Après un 2e trimestre particulièrement mauvais et malgré des pronostics pour la fin de l'année décevants, Netflix achève le 3e trimestre sur des résultats satisfaisants: son chiffre d'affaires (CA) s'établit à 5,25 milliards de dollars, ce qui est conforme aux prévisions et de 31% plus élevé qu'il y a 12 mois. Son bénéfice net atteint 665 millions de dollars (1,47 dollar par action; 1,03 dollar escompté), grâce en partie au report au 4e trimestre de certains investissements en marketing et en contenu. Netflix profite également de la bonne santé du dollar, qui comprime la dette en euro (bénéfice comptable de 171 millions de dollars).
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Après un 2e trimestre particulièrement mauvais et malgré des pronostics pour la fin de l'année décevants, Netflix achève le 3e trimestre sur des résultats satisfaisants: son chiffre d'affaires (CA) s'établit à 5,25 milliards de dollars, ce qui est conforme aux prévisions et de 31% plus élevé qu'il y a 12 mois. Son bénéfice net atteint 665 millions de dollars (1,47 dollar par action; 1,03 dollar escompté), grâce en partie au report au 4e trimestre de certains investissements en marketing et en contenu. Netflix profite également de la bonne santé du dollar, qui comprime la dette en euro (bénéfice comptable de 171 millions de dollars). Netflix recense 6,8 millions de nouveaux abonnés - un peu moins que les 7 millions escomptés, mais bien plus que les 2,7 millions de contrats signés au 2e trimestre. Il dessert désormais 158,3 millions d'abonnés dans le monde, soit 21,4% de plus en glissement annuel. Il table pour le 4e trimestre sur 7,6 millions de nouveaux contrats, beaucoup moins que les 9,2 millions précédemment annoncés. Les services de streaming progressent toujours nettement, au détriment de l'offre télévisuelle classique. Tout tourne autour du contenu (les clients doivent être disposés à payer pour des programmes exclusifs), mais celui-ci coûte cher: les investissements devraient tourner autour des 15 milliards de dollars cette année. Pour les entreprises qui produisent leur propre contenu, en revanche, le seuil d'entrée est relativement bas, d'où la situation de plus en plus tendue dans ce segment, actuellement dominé par Netflix, Amazon Prime et Hulu. Apple, par exemple, commercialisera le 1er novembre Apple TV+, à des prix moindres que ceux de Netflix; en outre, tout achat d'un appareil Apple donnera droit à un abonnement d'un an gratuit à Apple TV+. Bien plus riche que Netflix, Apple peut proposer un contenu plus vaste et plus exclusif. Le 12 novembre, ce sera au tour de Disney de proposer une offre aux Etats-Unis et au Canada. Or depuis qu'il a acquis la 21st Century Fox, Disney dispose d'énormément de contenu. AT&T (Warner Media) et Comcast (NBC Universal) lorgnent eux aussi cette niche, au sein de laquelle la multiplication du nombre d'acteurs va immanquablement entraîner une augmentation du prix du contenu. Netflix se prétend serein: même si de plus en plus d'opérateurs s'installent sur ce marché, celui-ci s'étend. Certes, mais la pression sur les prix s'intensifie, et Netflix compte déjà parmi les sociétés les plus chères. Son cash-flow disponible est son principal problème. Il s'est établi au 3e trimestre à -551 millions de dollars, soit un total de -1,6 milliard depuis janvier, un montant que le report des investissements va faire gonfler davantage encore au 4e trimestre. La direction pronostique un cash-flow disponible de -3,5 milliards pour l'exercice. La situation devrait s'améliorer à partir de 2020, à mesure que les dépenses en faveur du contenu pourront être ventilées sur davantage d'abonnés. Le groupe a levé en avril près de 2,2 milliards de dollars, après s'être renfloué de 3,9 milliards l'an dernier déjà. Il achève le 3e trimestre sur une trésorerie de 4,4 milliards de dollars, pour une dette de 12,4 milliards.A mesure que la concurrence, sur ce marché où les dépenses sont très lourdes, s'intensifiera, la croissance de Netflix ralentira. Le groupe doit atteindre une taille suffisante pour résoudre son problème de cash-flows, ce qui ne sera pas pour 2020. Le consensus est beaucoup trop optimiste, d'où la valorisation actuellement excessive du titre. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 299,91 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 125,3 milliards USDC/B 2019: 93C/B attendu 2020: 53Perf. cours sur 12 mois: -18%Perf. cours depuis le 01/01: +12%Rendement du dividende: -