dollars (+ 26% sur base annuelle). Le CA moyen par utilisateur a augmenté de 3% en dollars (9% hors effets de change : +12% aux Etats-Unis, +7% en dehors) grâce notamment à la hausse des prix. Le bénéfice opérationnel a gagné plus de 50%, à 706 millions de dollars, et la marge opérationnelle atteint 14,3%, contre 11,8% il y a un an, grâce au report de certaines dépenses de marketing au 2e semestre. Netflix mise toujours sur une marge opérationnelle de 13% pour l'exercice, contre 10% l'an dernier. En raison de pertes de change, le bénéfice net est passé de 0,85 à 0,6 dollar par action. Netflix table sur sept millions d'abonnés supplémentaires au 3e trimestre, avec une légère hausse Etats-Unis (+0,8 million), et une envolée dans le reste du monde. Le talon d'Achille de Netflix reste les flux de trésorerie disponibles, toujours négatifs sous l'effet d'investissements élevés dans l'infrastructure, l'immobilier et le contenu. Trois milliards de dollars ont ainsi manqué en 2018. Netflix avait cinq milliards de dollars en caisse à la fin du 2e trimestre. Le groupe a encore récolté 1,2 milliard d'euros et 900 millions de dollars en avril. La dette à long terme atteint ainsi 12,6 milliards de dollars. Le premier semestre s'est soldé par un cash-flow disponible négatif d'un milliard de dollars environ, qui devrait atteindre 3,5 milliards sur l'ensemble de l'exercice. L'endettement devrait ainsi augmenter de 2,5 milliards de dollars au 2e semestre. Nous ne sommes pas convaincus par le modèle opérationnel à forte intensité capitalistique de Netflix. Le segment du streaming recèle un vrai potentiel, mais la concurrence ne cesse de s'intensifier, ce qui bride les tarifs. Continuer à lever des capitaux pour compenser le cash-flow négatif n'est pas une stratégie durable, car cela accroît les charges d'intérêt et l'endettement. La valorisation se fonde sur un scénario irréaliste pour Netflix. Nous conseillons donc toujours de vendre.Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 335,78 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 147 milliards USDC/B 2018: 132C/B attendu 2019: 60Perf. cours sur 12 mois: -5%Perf. cours depuis le 01/01: +25%Rendement du dividende: -