Le rapport trimestriel de Microsoft est sous le signe du programme de restructuration annoncé une semaine plus tôt. Le groupe supprimera donc 18.000 emplois, dont 12.500 dans la division mobile de Nokia, dont l'acquisition a été finalisée en avril. Microsoft a déboursé 7,3 milliards USD pour damer le pion à des rivaux tels que Apple et Samsung sur le marché des smartphones. Nokia est également utilisé comme plateforme pour lancer son propre système d'exploitation Windows Phone. Ainsi Microsoft a-t-il décidé d'extraire l'ensemble de la ligne de production du Nokia X, qui tourne sur Android, de sa gamme. A terme, Microsoft souhaite un unique système d'exploitation qui puisse être utilisé sur plusie...

Le rapport trimestriel de Microsoft est sous le signe du programme de restructuration annoncé une semaine plus tôt. Le groupe supprimera donc 18.000 emplois, dont 12.500 dans la division mobile de Nokia, dont l'acquisition a été finalisée en avril. Microsoft a déboursé 7,3 milliards USD pour damer le pion à des rivaux tels que Apple et Samsung sur le marché des smartphones. Nokia est également utilisé comme plateforme pour lancer son propre système d'exploitation Windows Phone. Ainsi Microsoft a-t-il décidé d'extraire l'ensemble de la ligne de production du Nokia X, qui tourne sur Android, de sa gamme. A terme, Microsoft souhaite un unique système d'exploitation qui puisse être utilisé sur plusieurs types d'appareils. Entre avril et juin, les activités rachetées ont accusé une perte opérationnelle de 692 millions USD. Dans le segment de marché supérieur des smartphones, la série Lumia est accueillie favorablement par la critique mais sa part de marché se limite toujours à 4% à peine. A titre de comparaison : les Apple Iphone enregistrent des ventes six fois supérieures à celles du Lumia. Les licenciements annoncés devraient être finalisés d'ici à fin juin 2015. Pour les quatre prochains trimestres, Microsoft anticipe des frais de restructuration compris entre 1,1 et 1,6 milliard USD. En allégeant les coûts d'un milliard USD, Nokia devrait pouvoir atteindre le break-even dans deux ans. Le moteur de recherche Bing, chroniquement déficitaire, doit lui aussi être sorti du rouge d'ici là. La tablette Surface n'est pas non plus encore au break-even et on ignore encore quand ce pourra être le cas. Au dernier trimestre de l'exercice 2013-2014, Microsoft a vu son chiffre d'affaires (CA) augmenter de 17% sur base annuelle et de 15% sur base trimestrielle, à 23,4 milliards USD. Ce progrès est pour plus de la moitié attribuable à Nokia, qui a fourni 2 milliards USD de CA supplémentaire. Le bénéfice a cependant reculé à 4,61 milliards USD, un repli de 7% sur base annuelle. Sans considérer Nokia, Microsoft a cependant satisfait aux prévisions. Il mise désormais pleinement sur la stratégie "Cloud first, Mobile first". Ce qui signifie que les technologies du groupe doivent être réparties sur plusieurs appareils (hardware) et plateformes mobiles (software). Les activités qui doivent soutenir la croissance à l'avenir se portent très bien, même si la part du cloud dans le CA du groupe demeure encore relativement limitée. Microsoft a profité également de la hausse des ventes de PC pour écouler plus de versions d'Office et Windows. Notons à cet égard que c'est le marché des entreprises qui a soutenu les ventes. Devices and Consumer, qui s'adjuge 43% du CA du groupe, s'est vu attribuer, avec Phone Hardware (Nokia), une nouvelle catégorie, et a vu son CA augmenter de 23%. Dans le pôle Commercial, qui regroupe les logiciels pour entreprises et services associés, le CA s'est accru de 5,6%. Avec l'ajout du hardware, la marge brute s'est érodée de 71,8 à 67,5%. L'exercice s'est clôturé sur une position liquide nette de 63 milliards USD. ConclusionAvec une hausse de cours de 40% sur les 12 derniers mois, l'amenant à surclasser largement le S&P500 et le Nasdaq, Microsoft a largement récupéré son retard de valorisation. Le titre s'échange aujourd'hui à son plus haut niveau des 14 dernières années et capitalise 16 fois le bénéfice escompté. Sur le plan opérationnel cependant, le groupe a encore du pain sur la planche. D'où notre abaissement de conseil.Conseil: vendreRisque: faibleRating: 3A