La direction l'a confirmé dans son rapport trimestriel: la correction des stocks est terminée. Au 4e trimestre de 2019 comme au cours des premières semaines de 2020, Melexis a continué d'enregistrer des commandes. Les chiffres d'octobre-décembre n'en témoignent cependant pas encore. Sur la période, le chiffre d'affaires (CA) a baissé de 10%, à 127,1 millions d'euros, un montant toutefois légèrement supérieur au consensus des analystes et qui se situe dans la fourchette prévisionnelle de l'entreprise (123-129 millions). En glissement trimestriel, il s'est hissé de 3%; la vigueur du dollar s'en attribue 1%. Si la marge brute (39,7%) ne manque que de très peu le consensus (40%), la marge d'exploitation (14,4%) en est de 1% inférieure. Sur l'ensemble ...

La direction l'a confirmé dans son rapport trimestriel: la correction des stocks est terminée. Au 4e trimestre de 2019 comme au cours des premières semaines de 2020, Melexis a continué d'enregistrer des commandes. Les chiffres d'octobre-décembre n'en témoignent cependant pas encore. Sur la période, le chiffre d'affaires (CA) a baissé de 10%, à 127,1 millions d'euros, un montant toutefois légèrement supérieur au consensus des analystes et qui se situe dans la fourchette prévisionnelle de l'entreprise (123-129 millions). En glissement trimestriel, il s'est hissé de 3%; la vigueur du dollar s'en attribue 1%. Si la marge brute (39,7%) ne manque que de très peu le consensus (40%), la marge d'exploitation (14,4%) en est de 1% inférieure. Sur l'ensemble de l'exercice, le CA a baissé de 14%, à 486,8 millions d'euros, en dépit des effets de change favorables (+2%). Il s'agit de son premier repli depuis 2009. Le bénéfice net a diminué de près de moitié, à 60,3 millions d'euros ou 1,49 euro par action. Mais, à quel rythme s'opérera le mouvement de reprise de la demande? Si les ventes de voitures sont bien entendu un paramètre à considérer, il ne s'agit pas du plus important. Les ventes mondiales de voitures chutent depuis deux ans. En 2019, le repli a atteint 4,7%, entraîné par la Chine. Le plus grand marché automobile du monde a en effet reculé de 8%, en partie à cause de la baisse des subventions pour les véhicules électriques. Aux Etats-Unis, le repli a atteint 1,6%. Après un 4e trimestre excellent, l'Europe n'a plus enregistré qu'une croissance modeste. Cette année, les ventes de voitures s'y replieront pour la première fois depuis sept ans; dans le monde, elles seront stables ou en légère diminution. Ce qui prime pour Melexis, c'est l'évolution du nombre de semi-conducteurs par voiture: peut-être 20 d'ici à 2023, contre 11 aujourd'hui, en moyenne. En pronostiquant pour le trimestre courant un CA dans la fourchette de 134-138 millions d'euros, Melexis a surpris les analystes (consensus: 128 millions). S'il en atteint le milieu, il aura gagné 7% en glissement trimestriel et 16% en rythme annuel. L'exercice intégral ne devrait pour autant pas être du même acabit. Du moins, si l'on se fie aux perspectives qu'a émises la direction: les ventes dépasseront d'environ 10% celles de 2019. Dans ce cas, le record de 2018 ne sera pas battu. Elle s'attend par ailleurs à une marge brute de 41% et une marge opérationnelle de 17% (consensus, ici: 1% de plus), soit à une stagnation de la première et à une hausse de 2,5% de la seconde, grâce à un contrôle strict des coûts. Difficile de dire, pour l'heure, si ces prévisions sont trop prudentes. Melexis souligne le manque de visibilité. On en déduit que les stocks ne seront pas renouvelés à court terme. L'entreprise a versé en octobre un acompte sur dividende d'1,3 euro; le solde (0,9 euro) est payable en mai. Comme elle a consacré 52,1 millions d'euros à ce poste, sa trésorerie s'établissait à 38,8 millions d'euros à l'issue du 4e trimestre. Alors que sa dette (à long terme) s'élevait à 62 millions d'euros.Les prévisions, prudentes, de la direction laissent supposer qu'elle ignore si une reprise interviendra rapidement. Au regard des incertitudes sur l'industrie automobile et bien qu'à l'égard de Melexis il soit permis d'être modérément optimiste, nous jugeons excessif le bond du cours à 80 euros qui a suivi la publication des résultats trimestriels. Voilà pour l'actionnaire une occasion d'alléger sa position. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 70,75 eurosTicker: MELE BBCode ISIN: BE0165385973Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,9 milliards EURC/B 2019: 39C/B attendu 2020: 33Perf. cours sur 12 mois: +36%Perf. cours depuis le 01/01: +5%Rendement du dividende: 3,1%