L'exercice 2019 fut une année très chahutée pour l'action Netflix, qui a atteint un sommet au printemps, pour dévisser après l'été. Dans l'ensemble, le titre a progressé de 20%. Le marché du streaming se développe vite, au détriment de l'offre télévisuelle traditionnelle, car le public veut désormais un programme à la carte. Les intervenants se multiplient et le paysage se fragmente, avec une spécialisation dans des niches (sport, séries, etc.). Pour les entreprises du secteur des médias ou du câble qui ont leur propre contenu, le seuil d'entrée est bas. Dans la foulée d'Amazon Prime et de Hulu, respectivement numéros deux et trois sur ce marché, Apple et Disney se sont lancés à l'automne dernier. Netflix, qui entend se distinguer en proposant du co...

L'exercice 2019 fut une année très chahutée pour l'action Netflix, qui a atteint un sommet au printemps, pour dévisser après l'été. Dans l'ensemble, le titre a progressé de 20%. Le marché du streaming se développe vite, au détriment de l'offre télévisuelle traditionnelle, car le public veut désormais un programme à la carte. Les intervenants se multiplient et le paysage se fragmente, avec une spécialisation dans des niches (sport, séries, etc.). Pour les entreprises du secteur des médias ou du câble qui ont leur propre contenu, le seuil d'entrée est bas. Dans la foulée d'Amazon Prime et de Hulu, respectivement numéros deux et trois sur ce marché, Apple et Disney se sont lancés à l'automne dernier. Netflix, qui entend se distinguer en proposant du contenu local, plus diversifié et de meilleure qualité, qu'il développe en interne ou achète, a investi un peu plus de 15 milliards de dollars l'année dernière, soit plus que tous les autres acteurs réunis (Apple: 6 milliards de dollars, Hulu: 4,5 milliards, Disney, dont le contenu est plus historique: 2,5 milliards). Les nouveaux venus tels que Peacock, le service de streaming de NBC Universal et HBO Max de Warner Media, ont un contenu propre abondant et investissent nettement moins. Or la concurrence limite le pouvoir de fixation des prix de Netflix. Les résultats du quatrième trimestre sont globalement conformes aux attentes. Le chiffre d'affaires a bondi de 30,5% sur un an, à 5,47 milliards de dollars, dépassant légèrement le consensus. En raison d'un effet fiscal exceptionnel, le bénéfice net rapporté de 587 millions de dollars (1,3 dollar par action) n'est pas représentatif. A 459 millions de dollars, le bénéfice opérationnel est inférieur au consensus (475 millions de dollars).L'Amérique du Nord recense moins de nouveaux abonnés que prévu, mais d'autres pays affichent une croissance plus soutenue. Netflix revendique aujourd'hui 167,1 millions d'abonnés payants dans le monde, soit 20% de plus qu'il y a un an. Sa marge bénéficiaire opérationnelle est de 13% en 2019, contre 10% l'année précédente. Le groupe vise 16% en 2020. Sept millions de nouveaux abonnements devraient être souscrits au premier trimestre; la direction tablait initialement sur 8,5 millions. Le groupe, et c'est probablement son plus gros problème, consomme énormément de liquidités. Ses investissements dans le contenu devraient s'accélérer encore cette année, à 18,5 milliards de dollars. Au quatrième trimestre de 2019, le flux de trésorerie s'est élevé à -1,7 milliard de dollars, ce qui porte le total pour l'année à -3,3 milliards de dollars. Netflix est donc toujours criblé de dettes, et la situation n'est pas sur le point de s'améliorer. Il a levé, au quatrième trimestre, 1 milliard de dollars à 4,875% et 1,1 milliard supplémentaire à 3,625%, sur le marché des obligations à haut rendement. Apple, par exemple, peut emprunter à bien meilleur compte. La dette à long terme de Netflix approche désormais les 15 milliards de dollars. Le groupe devrait achever l'exercice sur un flux de trésorerie négatif de 2,5 milliards de dollars.Netflix a jusqu'ici relativement peu souffert de l'intensification de la concurrence, car le marché du streaming est en plein essor. Mais le contenu coûte désormais plus cher et ces dépenses sont difficiles à répercuter. Le talon d'Achille du groupe est son endettement, de plus en plus colossal, et ce n'est pas demain qu'il pourra libérer du cash-flow. Compte tenu de la valorisation tendue, nous confirmons notre conseil de vente. Conseil: vendreRisque: élevéRating: 3CCours: 328,51 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 148,2 milliards USDC/B 2019: 108C/B attendu 2020: 82Perf. cours sur 12 mois: +1%Perf. cours depuis le 01/01: +1,5%Rendement du dividende: -