Les résultats trimestriels de Melexis ont déclenché des réactions euphoriques sur le marché, malgré un résultat net en baisse et une contraction des marges. Il est évident que le spécialiste des semi-conducteurs pour le secteur automobile (89% du chiffre d'affaires du groupe) bénéficie d'un grand crédit parmi les investisseurs. De plus, il s'agit de phénomènes temporaires qui sont la conséquence d'un problème de luxe. Enfin, le recul du résultat net est largement compensé par une révision à la hausse des prévisions de croissance pour l'ensemble de l'exercice. Au terme du 1ertrimestre, Melexis tablait encore sur une progression du chiffre d'affaires (CA) de 8 à 12% pour 2016. Ces prévisions ont...

Les résultats trimestriels de Melexis ont déclenché des réactions euphoriques sur le marché, malgré un résultat net en baisse et une contraction des marges. Il est évident que le spécialiste des semi-conducteurs pour le secteur automobile (89% du chiffre d'affaires du groupe) bénéficie d'un grand crédit parmi les investisseurs. De plus, il s'agit de phénomènes temporaires qui sont la conséquence d'un problème de luxe. Enfin, le recul du résultat net est largement compensé par une révision à la hausse des prévisions de croissance pour l'ensemble de l'exercice. Au terme du 1ertrimestre, Melexis tablait encore sur une progression du chiffre d'affaires (CA) de 8 à 12% pour 2016. Ces prévisions ont été relevées à 13 à 14% la semaine dernière. Le 2etrimestre s'est à nouveau soldé par un CA record (112,3millions EUR). La progression de 10,3% sur base annuelle a cependant été freinée par des fluctuations de devises, dont l'impact est estimé à 2%. Le 1ersemestre a ainsi donné lieu à un CA de 221,7millions EUR, en hausse de 13% par rapport à l'an dernier. Melexis fait état d'une forte croissance de la demande de capteurs, qui a même entraîné des problèmes de production: le groupe ne dispose pas de capacités suffisantes pour à la fois livrer rapidement et tester les produits en profondeur. Il en a résulté une augmentation des mises au rebut de composants qui a (légèrement) érodé les marges. La marge brute s'établit à 45,3% pour le 2etrimestre et 45,2% pour le 1ersemestre. Melexis a cependant abaissé ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice, de 47 à 45%. Le groupe a également accru ses investissements en R&D, qui représentaient 14,4% du CA. Le bénéfice opérationnel (EBIT) a reculé de 3%, à 27,7millions EUR, soit une marge de 24,7%. L'objectif fixé en matière de marge d'EBIT (de 25%) est toutefois maintenu. Le bénéfice net a atteint 23millions EUR, soit 0,57EUR par action, en baisse de 7% par rapport à l'an dernier. Sur le 1ersemestre, le recul s'établit à 12%, à 46millions EUR ou 1,14EUR par action. Le marché automobile mondial reste très performant, même si la croissance ralentit dans certaines régions. Pour Melexis, le principal critère est cependant le nombre de semi-conducteurs par voiture, et ce chiffre est toujours en hausse. En cause: le renforcement des exigences en matière d'environnement, de sécurité et de confort, notamment. Melexis avait 95,3millions EUR en caisses au terme du 1ersemestre. La dette financière à long terme s'est encore réduite à 11,1millions EUR. En raison de la récente hausse des cours, le rendement net (sur la base d'un dividende intermédiaire et de clôture de 1,9EUR brut par action) a baissé à un peu plus de 2% à peine. Le dividende intermédiaire pour cet exercice s'établira à nouveau à 1,3EUR par action. Le bilan solide et les cash-flows élevés laissent cependant une latitude supplémentaire pour un relèvement du dividende de clôture (0,6EUR l'an dernier). En principe, une décision sera prise à ce propos au début de l'an prochain. ConclusionMelexis continue de croître et ses marges bénéficiaires restent très élevées. Mais cela se paie cher: l'action s'échange à un nouveau cours record. À 23fois le bénéfice attendu, Melexis affiche une valorisation très élevée, tant vis-à-vis de sa propre moyenne historique que par rapport à ses concurrentes. La perspective d'une hausse du dividende peut maintenir à bord une partie des actionnaires, mais on attendra un repli pour de nouveaux achats.Conseil : conserverRisque : faibleRating : 2A