C'est officiel: le groupe allemand Bayer souhaite racheter le géant agricole américain pour donner naissance au plus grand acteur des substances chimiques agricoles. Les Allemands n'offrent pas moins de 62milliards USD (55milliards EUR; 122USD par action et la reprise des dettes). Une évolution ironique car en peu de temps, Monsanto est passé de prédateur à proie. Sous son CEO Hugh Grant, il avait dirigé ses avances sur son concurrent suisse Syngenta, mais les Suisses ont refusé de discuter, et en août de l'an dernier, Monsanto s'est retiré pour l'énième fois. Il a alors été question que Monsanto se replie su...

C'est officiel: le groupe allemand Bayer souhaite racheter le géant agricole américain pour donner naissance au plus grand acteur des substances chimiques agricoles. Les Allemands n'offrent pas moins de 62milliards USD (55milliards EUR; 122USD par action et la reprise des dettes). Une évolution ironique car en peu de temps, Monsanto est passé de prédateur à proie. Sous son CEO Hugh Grant, il avait dirigé ses avances sur son concurrent suisse Syngenta, mais les Suisses ont refusé de discuter, et en août de l'an dernier, Monsanto s'est retiré pour l'énième fois. Il a alors été question que Monsanto se replie sur les divisions agricoles de Bayer ou BASF avant que les Américains annoncent eux-mêmes il y a quelques mois ne plus avoir le projet de réaliser une importante acquisition. Ce fut apparemment le signal pour que les Allemands décident de se lancer, dans le contexte, du reste, de l'offre de ChemChina sur Syngenta et du projet de fusion américain Dow Chemical et du Pont. Un secteur en pleine consolidation donc, auquel vient à présent s'ajouter un chapitre. La tentative de reprise survient au moment où le géant agricole est confronté, pour la première fois depuis longtemps, à une baisse de son bénéfice sur l'exercice 2015-2016 (clos le 30/8). Cela n'a rien d'étonnant compte tenu de la forte baisse des prix agricoles (céréales, sucre, huile de palme, etc.) ces dernières années. Ce repli érode les revenus des agriculteurs, qui ne peuvent donc plus investir dans les semences et autres produits de protection de leurs récoltes. Jusqu'ici, cette tendance n'était pas encore totalement perceptible au niveau des chiffres. En 2009-2010, le bénéfice du groupe avait totalisé 2,39USD par action, puis 2,96USD en 2010-2011, ensuite 3,70USD en 2011-2012, et 4,56USD au bilan de 2012-2013. À l'exercice 2013-2014, pour la première fois, le groupe a réalisé un bénéfice par action supérieur à 5USD (5,23USD). Pour marquer un nouveau record en 2014-2015, avec un bénéfice par action de 5,73USD. Mais après des chiffres décevants au 2etrimestre, la direction a abaissé ses projections pour 2015-2016, à une fourchette de 4,40 à 5,10USD par action, ce qui suppose un repli de 11 à 25% par rapport à l'exercice passé. Les résultats des deux premiers trimestres (période de septembre à février) vont clairement dans ce sens. Alors que la société réalisait encore, sur ce premier semestre de l'année dernière, un bénéfice de 1,67milliard USD ou 3,36USD par action, il est question d'un bénéfice de 810millions USD ou 1,80USD. La direction continue de tabler sur un doublement de son bénéfice par action en cinq ans. Dans la mesure où nous croyons à nouveau à l'amorce proche d'un cycle haussier du secteur agricole, nous avions recommencé à suivre activement l'action Monsanto. L'offre est généreuse et nous vendrions les titres ou participerions à l'offre si elle se poursuit. Qui souhaite miser sur le redressement de l'agriculture préférera cependant des valeurs telles que Sipef (plantations) et Potash (engrais).Conseil : participer à l'offreRisque : moyenConseil : 2B