Le géant agricole risque bien, pour la première fois depuis longtemps, d'accuser une baisse de son bénéfice sur l'exercice 2015-2016 (date de clôture : le 30/8). Cela n'a rien d'étonnant compte tenu de la forte baisse des prix agricoles (céréales, sucre, huile de palme, etc.) ces dernières années. Ce repli érode les revenus des agriculteurs, qui ne peuvent donc plus investir dans les semences et autres produits de protection de leurs récoltes. Jusqu'ici, cette tendance n'était pas encore totalement perceptible au niveau des chiffres. En 2009-2010, le bénéfice du groupe avait totalisé 2,39 USD par action, puis 2,96 USD en 2010-2011, ensuite 3,...

Le géant agricole risque bien, pour la première fois depuis longtemps, d'accuser une baisse de son bénéfice sur l'exercice 2015-2016 (date de clôture : le 30/8). Cela n'a rien d'étonnant compte tenu de la forte baisse des prix agricoles (céréales, sucre, huile de palme, etc.) ces dernières années. Ce repli érode les revenus des agriculteurs, qui ne peuvent donc plus investir dans les semences et autres produits de protection de leurs récoltes. Jusqu'ici, cette tendance n'était pas encore totalement perceptible au niveau des chiffres. En 2009-2010, le bénéfice du groupe avait totalisé 2,39 USD par action, puis 2,96 USD en 2010-2011, ensuite 3,70 USD en 2011-2012, et 4,56 USD au bilan de 2012-2013. A l'exercice 2013-2014, pour la première fois, le groupe a réalisé un bénéfice par action supérieur à 5 USD (5,23 USD). Pour marquer un nouveau record en 2014-2015, avec un bénéfice par action de 5,73 USD. Pourtant, pour 2015-2016, la direction table plutôt sur un bénéfice compris entre 5,10 et 5,60 USD, ce qui implique un repli de 2 à 11% par rapport à l'année dernière. Les résultats du 1er trimestre (septembre à novembre) vont déjà clairement dans ce sens. Même si cette période n'est pas la plus importante, compte tenu de l'hiver qui s'annonce dans l'hémisphère nord. Alors que la société réalisait encore, sur ce 1er trimestre de l'année dernière, un bénéfice de 227 millions USD ou 0,47 USD par action, la perte totalise à présent 52 millions USD ou -0,11 USD par action. Si le bénéfice du restant de l'année n'est pas meilleur que celui de l'an dernier, nous arriverons à un total de 5,15 USD par action, ce qui est dans le bas de la fourchette des prévisions. Il est dès lors étonnant que la direction continue de tabler sur un doublement de son bénéfice par action en cinq ans, ce qui représente une croissance moyenne de son bénéfice d'au moins 15%. Une acquisition réussie de son concurrent suisse Syngenta aurait pu l'aider à réaliser cet objectif mais les Suisses n'ont même pas souhaité évoquer cette possibilité, et en août dernier, Monsanto a dû abandonner à regret. Son projet est de réduire structurellement les coûts de 500 millions USD par an d'ici la fin de l'année 2017-2018, mais le géant mise surtout sur l'innovation. Pas moins de 4/5 de la croissance autonome doit provenir de nouveaux produits. Le solde doit venir de la croissance de la population mondiale (de 7,3 milliards en 2015 à 8,5 milliards d'âmes d'ici à 2030) et du changement des habitudes alimentaires de la classe moyenne (de 2,4 à 4,9 milliards au cours des 15 prochaines années). Pour sa croissance, Monsanto mise beaucoup sur les " solutions intégrées " (semences comme moyens phytosanitaires) pour optimiser le revenu net par hectare. Ces cinq dernières années, les innovations ont permis d'accroître de 35% la valeur du pipeline. Dans la mesure où nous croyons à nouveau à l'amorce proche d'un cycle haussier du secteur agricole, nous commençons à suivre activement l'action Monsanto. Pour l'instant, elle est trop chère pour qu'un conseil d'achat se justifie, mais autour de 80 USD la donne pourrait changer. Nous préférons actuellement Syngenta, y compris pour la probabilité d'un rachat.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenConseil : 2B