Le spécialiste belge des semiconducteurs pour le secteur automobile (88% du chiffre d'affaires) sort d'une succession de trimestres impressionnants. Pourtant, l'action a perdu près d'un quart de sa valeur depuis son cours record à près de 61 EUR au printemps. Les investisseurs semblent peu à peu prendre conscience qu'elle était devenue trop chère et qu'il était difficile de maintenir de tels taux de croissance. Pour autant, Melexis affiche toujours un gain de 20% par rapport au début de l'année. Le producteur de semiconducteurs a profité de l'appréciation du dollar (USD), qui a ajouté 14% sur base annuelle et 4% sur base trimestrielle à l'augmentation du chiffre d'affaires (CA). Près de 40% des ventes proviennent de...

Le spécialiste belge des semiconducteurs pour le secteur automobile (88% du chiffre d'affaires) sort d'une succession de trimestres impressionnants. Pourtant, l'action a perdu près d'un quart de sa valeur depuis son cours record à près de 61 EUR au printemps. Les investisseurs semblent peu à peu prendre conscience qu'elle était devenue trop chère et qu'il était difficile de maintenir de tels taux de croissance. Pour autant, Melexis affiche toujours un gain de 20% par rapport au début de l'année. Le producteur de semiconducteurs a profité de l'appréciation du dollar (USD), qui a ajouté 14% sur base annuelle et 4% sur base trimestrielle à l'augmentation du chiffre d'affaires (CA). Près de 40% des ventes proviennent de la zone euro, mais la part de l'Asie se monte à 46% et celle des Amériques du Nord et du Sud à 15%. Le CA du groupe a progressé de 24% au 2e trimestre, à 101,8 millions EUR. Au terme des 6 premiers mois de l'année 2015, le CA s'établit à 196,2 millions EUR (+24%), l'impact du cours de change et donc l'augmentation nette du CA ressortant tous deux à 12%. La division Capteurs affiche à nouveau des performances supérieures à la moyenne, ce qui confirme la tendance de ces derniers trimestres. Melexis assure la conception de ses semiconducteurs, mais la production proprement dite est sous-traitée. Conséquence : les coûts restent faibles, ce qui se traduit par un bénéfice brut de 49,6 millions EUR et une marge de 48,7%, contre 47,9% il y a un an. Le bénéfice opérationnel (EBIT) s'établit à 28,5 millions EUR, ce qui représente une marge d'EBIT de 28%, contre 27,3% il y a un an. Le bénéfice net a gagné 17% à près de 25 millions EUR ou 0,62 EUR par action. Le tout porte le bénéfice total du semestre à 1,29 EUR. En Europe, les ventes automobiles ont progressé de 8,2% sur base annuelle au 1er semestre, à 7,17 millions d'unités. Juin a été le 22emois consécutif de hausse des ventes. En Chine, la croissance n'a pas dépassé 1,4%. Avec 11,85 millions de voitures vendues entre janvier et juin, la Chine reste cependant - et de loin - le plus grand marché automobile au monde. Aux Etats-Unis, les ventes de voitures ont augmenté de 3,2% en juillet par rapport au mois précédent, pour atteindre 17,55 millions sur base annuelle. Melexis a clos le 1er semestre avec 80,9 millions EUR de liquidités, contre 53,3 millions EUR il y a un an. La dette à long terme s'élève à environ 19,9 millions EUR. Le dividende intermédiaire qui sera versé fin octobre a été relevé de 30% et s'établit désormais à 1,3 EUR (brut). Le marché s'est montré légèrement déçu, car certains observateurs attendaient une augmentation plus prononcée. Mais une nouvelle hausse, voire une réduction du capital, ne sont pas exclues à l'avenir. Pour le 3e trimestre, la direction prévoit des performances opérationnelles au niveau de la période précédente. Pour l'ensemble de l'exercice, Melexis table sur une croissance du CA de 20 à 25% (gains de change compris). Il s'établirait ainsi entre 400 et 415 millions EUR. La marge brute et la marge opérationnelle atteindront respectivement au moins 47% et 26%. Ces prévisions sont basées sur un cours de change EUR/USD de 1,1. ConclusionMalgré une correction sensible depuis son plus haut, l'action Melexis reste plus chère que la moyenne de ces 5 dernières années, à 17 fois les bénéfices attendus. Cette valorisation tendue est certes compensée en partie par la croissance et la hausse du dividende (rendement de 2,9%), mais nous préférons attendre que l'action perde encore un peu de terrain avant d'en recommander à nouveau l'achat. Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A