C'est désormais officiel: le groupe allemand Bayer est parvenu à un accord avec la direction du géant agricole américain Monsanto au sujet d'une reprise qui donnera naissance au plus grand spécialiste au monde dans le secteur agrochimique. La direction de Bayer avait dévoilé son intention en mai déjà. Elle a relevé jusque trois fois son offre avant qu'elle soit finalement acceptée à 66milliards USD (59milliards EUR; 128USD par action et reprise des dettes). Une évolution presque ironique car en peu de temps, Monsanto est passé du statut de prédateur à celui de proie. Son CEO Hugh Grant avait tenté de mettre la main sur...

C'est désormais officiel: le groupe allemand Bayer est parvenu à un accord avec la direction du géant agricole américain Monsanto au sujet d'une reprise qui donnera naissance au plus grand spécialiste au monde dans le secteur agrochimique. La direction de Bayer avait dévoilé son intention en mai déjà. Elle a relevé jusque trois fois son offre avant qu'elle soit finalement acceptée à 66milliards USD (59milliards EUR; 128USD par action et reprise des dettes). Une évolution presque ironique car en peu de temps, Monsanto est passé du statut de prédateur à celui de proie. Son CEO Hugh Grant avait tenté de mettre la main sur son concurrent suisse Syngenta, mais les Suisses ont refusé de discuter, et en août de l'an dernier, Monsanto a abandonné ce projet. Il a alors été question que Monsanto se replie sur les divisions agricoles de Bayer ou BASF avant que les Américains annoncent il y a quelques mois ne plus vouloir réaliser une importante acquisition. Ainsi ont-ils manifestement initié le mouvement, car ont suivi l'offre de ChemChina sur Syngenta et le projet de fusion américain entre Dow Chemical et du Pont, et les Allemands ont décidé de se lancer ensuite. Un secteur en pleine consolidation, donc, auquel vient à présent s'ajouter un chapitre. La tentative de reprise survient au moment où le géant agricole est confronté, pour la première fois depuis longtemps, à une baisse de son bénéfice sur l'exercice 2015-2016 (clos le 30/8). Cela n'a rien d'étonnant compte tenu de la forte baisse des prix des matières premières agricoles (céréales, huile de palme, etc.) ces dernières années. Ce repli érode les revenus des agriculteurs, qui ne peuvent donc plus investir dans les semences et autres produits de protection de leurs récoltes. À l'exercice 2014-2015, un nouveau bénéfice record par action de 5,73USD avait encore été réalisé. Mais après des chiffres à nouveau décevants au 3etrimestre, la prévision des analystes s'élève, pour 2015-2016, à un bénéfice maximal de 4,45USD par action, ce qui suppose un repli de 22% par rapport à l'exercice écoulé. Bayer a certes signé un accord avec Monsanto, mais l'opération n'est pas acquise pour autant. Comme en témoigne la décote (15 à 20%) du cours de Bourse par rapport au prix offert. Les autorités de la concurrence de pas moins de 30pays devront donner leur feu vert à l'opération. Et ce ne sera pas simple, car aux USA par exemple, la nouvelle entité aura en mains 58% du marché des semences de coton. Il faudra dès lors peut-être se séparer de quelques divisions pour obtenir l'approbation. Les organisations agricoles ont déjà exprimé leur inquiétude par rapport à la transaction, qui pourrait selon elles entraîner des augmentations de prix. Les Allemands ne pensent pas boucler la transaction avant la fin de l'an prochain. ConclusionL'offre est généreuse et nous participerions. Cependant, le cours est encore de 15 à 20% sous le prix offert car l'aval des autorités de la concurrence ne sera pas simple à obtenir. Cela peut durer 12 à 18mois avant que la transaction soit définitive. Nous attendrions.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenConseil : 2B