Nous avions déjà constaté au terme du 1er trimestre que les fournisseurs de services de streaming faisaient très belle figure pendant le confinement, et la tendance s'est poursuivie au 2e trimestre. Mais cette dynamique va forcément ralentir, car à terme, la hausse supérieure à la moyenne du nombre d'abonnés grèvera la croissance future.
...

Nous avions déjà constaté au terme du 1er trimestre que les fournisseurs de services de streaming faisaient très belle figure pendant le confinement, et la tendance s'est poursuivie au 2e trimestre. Mais cette dynamique va forcément ralentir, car à terme, la hausse supérieure à la moyenne du nombre d'abonnés grèvera la croissance future. Netflix a recensé 15,8 millions d'abonnés supplémentaires au 1er trimestre. Il entendait en conquérir 7,5 millions d'autres au 2e trimestre, la hausse effective a été de 10,1 millions d'abonnés; 25,9 millions de clients supplémentaires en 6 mois, c'est quasiment autant que sur l'ensemble de l'année 2019. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe s'est établi à 6,15 milliards de dollars au 2e trimestre. C'est une hausse de 25% en un an et 70 millions de dollars de plus qu'attendu. Avec un bénéfice opérationnel (Ebit) de 1,36 milliard de dollars, la marge atteint 22,1%, contre 14,3% un an auparavant et 16,6% au 1er trimestre. La hausse de la rentabilité opérationnelle tient notamment à la baisse des dépenses de marketing. A 720,2 millions de dollars, ou 1,59 dollar par action, le bénéfice net a toutefois fortement déçu. Il avait tout d'abord été estimé à 1,83 dollar, mais la revalorisation des emprunts en euro du fait de la dépréciation soudaine du dollar a pesé sur le plan comptable - elle n'a néanmoins pas d'effet sur la trésorerie. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) a pour sa part atteint près d'un milliard de dollars (-544 millions, l'année dernière, au même trimestre). A 899 millions de dollars, le cash-flow disponible a, lui, dépassé le bénéfice net. Le 1er trimestre s'était aussi achevé sur un cash-flow disponible positif (162 millions de dollars). Naturellement, les investissements dans les nouveaux contenus sont pour l'instant très réduits. Mais quand la situation se normalisera et que les productions Netflix, suspendues en raison du coronavirus, reprendront (au plus tôt fin 2020), il redeviendra négatif. Netflix doit faire face à une concurrence sur deux fronts: d'une part, les services de streaming lancés par les entreprises de divertissement telles que Warner Media, Disney et NBC Universal, et d'autre part, l'intensification des investissements dans le contenu premium par Amazon et Apple. Le potentiel de hausse des prix est dès lors limité et Netflix doit se distinguer par son contenu et ses services. Fin juin, le groupe comptait 192,95 millions de clients payants, soit 27,3% de plus qu'un an plus tôt. Pour le trimestre courant, il vise 2,5 millions de clients supplémentaires - moitié moins que n'escomptaient les analystes. Le CA devrait s'établir à 6,33 milliards de dollars, soit une hausse de près de 21% en un an. Netflix a levé l'équivalent d'un milliard de dollars en avril, au taux moyen de 3,3%. Au terme du 1er semestre, son endettement à long terme atteignait 15,3 milliards de dollars et sa trésorerie, 7,15 milliards; le groupe disposait en outre d'une ligne de crédit, non utilisée, de 750 millions. Comme nombre de chouchous des investisseurs, le titre évolue purement au gré du momentum; les fondamentaux et les valorisations semblent relégués au second plan. Cette situation ne durera pas. Nous tablons sur un regain de volatilité. Le recul de Netflix après la publication de prévisions décevantes pour le trimestre courant en a d'ailleurs offert un avant-goût. Nous maintenons dès lors notre conseil de vente. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 484,48 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 213,7 milliards USD C/B 2019: 117,3C/B attendu 2020: 78,5Perf. cours sur 12 mois: +48,7%Perf. cours depuis le 01/01: +49,6%Rendement du dividende: /