Le streaming est un marché en phase de croissance, laquelle s'est accélérée encore avec la crise sanitaire. Netflix a accueilli 25,9 millions de nouveaux clients au 1er semestre, presque autant que sur l'ensemble de l'exercice 2019 (27,8 millions)!
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Le streaming est un marché en phase de croissance, laquelle s'est accélérée encore avec la crise sanitaire. Netflix a accueilli 25,9 millions de nouveaux clients au 1er semestre, presque autant que sur l'ensemble de l'exercice 2019 (27,8 millions)! Le confinement a donc fait avancer une partie de la croissance organique future. Pour la période juillet-septembre, Netflix comptait sur une augmentation de 2,5 millions de clients (6,8 millions, 12 mois plus tôt); le consensus misait sur 4-5 millions. Or la croissance n'a pas dépassé 2,2 millions d'unités, la progression la plus faible depuis le 2e trimestre de 2016. La croissance depuis janvier est de 28,1 millions d'unités, pour un total de 195,15 millions (+23,3% en 12 mois). Le chiffre d'affaires (CA) trimestriel a bondi de 22,7% en glissement annuel, à 6,44 milliards de dollars. C'est en Asie, où le nombre d'abonnés s'est envolé de 46% et le CA, de 66%, que la croissance a été la plus rapide. Netflix s'est étendu à la Corée du Sud et au Japon et vise maintenant l'Inde. Le revenu moyen par utilisateur a fléchi de 1,6% mais hors effets de change, il a augmenté de 1%. La direction espère 6 millions de nouveaux utilisateurs pour le 4e trimestre, ce qui porterait le total à plus de 200 millions, une augmentation qui serait toutefois inférieure à celle de 2019 (8,8 millions) et au consensus (6,6 millions). Elle ne s'attend à aucune croissance au 1er semestre de 2021. Netflix fonctionne principalement sur ses productions propres, restées en berne pendant la majeure partie de l'année. Le cash-flow positif s'explique donc notamment par la chute des coûts. Le cash-flow opérationnel atteint 1,26 milliard de dollars (-502 millions, un an plus tôt). Même cause, même effet pour le cash-flow disponible, de 1,15 milliard de dollars (-551 millions, l'an passé). C'est le troisième trimestre consécutif qui s'achève sur un cash-flow disponible positif (2,2 milliards depuis janvier, contre -1,6 milliard sur les trois premiers trimestres de 2019). Les tournages ont progressivement repris; Netflix en avait achevé 50 au terme du 3e trimestre, et espère en signer 150 autres encore cette année. Il doit investir dans le contenu pour se distinguer de la concurrence, d'autant que les nouvelles plateformes se multiplient (HBO Max, Disney Plus, etc.). Il subit également la concurrence de la télévision linéaire classique et de YouTube et TikTok, pour ne citer qu'eux. Compte tenu de l'accélération des investissements, le groupe devrait achever le trimestre sur un flux de trésorerie légèrement négatif. Lequel flux sera néanmoins positif de deux milliards de dollars environ sur l'exercice. Pour 2021, il prévoit des cash-flows à nouveau négatifs, à hauteur d'un milliard tout au plus, et peut-être même que le seuil de rentabilité sera atteint. La marge opérationnelle devrait passer de 20,4% au 3e trimestre à 13,5% au suivant. Avec 8,4 milliards de liquidités et une ligne de crédit de 750 millions, aucune augmentation de capital ne s'impose. La dette à plus d'un an atteint 15,5 milliards de dollars.La croissance devrait continuer à ralentir. Il sera difficile, l'an prochain, de procéder à des comparaisons pertinentes; en parallèle, la concurrence s'intensifie, ce qui limite les possibilités d'augmenter les prix. Aucune augmentation de capital ne s'impose pour l'heure, mais les cash-flows repasseront dans le rouge et le streaming reste un secteur à forte intensité de capital. A 9 fois le CA et 80 fois le bénéfice escomptés, Netflix demeure trop cher à nos yeux.Conseil: vendreRisque: élevéRating: 3CCours: 498,3 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 218,7 milliards USDC/B 2019: 121C/B attendu 2020: 80Perf. cours sur 12 mois: +54%Perf. cours depuis le 01/01: +80%Rendement du dividende: -