22,21 EUR - 3B A conserver
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22,21 EUR - 3B A conserverIl est heureux pour l'industrie automobile que le monde ne se résume pas à l'Europe. Aux Etats-Unis et surtout en Chine, le secteur reste florissant. Globalement, les ventes de voitures ont augmenté de 4% au 1er semestre. Le marché automobile chinois, le plus grand au monde, enregistrera même une croissance de 20% cette année. Melexis en profite largement. Le spécialiste des semi-conducteurs pour le secteur automobile sort d'un nouveau trimestre record et a relevé ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice. La période de juillet à septembre s'est inscrite dans le prolongement d'un 1er semestre déjà excellent. Malgré l'effet défavorable de l'appréciation du dollar (USD), le chiffre d'affaires (CA) trimestriel a atteint 71,3 millions EUR, 10,7% de plus qu'au cours de la même période, il y a un an, mais également en hausse de 6% par rapport au 2e trimestre. Les prévisions précédentes ne faisaient état que d'une très légère progression sur une base trimestrielle. Les attentes moyennes des analystes (68,5 millions EUR) sont donc largement dépassées. Une ventilation des ventes par groupe de produits révèle que cette excellente performance est avant tout à mettre au crédit de la division Capteurs, dont le CA a progressé de 21% sur une base annuelle, mais aussi de 13% sur une base trimestrielle. Elle prend désormais à son compte 61% du CA du groupe. En termes de croissance, c'est cependant le petit département Wireless qui arrive en tête, avec une hausse de 29%. Les divisions Actuators et Opto sont à la traîne avec une baisse de respectivement 5% et 10% sur une base annuelle. Melexis occupe actuellement la 5e place mondiale dans le segment des capteurs pour le secteur automobile. L'entreprise doit cette position à des innovations constantes et à la réputation de fiabilité que le groupe s'est forgée. Les investissements dans la recherche et le développement représentent désormais 14,4% du CA du groupe. Les facteurs structurels qui soutiennent la croissance du CA sont les mêmes que lors des trimestres précédents : une multiplication des composants électroniques et donc une augmentation de la part des semi-conducteurs dans les voitures modernes, et une demande croissante des systèmes qui rendent les voitures plus économiques, plus respectueuses de l'environnement, plus sûres, mais aussi plus confortables. Des évolutions qui ne sont plus exclusivement réservées au segment supérieur du marché, mais pénètrent également les modèles plus populaires. Melexis reste également très performante en termes de rentabilité. Le bénéfice opérationnel (EBIT) a progressé de 16% à 17,55 millions EUR, près de 2 millions EUR au-dessus des prévisions moyennes des analystes. De ce fait, la marge d'EBIT s'établit à 24,7%, contre 23,4% il y a un an et 22,9% au 2e trimestre. Le bénéfice brut a progressé de 12% sur une base annuelle à 33,3 millions EUR, soit une marge de 46,4%. En termes nets, il atteint 15,02 millions EUR ou 0,37 EUR par action (+22%). Au terme des trois premiers trimestres 2013, Melexis a déjà gagné 0,97 EUR par action. Melexis a également relevé ses prévisions annuelles. Le CA du 4e trimestre devrait s'établir à peu près au même niveau qu'au troisième. Le CA annuel progresserait ainsi d'environ 10% par rapport à 2012 (247 millions EUR). La marge brute fluctuerait autour de 46%, la marge d'EBIT devant atteindre environ 23%, contre 21% précédemment. L'EBIT serait en hausse de 12% cette année. L'ambition du groupe est de réaliser à terme un quart de son CA en dehors du secteur automobile. Actuellement, la part des ventes hors secteur automobile atteint 16%. Melexis veut utiliser les technologies existantes de manière modulaire pour d'autres applications, par exemple dans le secteur médical. Le dividende 0,7 EUR brut par action (0,525 EUR net) sera versé vendredi prochain. Le cours a progressé de 70% depuis le début de l'année, une excellente performance. A 16,5 fois le bénéfice attendu et 5,2 fois la valeur comptable, il nous semble cependant difficile d'encore trouver l'action bon marché. La perspective d'un relèvement (unique ?) du dividende ou d'une réduction de capital pourrait maintenir les investisseurs à bord, mais c'est loin d'être acquis. Il n'y a plus aucun sens à courir derrière le cours. Mais ceux qui possèdent l'action peuvent la conserver (3B).