Alors qu'initialement, la direction de Melexis tablait sur une croissance de 7%, elle pronostique un recul du chiffre d'affaires (CA), en 2019. L'entreprise, qui conçoit et vend des semi-conducteurs destinés surtout au secteur automobile, avait, en octobre dernier, revu à la baisse ses projections pour l'exercice 2018 déjà.
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Alors qu'initialement, la direction de Melexis tablait sur une croissance de 7%, elle pronostique un recul du chiffre d'affaires (CA), en 2019. L'entreprise, qui conçoit et vend des semi-conducteurs destinés surtout au secteur automobile, avait, en octobre dernier, revu à la baisse ses projections pour l'exercice 2018 déjà. Pas de chance pour Melexis, le ralentissement de la croissance intervient alors qu'elle investit dans l'augmentation des capacités de production. Les dépenses opérationnelles ont augmenté de 18% au quatrième trimestre. La marge brute est restée relativement stable, à 45,3% (46,1% au même trimestre un an plus tôt), mais le bénéfice opérationnel (Ebit) s'est contracté de 11%, à 31,9 millions d'euros. De ce fait, la marge d'Ebit a reculé à 22,5% (27,1% au quatrième trimestre de 2017). Il y a quelques mois, Melexis invoquait encore des facteurs temporaires comme les conséquences du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, du Brexit, etc. Cependant, force est de constater que le recul est en réalité structurel. En Chine, le plus grand marché automobile au monde, les ventes de voitures ont baissé de 2,8% l'an dernier, pour la première fois en plus de deux décennies. En Europe, le nombre de nouvelles immatriculations a reculé pour le quatrième mois d'affilée en décembre et une contraction de 1,9% a été annoncée pour cette année. BMW, Daimler, Toyota voient leur bénéfice diminuer et chez Tata Motors, la société mère de Jaguar et Land Rover, une lourde perte est anticipée. De manière très logique, leurs clients évitent donc de constituer des stocks trop importants. Et Melexis ne fait pas exception. Infineon, qui produit des semi-conducteurs, est logé à la même enseigne qu'elle. Et tous les sous-traitants sont concernés. Les producteurs de pneus (Michelin, Continental) et de pots catalytiques (Umicore) font face au même problème. En 2018, Melexis a enregistré une croissance du CA de 11,3%, à 569,4 milliards d'euros. La marge brute et la marge opérationnelle se sont établies à 45,9% et 24,3% respectivement. Pour le trimestre en cours - qui devrait marquer le point culminant de l'actuelle phase de correction, selon la direction -, Melexis a annoncé une baisse du CA de 20% en glissement annuel. Les marges prévisionnelles (marge brute de 41% et marge d'Ebit de 13%) sont nettement sous le consensus. Cela dit, vu la visibilité réduite, émettre des perspectives est pour Melexis un exercice hasardeux. Mais dans les circonstances de marché actuelles, il était certes plus prudent de pronostiquer une baisse du CA. Bien que Melexis ait fait état d'une dette nette d'un peu moins d'un million d'euros, le dividende n'a pas été revu. Après l'acompte (de 1,3 euro) versé en octobre, le dividende de clôture (de 0,9 euro par action) suivra fin avril. L'actualité de Melexis rappelle aux investisseurs qui l'avaient oublié que l'entreprise est cyclique. En se montrant peu ambitieuse pour l'exercice courant, la direction est, selon nous, avisée. Melexis est une entreprise financièrement saine et très bien positionnée sur son marché. Nous ne doutons dès lors aucunement de sa capacité à traverser cette période difficile sans trop souffrir. Cependant, compte tenu du manque de visibilité, nous estimons qu'il est trop tôt pour prendre une première position. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 58,05 eurosTicker: MELE BBCode ISIN: BE0165385973Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,3 milliards EURC/B 2018: 20C/B attendu 2019: 26Perf. cours sur 12 mois: -29%Perf. cours depuis le 01/01: +11%Rendement du dividende: 3,8%