11,05 EUR 3B conserver/attendre
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11,05 EUR 3B conserver/attendreCette semaine, l'action Mobistar a une nouvelle fois pris une raclée, cette fois en raison du lancement d'une mise en garde importante sur son bénéfice et surtout de l'annonce de la suppression de son dividende. Nous avons à maintes reprises mis le doigt sur les problèmes du spécialiste franco-belge des télécoms. Mobistar est un opérateur mobile et se concentre exclusivement sur cette activité, et cette concentration lui joue à présent des tours. Ses concurrents parviennent à compenser quelque peu la crise qui sévit dans ce segment, parfois non sans peine, par d'autres activités telles que la téléphonie, l'Internet large bande et une offre de télévision numérique. Chez Mobistar, ces "tampons" n'existent plus depuis que le groupe a décidé, en septembre, d'abandonner définitivement Mobistar TV. Les marges bénéficiaires réalisées sur le marché de la téléphonie mobile sont érodées par la guerre des prix que se livrent les différents opérateurs, mais aussi par l'impact des changements de réglementation. Autrefois, un client existant pouvait payer trop cher pendant de longues années un abonnement qui était proposé à des prix nettement plus avantageux aux nouveaux clients. Depuis peu, les opérateurs sont toutefois contraints de proposer à tous leurs clients le prix le plus intéressant sur une base périodique. De même, l'abaissement des tarifs de roaming et de terminaison mobile décidé par l'Europe continue de peser sur les revenus des opérateurs. Des voix s'élèvent même désormais pour la suppression pure et simple des tarifs de roaming, ce qui serait un nouveau coup dur pour le secteur. Au premier semestre, Mobistar a vu le nombre de ses propres clients reculer de 101.000 unités au profit de Belgacom, mais aussi de Telenet et d'autres opérateurs virtuels (MVNO). Une partie de ces pertes est indirectement récupérée car la plupart des MVNO exploitent l'infrastructure de Mobistar. Le groupe gagne cependant moins sur ses clients indirects, ce qui s'est traduit notamment par une baisse ultérieure du chiffre d'affaires (CA) moyen par utilisateur ou ARPU, en l'occurrence de 5,2% sur base annuelle, à 27,35 EUR. Mobistar a vu son CA annuel reculer de 5,7%, à 757 millions EUR. Son bénéfice opérationnel (EBIT) s'est tassé de 27,6%, à 180,9 millions EUR, un chiffre nettement inférieur au consensus. De même, son CA opérationnel (EBITDA), à 27,6 millions EUR, s'est révélé bien inférieur au niveau qui prévalait encore un an plus tôt (81,5 millions EUR). Mais la nouvelle la plus notable est celle de la suppression du dividende. Mobistar souhaite conserver des fonds pour pouvoir investir dans le réseau 4G pour le transfert rapide de données mobiles. Plus tôt dans l'année, Mobistar avait encore reversé 1,8 EUR par action pour les résultats de 2012. C'est donc la première fois depuis 2005 que Mobistar ne distribuera pas de dividende. La restauration du dividende en 2014 dépendra des prestations du groupe. Ses prévisions de CA et de bénéfice ont également été encore abaissées. Selon Mobistar, cette année, le CA devrait reculer de 12%, contre un repli escompté initialement de 4 à 6%. Le cash-flow opérationnel attendu a été ramené à 300 millions EUR, contre une prévision initiale de 380 à 420 millions EUR. Ce qui suppose qu'aucune amélioration ne doit être attendue au 2esemestre.Les investisseurs se voient rappeler douloureusement qu'un rendement de dividende élevé n'est pas forcément synonyme de bon investissement. Dans le cas de Mobistar, ce dividende constituait pour les investisseurs une des rares raisons, sinon la seule, d'investir encore dans l'action. La suppression du coupon, liée aux perspectives franchement médiocres pour le restant de l'année, a de quoi détourner ces mêmes investisseurs de l'action. Mobistar semble bon marché mais fondamentalement, aucune amélioration ne peut être attendue avant l'ouverture du réseau câblé et le lancement par le groupe de nouveaux services lui permettant d'accroître son CA et son bénéfice. Nous prévoyons une longue période de formation de plancher. Pour vendre encore, nous pensons qu'il est trop tard. Pour de (nouveaux) achats, il est toutefois trop tôt. Conserver/attendre (rating 3B).