De nombreux investisseurs ont sans doute été surpris de voir Microsoft essuyer une perte record de 3,2 milliards de dollars (USD) le mois dernier. La direction avait pourtant annoncé des dépréciations massives sur les activités mobiles. Celles-ci ont finalement atteint 8,4 milliards USD : une dépréciation de 7,5 milliards USD sur le prix d'achat, complétée par une charge de 900 millions USD liée à près de 8000 licenciements. En avril 2014, sous l'égide de son ancien directeur (CEO) Steve Ballmer, Microsoft avait racheté la division Téléphonie mobile de Nokia pour 9,5 milliards USD. Une erreur payée au prix fort, car le département Smartphone est toujours resté déficitaire. Son successeur, Saty...

De nombreux investisseurs ont sans doute été surpris de voir Microsoft essuyer une perte record de 3,2 milliards de dollars (USD) le mois dernier. La direction avait pourtant annoncé des dépréciations massives sur les activités mobiles. Celles-ci ont finalement atteint 8,4 milliards USD : une dépréciation de 7,5 milliards USD sur le prix d'achat, complétée par une charge de 900 millions USD liée à près de 8000 licenciements. En avril 2014, sous l'égide de son ancien directeur (CEO) Steve Ballmer, Microsoft avait racheté la division Téléphonie mobile de Nokia pour 9,5 milliards USD. Une erreur payée au prix fort, car le département Smartphone est toujours resté déficitaire. Son successeur, Satya Nadella, s'est rapidement attaqué à ce problème en actant une forte dépréciation. Celle-ci n'aura aucun impact sur les cash-flows, mais uniquement sur la valeur comptable. La perte nette de 3,2 milliards USD contrastait avec le bénéfice de 4,61 milliards USD enregistré sur la même période il y a un an. L'ensemble de l'exercice s'est clôturé sur un bénéfice net de 12,19 milliards USD, contre 22,07 milliards USD l'an dernier. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice était légèrement supérieur aux attentes. Tout comme la plupart des autres multinationales américaines, Microsoft souffre de l'appréciation de l'USD. La baisse du chiffre d'affaires (CA) de 5%, à 22,18 milliards USD, est imputable pour près des deux tiers à des effets de change. Sur base annuelle, le groupe enregistre cependant un gain de près de 8%, à 93,58 milliards USD. Sur le plan opérationnel, le bilan est mitigé. Le bureau de recherche Gartner avait déjà calculé un recul des ventes globales de PC de 9,5% entre avril et juin. Cette mauvaise nouvelle trouve écho dans les résultats de Windows et Office. En revanche, les activités Cloud sont restées très performantes. C'était, de manière plus étonnante, également le cas pour la console de jeux Xbox (+27%) et la tablette Surface (+117%). Windows est également en recul sur le marché commercial. Microsoft espère que l'arrivée de Windows 10, proposé gratuitement, permettra de renverser la tendance. Le groupe s'attaque au recul des ventes en proposant des produits sous une formule d'abonnement (cloud) au lieu de licences logicielles classiques, le modèle privilégié jusqu'ici. La formule séduit, mais a cependant des conséquences sur la manière dont les ventes sont reprises dans le CA. Comme de nombreux clients doivent encore adhérer à la nouvelle formule, les comparaisons sur base annuelle ne sont pas toujours simples. En raison du succès d'Office 365 et de la ligne de produits Azure pour les centres de données, le CA provenant des services cloud a progressé de 80% en rythme annuel. En termes annualisés, cela donne un CA de 8 milliards USD. Il doit atteindre 20 milliards USD à l'horizon 2018. A la fin de l'exercice passé (30 juin), Microsoft affichait une position nette de liquidités de 61,23 milliards USD. Cela correspond à 7,57 USD par action. Les prévisions moyennes des analystes pour l'exercice en cours font état d'une baisse du CA de 1 à 2%. ConclusionAvec cette perte nette élevée, Microsoft solde l'héritage de l'aventure mobile avec Nokia. Le principal défi reste la réduction de la dépendance au marché du PC. A 17,5 fois le bénéfice attendu pour l'exercice qui vient de commencer (15 fois si l'on tient compte de la position de liquidités), nous trouvons toujours l'action trop chère vu la faible croissance. Conseil: vendreRisque: faibleRating: 3A