Netflix achève le 1er trimestre sur des résultats satisfaisants, mais les prévisions pour le trimestre en cours déçoivent. Entre janvier et mars, le groupe a accueilli 9,6 millions de nouveaux utilisateurs, dont 7,86 millions hors des Etats-Unis (7,9 millions escomptés).
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Netflix achève le 1er trimestre sur des résultats satisfaisants, mais les prévisions pour le trimestre en cours déçoivent. Entre janvier et mars, le groupe a accueilli 9,6 millions de nouveaux utilisateurs, dont 7,86 millions hors des Etats-Unis (7,9 millions escomptés). Netflix gère désormais 148,86 millions d'abonnements. A 4,52 milliards de dollars (+22,2%), son chiffre d'affaires (CA) a légèrement dépassé les prévisions. Le cash-flow opérationnel a progressé de 9,3%, à 584 millions de dollars. Le bénéfice net a augmenté de 18,6% grâce à l'appréciation du dollar, qui pèse sur la valeur de la dette libellée en euros. La marge d'exploitation s'établit à 10,2%, proche du niveau atteint en 2018. La direction table sur 12,5% pour le trimestre en cours et sur 13% pour l'exercice. Mais le nombre d'abonnements ne devrait augmenter que de 5 millions d'unités ce trimestre (5,45 millions annoncés il y a un an). Peut-être Netflix cherche-t-il, avec ce pronostic prudent, à se couvrir contre les conséquences de ses hausses tarifaires - il a en effet augmenté ses prix en Amérique du Nord, au Mexique, au Brésil et dans certains pays d'Europe, ce qui devrait lui permettre d'enregistrer une augmentation de 26% de son CA ce trimestre. La concurrence ne reste pas les bras croisés. Après s'être offert la 21st Century Fox, Disney va lancer son propre service de streaming. Baptisé Disney+, celui-ci sera proposé pour 6,99 dollars par mois. Il fera concurrence à des entreprises comme Netflix, Amazon Prime, HBO, ESPN ou Hulu, ainsi qu'aux services gratuits, dont YouTube. Développée par Apple, l'Apple TV+ regroupe plusieurs services de streaming. Parmi les grands fournisseurs, seul Netflix se tient pour l'instant à l'écart; l'avenir nous dira si ce choix était le bon. Netflix affirme que les nouveaux arrivants ne menacent pas sa croissance, parce que chaque service vise un public différent. Le marché est certes suffisamment grand - le segment n'en est qu'à ses balbutiements et il va continuer à ravir des parts de marché aux entreprises de télévision classiques, dont les consommateurs ne veulent plus du modèle, ces prochaines années. Mais pour continuer de croître, économies d'échelle et ressources financières sont indispensables, c'est pourquoi la plupart des intervenants rejoignent de grands groupes. Le secteur doit notamment investir dans du contenu, propre et acquis. Or la base d'utilisateurs ne suffit pas à couvrir les frais. Netflix a achevé le dernier exercice sur des cash-flows disponibles de -3 milliards de dollars, et 460 millions de dollars lui ont manqué au 1er trimestre. Les prévisions pour 2019 ont en outre été relevées, à -3,5 milliards. La direction invoque les investissements dans l'infrastructure, l'immobilier et le contenu. Le CA moyen par utilisateur est de 10 dollars par mois environ: dans ces conditions, Netflix doit attirer 30 millions de nouveaux clients pour équilibrer ses cash-flows disponibles. Au 31 mars, la dette s'élevait à 11,1 milliards de dollars; la trésorerie affichait 3,35 milliards de dollars, à quoi s'ajoutaient plusieurs lignes de crédit. Netflix mène un segment au potentiel énorme. Mais la croissance exige d'investir et il faudra beaucoup de temps encore au groupe pour pouvoir produire des cash-flows disponibles positifs. La valorisation (10 fois le CA) est donc excessive. L'argument spéculatif selon lequel Netflix serait une proie potentielle ne justifie pas, à lui seul, de conserver l'action. D'où notre conseil de vendre. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 372,99 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 163 milliards USDC/B 2018: 136C/B attendu 2019: 78Perf. cours sur 12 mois: +20%Perf. cours depuis le 01/01: +39%Rendement du dividende: -