Après son concurrent Belgacom l'an dernier (pour Proximus), c'est Mobistar qui changera de nom cette année. L'opérateur franco-belge adoptera le patronyme de son actionnaire principal (52,9%) Orange, dénomination qui avait déjà été adoptée par France Télécom en 2013. Mobistar pourra ensuite utiliser le logo international Orange. Le nouveau nom devrait apporter des avantages en termes de frais de marketing et de communication. Le coût du rebranding sera cependant à la charge de Mobistar, qui devra également payer des royalties à la maison mère par la suite. Nous avons donc des doutes concernant l'opportunité financière de l'opérat...

Après son concurrent Belgacom l'an dernier (pour Proximus), c'est Mobistar qui changera de nom cette année. L'opérateur franco-belge adoptera le patronyme de son actionnaire principal (52,9%) Orange, dénomination qui avait déjà été adoptée par France Télécom en 2013. Mobistar pourra ensuite utiliser le logo international Orange. Le nouveau nom devrait apporter des avantages en termes de frais de marketing et de communication. Le coût du rebranding sera cependant à la charge de Mobistar, qui devra également payer des royalties à la maison mère par la suite. Nous avons donc des doutes concernant l'opportunité financière de l'opération. Mais peut-être Mobistar (comme Belgacom) a-t-elle intérêt à partir d'une page blanche. L'année 2016 sera en effet importante pour le groupe. Le nom Orange lancera la transition vers une gamme de produits complète. Jusqu'à présent, Mobistar n'était encore qu'un acteur mobile, si l'on exclut une brève expérience dans la télévision qui s'est soldée par un échec. Mais avec l'ouverture du réseau câblé de Telenet et de la filiale Voo (Wallonie), la voie semble enfin libre : Mobistar pourra proposer à ses clients la télévision numérique et l'Internet haut débit. Mobistar-tv sera lancée avant la fin du trimestre. Les tarifs définitifs ne seront connus qu'en mai, mais le groupe n'attendra donc pas jusque-là. Pour 2015, Mobistar tablait sur des cash-flows opérationnels (EBITDA) de 260 à 280 millions EUR. Des chiffres qui avaient été relevés à " plus de 280 millions EUR " au terme du 3e trimestre. Le résultat définitif de 282,8 millions EUR (+1,2% sur base annuelle) a donc respecté les prévisions. Et il aurait été encore plus élevé sans une provision de 10 millions EUR pour la taxe wallonne sur les pylônes d'émission. Pour 2016, le groupe avance une fourchette de 270 à 290 millions EUR, y compris les coûts liés au changement de nom, une nouvelle provision pour la taxe sur les pylônes (15 millions EUR) et l'impact attendu de la baisse des tarifs de roaming (19 millions EUR). Mobistar a clos l'année avec un nombre record de clients postpaid (abonnements). Le chiffre d'affaires moyen par utilisateur (postpaid) a progressé de 3,6% à 28,5 EUR l'an dernier. Comme ces dernières années, aucun dividende ne sera versé en 2016. Le conseil d'administration a cependant laissé entendre qu'il n'y était pas opposé à court terme. Pour les analystes, le groupe ne renouera avec un dividende qu'en 2017. La dette financière nette a été réduite de près d'un quart, à 407,5 millions EUR en 2015. Cela correspond à 1,3 fois l'EBITDA consolidé. Il y a un an, le rapport s'établissait encore à 2,1. Mobistar peut se réjouir de ses performances opérationnelles, avec des cash-flows supérieurs aux attentes, mais aussi une évolution favorable du portefeuille de clients. Le grand événement de 2016 ne sera pas son changement de nom, mais le lancement de ses nouveaux produits. La valorisation (5,5 fois l'EBITDA) est retombée sous la moyenne du secteur, ce qui est bien entendu une bonne chose. Vu l'absence de dividendes en guise de pare-choc, nous préférons attendre un peu avant de relever le conseil.Conseil : conserverRisque : moyenRating : 2B