L'automne dernier, nous avions abaissé la note de Microsoft à "vendre", à contre-courant de la tendance dominante. A l'époque, l'action venait de connaître une ascension de 80% en 18 mois et s'échangeait à son plus haut niveau en plus de 15 ans, à la fois en termes nominaux et de valorisation. Une décision justifiée a posteriori, car Microsoft n'a pas été capable de répondre aux attentes au cours du trimestre passé, surtout en ce qui concerne les prévisions. Il en a résulté une chute de près de 10%. Le chiffre d'affaires (CA) généré par la nouvelle stratégie cloud ne suffit pas pour compenser le déclin des activités traditionnelles. Le modèle d'affaires classique des fabricants de logicie...

L'automne dernier, nous avions abaissé la note de Microsoft à "vendre", à contre-courant de la tendance dominante. A l'époque, l'action venait de connaître une ascension de 80% en 18 mois et s'échangeait à son plus haut niveau en plus de 15 ans, à la fois en termes nominaux et de valorisation. Une décision justifiée a posteriori, car Microsoft n'a pas été capable de répondre aux attentes au cours du trimestre passé, surtout en ce qui concerne les prévisions. Il en a résulté une chute de près de 10%. Le chiffre d'affaires (CA) généré par la nouvelle stratégie cloud ne suffit pas pour compenser le déclin des activités traditionnelles. Le modèle d'affaires classique des fabricants de logiciels est sous pression et Microsoft n'est pas le seul groupe technologique à en souffrir. Selon l'agence d'études de marché IDC, les ventes mondiales de PC ont baissé de 2,4% au 4e trimestre. Microsoft a ainsi vu le CA de la division Windows reculer de 13%. Avec 10,7 milliards USD, les ventes de nouvelles licences de logiciels sont restées environ 200 millions USD en dessous des prévisions moyennes des analystes. Microsoft, qui s'attendait à cette évolution depuis un certain temps, cherche à réduire sa dépendance au marché du PC. Pour cela, le groupe mise sur le cloud computing et les appareils mobiles. L'acquisition de la division hardware Nokia, finalisée l'an dernier, doit permettre au groupe d'étendre la technologie dont il dispose à un plus grand nombre de produits et de services. L'Internet des objets est un autre pôle de croissance important pour les années à venir. On entend par là le réseau qui relie des appareils entre eux et au net. Selon les estimations, on recensera déjà 8 à 9 milliards d'appareils connectés dans le monde en 2017. Comme IBM, Microsoft mise également sur l'analyse des données avec l'acquisition de Revolution Analytics. Les investissements supplémentaires dans le cloud et la diversification vers le hardware pèsent cependant sur la rentabilité à court terme. La marge brute a baissé de plus de 4,5% à 61,7% au 2e trimestre de l'exercice 2014/2015. Le CA des activités cloud atteint déjà 5,5 milliards USD sur base annuelle, mais cela ne représente toujours que 5% du CA du groupe. Grâce à la hausse des ventes de hardware (console de jeux Xbox, tablette Surface et smartphone Lumia), le CA du groupe a progressé au 2e trimestre de 8%, à 26,5 milliards USD. Si l'on tient compte des frais de restructuration consécutifs à l'acquisition de Nokia, le bénéfice net s'est établi à 5,86 millions USD ou 0,71 USD par action. La position de liquidité a gagné un peu plus de 1 milliard USD, à 90,25 milliards USD au cours du trimestre écoulé. La position nette de trésorerie s'élève désormais à 61,9 milliards USD ou 7,55 USD par action. Le CA prévu pour le trimestre en cours est inférieur de près de 3 milliards USD aux prévisions moyennes des analystes. Pour l'ensemble de l'exercice, Microsoft table sur un CA compris entre 33,3 et 33,6 milliards USD, ce qui implique une croissance de 4 à 5% sur base annuelle.ConclusionMicrosoft se trouve en pleine transition vers un nouveau modèle d'affaires, et cela s'accompagne inévitablement de chocs. L'action s'échange à respectivement 17 et 14 fois le bénéfice de cet exercice et du prochain. Une telle valorisation est non seulement nettement supérieure à la moyenne des cinq dernières années (11 à 12), mais aussi difficile à défendre vu la croissance attendue.Conseil: vendreRisque: faibleRating: 3A